La Tanzanie, connue pour ses safaris spectaculaires, le Kilimandjaro et les plages paradisiaques de Zanzibar, traverse actuellement une période de forte instabilité politique. Après les élections présidentielles du 29 octobre, le pays connaît des manifestations violentes et des troubles qui ont déjà fait plusieurs victimes, entraînant une série de mises en garde pour les voyageurs internationaux.
Appel à la prudence après les élections
Le gouvernement britannique a publié une alerte de sécurité recommandant d’éviter tout voyage en Tanzanie, sauf en cas de nécessité absolue, comme des raisons professionnelles, familiales ou médicales. Le Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) souligne : « Bien que la situation politique soit maintenant plus calme, les manifestations peuvent être imprévisibles et redevenir violentes. »
Les troubles font suite à une élection très contestée, où la présidente Samia SH. a été réélue dans un contexte de forte opposition réprimée. Selon des observateurs de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), « Les électeurs n’ont pas pu exprimer leur volonté démocratique. » dans la majorité des régions. Les manifestations qui ont suivi auraient causé des centaines de morts.
Conséquences pour le tourisme et les infrastructures
La situation a des impacts directs sur les transports et les services : trains, ferries et avions vers Zanzibar fonctionnent de manière réduite, certains vols internationaux et domestiques sont annulés, et le port de Dar es Salaam, principal centre commercial du pays, est partiellement fermé. Les restrictions entraînent des pénuries dans les supermarchés et un accès limité à l’eau, au carburant et aux soins médicaux. Les réseaux mobiles connaissent également des perturbations.
Les autorités locales ont instauré un couvre-feu sur le continent de 18 h à 6 h du matin et recommandent aux touristes de rester à l’écart de toute manifestation ou rassemblement. Le FCDO met en garde : des groupes de touristes ont été « ciblés et détenus par la police locale pour avoir prétendument interféré ou incité à des manifestations anti-gouvernementales. »
La France, ainsi que plusieurs autres pays européens et internationaux comme le Canada et la Norvège, ont également émis des alertes similaires. Les gouvernements encouragent les voyageurs à vérifier l’état de leur vol avant de se rendre à l’aéroport et à suivre les conseils des autorités locales. Selon Diāna E., porte-parole du ministère letton des Affaires étrangères : « Comme la Lettonie n’est pas représentée dans le pays, les voyageurs sont invités à suivre les recommandations des autres pays de l’UE. »
Une destination touristique majeure en suspens
Avant cette crise, la Tanzanie avait enregistré une année record pour le tourisme en 2024, avec plus de cinq millions de visiteurs, dont deux millions d’internationaux. Le Serengeti, le Kilimandjaro et les îles de Zanzibar restent des destinations emblématiques, attirant principalement des touristes européens venus pour le loisir. Selon le rapport international sur les visiteurs, 80 % des touristes provenaient de 15 pays, dont l’Italie, la France, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Allemagne.
Les compagnies aériennes surveillent attentivement la situation. Nico C., responsable des relations médias chez Brussels Airlines, a déclaré : « Nous espérons que la situation va bientôt se calmer, avant tout pour les habitants de la Tanzanie qui souffrent actuellement de la violence. À l’heure actuelle, il n’est pas nécessaire d’ajuster notre programme de vols. Cependant, nous continuerons à suivre la situation de près et ajusterons nos opérations si nécessaire. »
Conseils aux voyageurs
France Diplomatie rappelle que « la situation sécuritaire reste instable et peut évoluer rapidement » et recommande aux voyageurs français de reporter tout déplacement non essentiel. Pour ceux déjà sur place, il est conseillé de rester vigilants, de s’abonner au Fil d’Ariane, d’éviter les rassemblements et de se tenir informés via les médias locaux et les autorités.
En résumé, la Tanzanie conserve son attractivité touristique, mais la prudence est de mise. Les voyageurs doivent évaluer leurs projets et respecter strictement les consignes de sécurité jusqu’à amélioration de la situation politique et sociale.




