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Les compagnies aériennes de Tanzanie interdites de ciel européen, quelles conséquences pour les voyageurs ?

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Rédigé par Arthur

La Tanzanie, destination de rêve pour les amateurs de safaris et d’aventures africaines, se trouve aujourd’hui confrontée à un revers d’image de taille : l’ensemble de ses compagnies aériennes vient d’être inscrit sur la liste noire de l’Union européenne. Une décision aux répercussions concrètes pour les voyageurs et les professionnels du tourisme.


Une décision fondée sur des critères de sécurité

Le 3 juin, la Commission européenne a publié une mise à jour de sa « liste de sécurité aérienne », qui interdit à certaines compagnies d’opérer dans l’espace aérien européen. Cette décision, qui s’appuie sur les normes internationales définies par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), vise à protéger les passagers des risques liés à des défaillances graves dans la surveillance de l’aviation.

« La sécurité des passagers demeure notre priorité absolue. Suite à une évaluation technique détaillée, la Commission européenne a ajouté tous les transporteurs aériens certifiés en Tanzanie à la liste des transporteurs aériens de sécurité de l’UE en raison de graves lacunes dans la surveillance nationale de l’aviation », a déclaré Apostolos Tzitzikostas, commissaire européen chargé des transports.

En ligne de mire : un manque de personnel qualifié, des contrôles insuffisants sur la navigabilité et les opérations de vol, et des défaillances dans la formation au sein des 35 compagnies aériennes locales, parmi lesquelles Air Tanzania, Coastal Aviation, Precision Air, Safari Plus ou encore Regional Air.

Un coup dur pour les professionnels du voyage

Même si aucune de ces compagnies ne volait vers l’Europe, la mesure n’est pas sans conséquences. La majorité des voyageurs en Tanzanie atterrissent avec des compagnies internationales mais relie ensuite sur des vols intérieurs pour explorer le pays, notamment pour rejoindre le parc du Serengeti, le Kilimandjaro ou l’île de Zanzibar.

Les tour-opérateurs français sont ainsi directement impactés. Problème majeur : il existe peu d’alternatives viables aux vols intérieurs, compte tenu des distances et de l’état des infrastructures routières.

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Les agences tenues d’informer leurs clients

Le Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto) a rappelé les obligations légales pesant sur les agences. Si les clients souhaitent maintenir leur voyage, ils doivent être conscients d’un risque : les assurances voyage peuvent exclure toute couverture en cas d’accident avec un transporteur figurant sur la liste noire. L’option la plus sûre reste donc le report du séjour ou le remboursement sans frais.

Pas de fermeture du ciel tanzanien : les compagnies étrangères toujours autorisées

Face à cette annonce, la Tanzanie tente de rassurer. La TCAA (Tanzania Civil Aviation Authority) a précisé que des accords de partage de code ont été activés avec des compagnies internationales, comme Qatar Airways ou Ethiopian Airlines. Cela permettra d’assurer la continuité des liaisons internes sans recourir aux transporteurs tanzaniens directement.

L’autorité aérienne insiste : « Nous encourageons donc le public voyageur à ne pas annuler ses réservations de voyage vers la Tanzanie à la suite de cette annonce de l’UE. »

Des consultations sont en cours avec les acteurs du tourisme local pour atténuer l’impact de cette décision. Parallèlement, le ministère des Transports tanzanien mène un dialogue avec Bruxelles, dans l’espoir de lever les restrictions et de rétablir la confiance.

Une vigilance accrue pour les voyageurs

Avec 169 compagnies désormais bannies du ciel européen, dont celles de Tanzanie et du Suriname, ainsi que de nombreux opérateurs d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique du Sud, cette mise à jour rappelle que la sécurité aérienne reste une priorité pour l’Union européenne.

Les voyageurs en route pour la Tanzanie cet été n’ont donc pas à renoncer à leur séjour, mais ils doivent se montrer vigilants, bien s’informer sur les vols intérieurs inclus dans leur circuit et, si besoin, reconsidérer leur itinéraire avec l’aide de leur agence.