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Japon : JESTA, la nouvelle autorisation électronique pour les voyageurs étrangers dès 2028

Publié le

Rédigé par Salomé

Le Japon accélère la mise en place d’un contrôle renforcé de ses frontières avec l’annonce officielle de JESTA (Japan Electronic System for Travel Authorization), un système d’autorisation électronique destiné aux ressortissants des pays actuellement exemptés de visa. Prévu initialement pour 2030, ce dispositif sera opérationnel dès 2028.


Un système inspiré des modèles américain et britannique

Lors d’une conférence de presse le 23 mai 2025, le ministre japonais de la Justice, Keisuke Suzuki, a déclaré : « Nous avons décidé d’une abréviation officielle pour le système d’autorisation de voyage électronique. En nous référant à des exemples d’autres pays, nous avions précédemment appelé le système « ESTA japonais », mais nous avons maintenant opté pour l’abréviation anglaise « JESTA » ». Il a ajouté : « À l’avenir, à mesure que nous publierons le lancement de ce système, nous nous efforcerons de sensibiliser les ressortissants étrangers qui souhaitent entrer au Japon à son existence, en utilisant l’abréviation JESTA ».

Le JESTA s’inspire directement de l’ESTA américain et de l’ETA britannique, permettant aux autorités japonaises de vérifier à l’avance l’identité et la situation des voyageurs, afin de fluidifier les contrôles à l’arrivée et de renforcer la sécurité. Chaque voyageur devra renseigner en ligne ses informations personnelles, la durée et le but de son séjour, ainsi que son passeport, et effectuer un paiement pour obtenir l’autorisation avant d’embarquer. Tout manquement ou réponse négative entraînera un refus d’embarquement.

Ce dispositif répond également à des enjeux pratiques : avec 36,9 millions de visiteurs internationaux en 2024, le Japon connaît une affluence record, générant des files d’attente aux aéroports et des congestions dans les transports vers les hôtels. Le JESTA permettra de mieux réguler ces flux et de réduire les dépassements de séjour, qui représentaient 49 800 cas en 2016.

71 pays concernés par le JESTA

Les voyageurs provenant de 71 pays et territoires devront se soumettre au JESTA, dont la France, la Belgique, la Suisse, le Canada, les États-Unis, l’Australie, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni ou encore Singapour. Le système concerne les séjours de moins de 90 jours pour les ressortissants des pays exemptés de visa.

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Vers un tourisme plus encadré et réfléchi

L’arrivée du JESTA s’inscrit dans une série de mesures visant à mieux contrôler le tourisme et à rassurer la population locale face à l’afflux de visiteurs. Outre le JESTA, le Japon envisage :

  • Un changement du système de détaxe, qui ne sera plus automatique en boutique mais remboursé au moment du départ, à partir de 2026.
  • Le recouvrement des factures médicales impayées pour les visiteurs étrangers, avec un refus d’entrée possible jusqu’au règlement.
  • La mise en place de quotas et de tarifs différenciés pour certains sites touristiques, comme le Mont Fuji ou Kyoto, afin de réguler les flux et financer l’entretien.

Comme le souligne le site QuandPartir.com : « Entre l’augmentation des comportements jugés inappropriés ou irrespectueux de la culture et des traditions japonaises, le contournement de certaines lois ou encore le non-respect des règles dans des lieux sacrés, les (mauvais) exemples dont les touristes seraient responsables se sont en effet multipliés ces dernières années. […] À la question « le Japon est-il de plus en plus méfiant vis-à-vis des touristes étrangers ? », la réponse est clairement oui. »

Un équilibre à trouver

Si le JESTA présente des avantages indéniables pour la sécurité et la fluidité des contrôles, il soulève aussi la question du coût pour les voyageurs. Selon Japan Experience, le prix de l’autorisation pourrait s’inspirer de l’ESTA et de l’ETA, entre 1 500 et 3 000 yens (9 à 12 euros), pour une validité de plusieurs années et entrées multiples. Dans un contexte de tourisme de masse, le Japon doit concilier accueil des visiteurs et protection des intérêts locaux, sans transformer l’expérience en un tourisme élitiste.

Avec le JESTA et les autres mesures en préparation, le Japon montre qu’il entend accueillir les voyageurs tout en reprenant la main sur la régulation du tourisme, dans un contexte où la surfréquentation et les comportements inappropriés avaient commencé à inquiéter les habitants et les autorités.