Après des années de désaffection, les trains de nuit connaissent un véritable renouveau en France. Selon la SNCF, près d’un million de voyageurs ont emprunté ces lignes en 2024, un chiffre qui a triplé en seulement cinq ans, passant de 350 000 à près d’un million. Avec un taux d’occupation moyen de 80 %, les trains de nuit s’imposent désormais comme une alternative à la fois économique, pratique et écologique au transport aérien ou routier.
Une fréquentation en plein essor
Longtemps perçus comme désuets, les trains de nuit attirent aujourd’hui un public jeune et varié. Étudiants, jeunes actifs et touristes étrangers représentent désormais une part significative des voyageurs, alors que les retraités nostalgiques se font plus rares. Gustave, chef de bord, observe ce changement : « Des fois, nous sommes même obligés de refuser des passagers qui viennent à la dernière minute parce que les trains sont pleins. »
L’essor de ce mode de transport s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, le coût : les billets sont accessibles dès 29 €, ce qui séduit un large public. Ensuite, le gain de temps est appréciable : en une nuit, il est possible de parcourir plusieurs centaines de kilomètres et d’arriver tôt à destination, prêt à entamer sa journée. Enfin, la dimension écologique joue un rôle majeur, notamment auprès des jeunes voyageurs sensibles à la réduction de leur empreinte carbone.
Un confort modernisé et convivial
L’État et la SNCF ont investi des centaines de millions d’euros pour rénover le matériel roulant. Les anciennes couchettes ont été remplacées par des cabines modernisées. Le confort reste sommaire, mais l’atmosphère, presque bohème, séduit les passagers. Marie et ses amies racontent leur expérience :
« Pour l’instant, j’adore, ça fait un petit mood colonie de vacances. On est entre copines dans une cabine. C’est très chouette. »
Les wagons sont équipés de tout le nécessaire pour passer une nuit agréable : couvertures, oreillers, cache-œil et espaces pour ranger les bagages. Charlotte, une voyageuse de 25 ans, souligne l’avantage pratique du train de nuit :
« C’est parfait comme ça je ne perds pas ma journée et j’arrive demain matin à 8h30. Sinon, j’aurai dû partir demain matin et perdre la demi-journée à passer dans les transports. »
Un réseau en expansion et durable
La SNCF propose aujourd’hui huit lignes de nuit, reliant notamment Paris à Toulouse, Briançon, Rodez, Latour-de-Carol, Nice, Cerbère ou Lourdes. L’objectif est clair : concurrencer l’avion sur les trajets intermédiaires tout en réduisant l’empreinte carbone. Christian Torrego, directeur adjoint d’Intercités, résume l’avantage de ce transport : « Il efface le temps de parcours. »
Le collectif Oui au train de nuit milite pour un réseau plus vaste. Selon lui, relancer vingt lignes pourrait transporter 5,6 millions de voyageurs et économiser 300 000 tonnes de gaz à effet de serre.
« Il est trois fois moins coûteux que la voiture électrique par tonne de CO2 évité, » précise le collectif.
Avec des trains souvent complets plusieurs semaines à l’avance et un engouement croissant, le train de nuit semble prêt à s’imposer comme un pilier du voyage durable en France, offrant aux voyageurs une expérience unique, entre praticité, économie et charme nocturne.





