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Locations touristiques : ce que les propriétaires doivent savoir sur les nouvelles règles fiscales et réglementaires

Publié le

Rédigé par Romane

La location de meublés touristiques, longtemps perçue comme un moyen simple et rentable de générer des revenus, entre dans une nouvelle ère. À partir de 2025 et 2026, fiscalité plus stricte, limites de durée et obligations administratives renforcées vont bouleverser les habitudes des propriétaires. Entre contraintes et opportunités, il est temps de comprendre les nouvelles règles pour rester serein et rentable.


Un tournant fiscal en 2026

Les propriétaires de locations meublées de type Airbnb s’apprêtent à vivre un changement majeur dans leur fiscalité. À compter des revenus 2025, à déclarer en 2026, le seuil de chiffre d’affaires permettant de bénéficier du régime micro-BIC passera de 77 700 euros à seulement 15 000 euros pour les biens non classés. Au-delà de ce montant, les loueurs seront obligatoirement soumis au régime réel, plus complexe mais potentiellement plus avantageux.

Ce régime réel permet notamment de déduire des revenus locatifs de nombreuses charges : travaux, frais de gestion locative, taxe foncière, assurances, frais de notaire, intérêts d’emprunt et amortissement du logement. Comme le souligne Baptiste Bochart, juriste chez JD2M : « Pour bénéficier pleinement du passage au régime réel, les loueurs doivent réagir dès maintenant car toute dépense qui ne serait pas comptabilisée correctement, ou dont les justificatifs ne pourraient être fournis (au fisc), ne sera pas prise en compte ». Les justificatifs devront être intégrés dans une liasse fiscale à adresser au fisc au plus tard en mai 2026.

La DGFiP a d’ailleurs lancé une campagne d’information auprès des loueurs via sa plateforme « Gérer mon bien immobilier ». Objectif : prévenir les propriétaires habitués à la simplicité du micro-BIC que « les spécificités déclaratives du régime réel risquent de représenter un certain choc », comme le confirme un juriste spécialisé.

Un encadrement plus strict dès 2025

Mais les nouveautés ne concernent pas que la fiscalité. Depuis 2025, la durée maximale de location d’une résidence principale a été abaissée à 90 jours par an, contre 120 auparavant, sous peine d’une amende civile de 15 000 euros. Les communes peuvent désormais instaurer des quotas d’autorisations, réserver certains quartiers aux résidences principales, et les copropriétés peuvent interdire la location touristique via un vote à la majorité des deux tiers.

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De plus, l’enregistrement du meublé auprès de la mairie devient obligatoire sur tout le territoire national avant le 20 mai 2026. Le non-respect expose à une amende pouvant atteindre 10 000 euros, montant doublé en cas de fausse déclaration ou de faux numéro. À partir de 2034, l’absence de Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) pourrait également générer une sanction de 100 € par jour, plafonnée à 5 000 €.

Impacts pour les propriétaires et opportunités à saisir

Pour les loueurs, ces mesures représentent un double enjeu : administratif et financier. La fiscalité plus stricte et les obligations déclaratives requièrent de conserver toutes les factures et justificatifs des dépenses liées au bien, sous peine de perdre des déductions fiscales importantes. Le régime micro-BIC, désormais limité à 15 000 euros pour les biens non classés, offre un abattement réduit à 30 %, contre 50 % pour les biens classés.

Pour autant, cette évolution peut être bénéfique pour ceux qui sauront s’adapter. Moins de concurrence, davantage de transparence et un marché encadré permettent de valoriser les biens de qualité et de se distinguer par un service irréprochable. Comme le souligne Pauline : « Les locations meublées touristiques n’auront jamais autant évolué qu’en 2025. Face à cette transformation majeure, seuls les propriétaires les mieux informés et préparés tireront leur épingle du jeu ».

Se préparer dès maintenant

Pour traverser cette période de changements sereinement, les propriétaires doivent :

  • Déclarer leur meublé de tourisme en mairie avant le 20 mai 2026.
  • Vérifier la durée maximale de location et respecter la limite de 90 jours.
  • Se renseigner sur les contraintes locales liées aux PLU et quotas communaux.
  • Respecter la réglementation de copropriété et informer le syndic.
  • Mettre à jour le DPE du logement si nécessaire.
  • Anticiper la fiscalité et conserver toutes les factures et justificatifs.

Le secteur des meublés touristiques entre ainsi dans une nouvelle ère : encadré, largement régulé, plus transparent, et potentiellement plus favorable à ceux qui sauront se conformer aux règles tout en offrant une expérience de qualité aux voyageurs.