Longtemps perçue comme un joyau des Cyclades et un incontournable de la Méditerranée, Santorin connaît un été 2025 bien différent des précédents. Habituellement bondée en haute saison, l’île grecque peine cette année à attirer les foules. Entre inquiétudes liées à l’activité sismique et contexte économique difficile, les professionnels du tourisme redoublent d’efforts pour relancer une machine grippée.
Un recul sans précédent depuis le Covid
C’est une première depuis la pandémie : Santorin voit sa fréquentation plonger au détriment d’autres destinations ensoleillées. Lieu emblématique immortalisé des milliers de fois sur Instagram pour ses couchers de soleil et ses maisons blanches perchées à flanc de falaise, l’île souffre cette année d’une désaffection notable.
En toile de fond, une série de séismes survenus en février dernier. Pendant plusieurs semaines, l’île a enregistré plus de 150 secousses quotidiennes, forçant notamment la fermeture temporaire des écoles et l’évacuation de certains habitants. De quoi décourager bon nombre de touristes.
« Il y a eu une baisse soudaine des réservations qui a commencé en même temps que les tremblements de terre », confie Marios Despositis, gérant d’un hôtel à Oia, à Capital. Son établissement affiche encore des chambres disponibles, un phénomène rarissime à l’approche de la haute saison. « Nous avons une diminution des réservations d’environ 25% par rapport à l’année dernière à la même période. Cela signifie que nous louons moins de chambres, et on les loue moins cher », explique-t-il.
Un impact économique inquiétant
Les professionnels du secteur confirment cette tendance. Le nombre de sièges aériens disponibles a baissé de 26 % en 2025 et tendent vers une baisse de 8 % pour l’été, selon l’Association des entreprises touristiques grecques (SETE).
Du côté des hôteliers, les estimations sont encore plus pessimistes. Antonis Pagoni, président des hôteliers de Santorin, tire la sonnette d’alarme dans les colonnes d’Euronews : « Le président de la SETE a parlé des arrivées à l’aéroport, mais je dirais malheureusement que les arrivées globales seront en baisse de 20 à 25 %. Pour l’instant, nous nous situons entre -25 % et -30 %. C’est une réduction énorme pour une destination comme Santorin qui attire plus de 3 millions de visiteurs. Vous savez, cela représente 10 % du tourisme grec. Nous ne sommes pas sûrs que la Grèce puisse se permettre de perdre ce revenu. »
Des réductions massives pour relancer l’activité
Pour tenter de contrer cette baisse de fréquentation, les hôtels multiplient les promotions, avec des remises pouvant atteindre jusqu’à 40 % sur certaines chambres. Une aubaine pour les voyageurs flexibles, qui s’y prennent à la dernière minute.
La stratégie semble porter quelques fruits. Les croisières, en particulier, apportent un regain d’activité quotidien sur l’île. « Les croisiéristes font souffler un vent de renouveau dans les magasins de l’île. Presque chaque jour, trois navires de croisière font escale à Santorin et des milliers de visiteurs en descendent pour admirer l’île magique », poursuit Antonis Pagoni. La taxe sur les croisières, qui entrera en vigueur en juillet, ne devrait pas freiner cet apport ponctuel de visiteurs.
Une île toujours sous surveillance
Si la situation s’est stabilisée depuis les secousses de février, la vigilance reste de mise. « En Grèce, statistiquement, nous avons chaque année des tremblements de terre de 6,3 sur l’échelle de Richter, parfois plus, ce n’est pas comme en France ou en Angleterre », explique Costas Papazachos, sismologue. « Pendant trois semaines, ça a été très difficile, nous avons eu de nombreuses secousses tectoniques, mais maintenant, c’est revenu à notre niveau habituel », rassure-t-il.
Malgré cette accalmie, les effets combinés des séismes, de l’augmentation des taxes touristiques en Grèce, et de la crise du coût de la vie – qui touche à la fois l’Europe et les États-Unis – continuent d’impacter le comportement des voyageurs. Moins nombreux, ils se montrent aussi plus prudents dans leurs dépenses.
Et vous, avez-vous prévu de profiter de cette baisse des prix pour vous rendre sur l’île mythique de Santorin ?




