Glacier National Park, dans le Montana, surnommé la “Crown of the Continent”, attire chaque année des millions de visiteurs venus admirer ses paysages spectaculaires et ses glaciers emblématiques. Pourtant, pour 2026, certains experts recommandent de reconsidérer sa visite. La raison ? Un tourisme de masse qui menace l’équilibre fragile de l’écosystème et la sécurité des visiteurs eux-mêmes.
Un tourisme de “dernière chance”
Le phénomène est connu sous le nom de tourisme de la dernière chance, ou tourisme de dernière chance. Face à la fonte accélérée des glaciers due au changement climatique, de nombreux voyageurs se précipitent pour admirer ce qu’il reste des icebergs avant leur disparition. Comme l’explique Michael J., directeur de campagne pour les Northern Rockies à la National Parks Conservation Association : “Certaines de ces visites peuvent être attribuées au last-chance tourism, quand les voyageurs se précipitent pour voir quelque chose avant qu’il ne disparaisse.”
Le paradoxe est cruel : en venant observer la fonte des glaciers, les millions de vols, trajets en voiture et caravanes contribuent eux-mêmes à l’émission de carbone qui accélère ce processus.
Une fréquentation explosive
En vingt ans, la fréquentation du parc a plus que doublé, passant de 1,5 million de visiteurs annuels à plus de 3 millions aujourd’hui. La majorité des visiteurs se concentre sur la Going-to-the-Sun Road, unique axe accessible dans ce parc aux reliefs accidentés, transformant le trajet en véritable embouteillage en haute altitude. Cette congestion entraîne une accumulation de gaz d’échappement, dégradant l’air pur des Alpes et stressant la faune et la flore locales.
La surfréquentation a même des conséquences tangibles sur les infrastructures : en 2024, le parc a connu une pénurie d’eau, l’utilisation excessive des toilettes et douches dépassant la capacité des services publics locaux.
Un signal d’alarme pour la conservation
Fodor’s Travel, guide de voyage reconnu, a inclus Glacier National Park dans sa “No List” 2026, liste de destinations où le tourisme exerce des pressions insoutenables sur l’environnement et les communautés locales. Selon le site, la liste vise à “donner un repos temporaire à tout endroit qui a clairement besoin d’une pause.” L’objectif n’est pas d’interdire la visite, mais d’inciter à la responsabilité.
Cette surfréquentation se combine avec la réduction des budgets et du personnel du National Park Service, rendant la gestion des flux de visiteurs et la protection des écosystèmes encore plus difficiles.
Alternatives plus responsables
Pour les voyageurs souhaitant découvrir des paysages similaires sans surcharger Glacier, plusieurs options existent :
- North Cascades National Park, Washington : plus de 300 glaciers et des sentiers moins fréquentés grâce à l’absence de route principale.
- Sawtooth Wilderness, Idaho : des sommets accidentés et des lacs alpins préservés, hors des radars touristiques.
- Great Basin National Park, Nevada : des pins Bristlecone millénaires, des grottes et un ciel nocturne parmi les plus sombres des États-Unis.
- Waterton Lakes National Park, Canada : géologiquement similaire à Glacier, mais avec beaucoup moins de visiteurs.
Un phénomène global
Glacier National Park n’est pas un cas isolé. Selon Fodor’s, d’autres destinations figurent sur la No List 2026, comme l’Antarctique ou les îles Canaries, où l’afflux touristique menace l’environnement et les communautés locales.
À propos de l’Antarctique, Jessica O., professeure associée d’anthropologie à l’Université de l’Indiana, souligne : “L’environnement est fragile, et c’est un environnement rare. C’est pourquoi les gens veulent y aller, mais c’est aussi pourquoi il ne peut pas vraiment supporter un nombre élevé de touristes.”
Choisir de reporter sa visite à Glacier National Park n’est pas un renoncement, mais un acte de conservation. Cela permet aux rangers (déjà dans une position difficile à cause du shutdown), à l’infrastructure et à la faune de respirer et de s’adapter. Comme le rappelle Fodor’s, l’objectif est un “breather” pour ces lieux exceptionnels : observer la nature, sans précipiter sa disparition.




