Alors qu’en France la suppression de deux jours fériés a alimenté de vifs débats et contribué à fragiliser le gouvernement, Pékin a fait le choix inverse. Depuis 2025, les travailleurs chinois bénéficient de deux jours chômés supplémentaires. Une mesure pensée pour soutenir la consommation intérieure et relancer le tourisme, dans un contexte économique marqué par un ralentissement et une crise immobilière.
Treize jours fériés désormais au calendrier
Le gouvernement chinois a porté à treize le nombre de jours fériés officiels, contre onze en France. Les deux nouvelles dates sont stratégiques : la veille du Nouvel An chinois et le 2 mai, au lendemain de la Fête du travail. Leur positionnement permet de créer des “ponts” et d’allonger les congés, rendant plus attractifs les déplacements touristiques et les loisirs.
Pour compenser, les salariés devront travailler certains week-ends, un système courant en Chine. Mais l’impact attendu reste positif : plus de temps pour voyager et, surtout, davantage de dépenses pour soutenir la croissance.
Vacances, moteur de la consommation
Chaque période de congés en Chine provoque un véritable boom de consommation : voyages massifs à travers le pays, fréquentation record des restaurants et cinémas, achats en ligne par millions. Le gouvernement estime donc que ces deux jours chômés supplémentaires rapporteront beaucoup plus qu’ils ne coûteront en perte de cotisations.
Une entrepreneuse pékinoise interrogée par FranceInfo résume bien cette logique : « Pourquoi réduire le nombre de jours fériés ? Plus il y a de jours non travaillés, plus il y a de consommation. Si on travaille, on ne va pas dépenser ! Moi, je pars en voyage, je vais au cinéma ou je mange au restaurant… ».
Un effet immédiat sur le tourisme
L’annonce, et d’autres actions comme l’exemption de visa pour certains pays, a déclenché une réaction instantanée. Selon Les Échos, dès l’heure qui a suivi, les recherches sur les plateformes de réservation de voyages avaient déjà doublé. Sur Qunar, l’un des leaders du secteur, les habitants se sont renseigné pour planifier leurs futures escapades.
Une réponse à un climat économique tendu
Depuis 2013, le calendrier des jours fériés chinois n’avait été modifié qu’à de rares reprises. La décision de 2025 illustre donc une volonté claire de Pékin : utiliser le tourisme intérieur comme levier économique. Car dans un pays où les congés payés sont bien plus rares qu’en Europe, les jours fériés jouent un rôle crucial pour permettre aux habitants de voyager.
Avec cette mesure, les autorités espèrent inciter les ménages à moins épargner et à relancer la consommation, aujourd’hui freinée par les incertitudes du marché immobilier.
Pour les voyageurs, cette réforme confirme l’importance accordée au tourisme par la Chine. En allongeant les congés, Pékin entend transformer les vacances en véritable moteur de croissance, tout en offrant à sa population de nouvelles occasions de découvrir son pays.




