Actualités voyage

Conduire au Japon : les règles se durcissent pour les touristes étrangers

Publié le

Rédigé par Salomé

Avec l’essor du tourisme au Japon, les autorités s’apprêtent à resserrer les conditions d’obtention du permis de conduire pour les ressortissants étrangers. En ligne de mire : la multiplication des accidents impliquant des conducteurs venus de l’étranger et les failles d’un système de conversion de permis jugé trop permissif.


Un système sous pression

Depuis plusieurs années, le Japon connaît un véritable boom touristique. En parallèle, le nombre de conversions de permis de conduire étrangers a explosé. Plus de 75 000 demandes ont été enregistrées en 2024, contre un peu plus de 30 000 dix ans plus tôt, selon les chiffres de la police nationale japonaise. Une hausse significative qui soulève des questions de sécurité routière.

« Les accidents sont en augmentation parmi les étrangers ayant obtenu leur permis dans le cadre du système actuel de conversion », alertait Yoshinobu Kusunoki, commissaire général de la police nationale japonaise, lors d’une conférence de presse en mai dernier (The Mainichi).

Actuellement, les visiteurs étrangers titulaires d’un permis national, comme les Français, peuvent conduire au Japon pendant un an, à condition d’être munis d’une traduction officielle fournie par la Japan Automobile Federation (JAF). Au-delà de ce délai, les résidents de longue durée doivent convertir leur permis.

Touristes exclus de la conversion

Mais cette souplesse, tout comme les récentes règles sur le tourisme détaxé, ne sera bientôt plus accessible aux touristes. L’Agence nationale de la police a annoncé une révision de son système : les visiteurs de court séjour, y compris les touristes, ne seront plus autorisés à convertir leur permis de conduire étranger en permis japonais.

Cette mesure intervient après des critiques au Parlement, où des élus ont souligné les limites d’un système permettant à certains étrangers de déclarer des hôtels comme adresse de résidence, un problème lorsqu’un accident se produit.

À LIRE ÉGALEMENT :  L’Espagne frôle les 100 millions de touristes en 2025 : un succès historique sous haute tension

Désormais, tous les demandeurs devront justifier d’une adresse réelle et stable, en présentant un certificat de résidence officiel (jūminhyō). Les permis de conduire internationaux resteront acceptés, mais seulement s’ils sont conformes à la Convention de Genève sur la circulation routière.

Une enquête menée dans 15 pays et régions a par ailleurs confirmé qu’aucun ne permettait la conversion de permis pour des touristes étrangers. Le Japon s’aligne donc sur les pratiques internationales.

Des examens plus exigeants

Autre changement d’ampleur : le test de connaissances du Code de la route va devenir beaucoup plus rigoureux. Il passera de 10 à 50 questions, avec un taux de réussite requis de 90 %. L’épreuve de conduite pratique sera également durcie.

Ces révisions devraient entrer en vigueur le 1er octobre 2025, après une phase de consultation publique.

Conduire au Japon : ce qu’il faut savoir

Pour les voyageurs souhaitant tout de même louer une voiture au Japon, certaines précautions s’imposent. La traduction du permis reste obligatoire pour certains pays (dont la France), et ne peut être réalisée que par la JAF. Depuis la fin de la procédure par courrier et en présentiel, cette traduction se demande en ligne uniquement, depuis le Japon, avec retrait en konbini (7/11). Impossible donc de l’obtenir depuis l’étranger ou sans être déjà sur place.

Conduire au Japon peut s’avérer très pratique pour explorer des régions rurales mal desservies par le train, mais cela nécessite préparation et vigilance. Si le permis international suffit pour les courts séjours, la conversion en permis japonais devient incontournable pour les expatriés – et bientôt, elle sera bien plus stricte.