À partir de janvier 2026, Prague, capitale de la République tchèque, rejoindra la liste des grandes villes européennes ayant banni les trottinettes électriques en libre-service. Cette décision, motivée par des préoccupations de sécurité et les nuisances qu’elles provoquent, marque un tournant dans la gestion de la micro-mobilité dans une ville qui accueille chaque année plus de 8 millions de touristes.
Une mesure adoptée pour sécuriser les trottoirs
Le conseil municipal de Prague a récemment approuvé de nouvelles réglementations sur les transports partagés, excluant désormais les trottinettes électriques. « La fin des trottinettes électriques est approuvée ! » a déclaré Zdeněk H., président du Parti pirate national et adjoint au maire chargé des transports. « Nous introduisons des règles claires qui permettront de libérer l’espace public du trafic incontrôlé des trottinettes, qui étaient souvent utilisées dans le centre-ville davantage comme une attraction touristique que comme un moyen de transport et qui semaient le chaos sur les trottoirs et dans les zones piétonnes. »
Des plaintes des habitants suite aux accidents
Les habitants avaient multiplié les plaintes face à des trottinettes souvent garées sur les trottoirs ou dans les parcs, gênant la circulation piétonne et augmentant les risques d’accidents. Les autorités ont également constaté que ces engins présentaient un taux d’accidents plus élevé que les vélos, renforçant la décision d’interdire leur location.
Prague suit l’exemple d’autres grandes villes
Cette mesure place Prague dans la lignée de villes comme Paris, Madrid, Barcelone ou encore Copenhague, qui ont déjà restreint ou interdit les trottinettes électriques dans leurs centres-villes. À Paris, une consultation citoyenne avait conduit en 2023 à leur suppression après que près de 90 % des participants se soient prononcés contre leur maintien. D’autres villes, comme Rome ou certaines villes italiennes, ont choisi de réguler strictement leur usage, imposant casque et assurance.
Quel avenir pour les opérateurs de micro-mobilité ?
Pour les opérateurs, cette interdiction représente un ajustement majeur. Lime, l’un des principaux prestataires à Prague, a exprimé son désaccord avec la décision, tout en envisageant de se concentrer sur les vélos en libre-service. Comme le souligne Vaclav P., directeur national de Lime : « Dans les villes où il existe un “dialogue constructif” avec les opérateurs, les trottinettes peuvent très bien fonctionner et servir les citoyens. » L’entreprise estonienne Bolt, de son côté, envisage de quitter Prague dans le domaine de la micro-mobilité.
Alors que la capitale tchèque cherche à réorganiser ses transports partagés, la décision d’interdire les trottinettes électriques illustre les défis auxquels sont confrontées les villes touristiques : concilier innovation, sécurité et facilité de déplacement tout en préservant l’expérience des habitants et des visiteurs.




