D’ici 2030, Barcelone réduira sa capacité d’accueil des navires de croisière, dans un effort de fond pour limiter les nuisances liées au surtourisme. Un nouveau plan de réaménagement portuaire prévoit la fermeture de trois terminaux et la construction d’un seul nouveau, ramenant le total à cinq infrastructures dédiées aux croisiéristes.
Une décision politique forte
Destination prisée sur la Méditerranée, Barcelone se trouve de plus en plus sous pression. Avec 3,65 millions de croisiéristes accueillis en 2023 – soit une hausse de 20 % depuis 2018 -, la capitale catalane est aujourd’hui l’un des ports les plus fréquentés d’Europe. Une dynamique touristique qui pèse sur le quotidien des habitants, notamment dans les quartiers historiques envahis par les flux de passagers en transit. Résultat : le tourisme est désormais la troisième source d’inquiétude pour les Barcelonais, selon le dernier baromètre municipal.
Dans ce contexte, et à l’instar de la décision de Nice en France, la mairie de Barcelone et l’autorité portuaire ont annoncé un accord pour réorganiser l’accueil des croisières, avec une ambition claire : adapter le port aux « standards de qualité et de durabilité les plus exigeants ». Trois terminaux vont ainsi être supprimés, dont certains déjà concernés par des fermetures antérieures, comme le Maremagnum ou le terminal nord, déplacé en 2023 plus loin du centre-ville. Ces mesures s’ajoutent au récent doublement de la taxe de séjour promulgué par la ville.
« Pour la première fois dans l’histoire, une limite à la croissance des croisières dans la ville est fixée », a souligné le maire Jaume Collboni.
Investissements massifs et transition écologique
Le plan d’aménagement repose sur un investissement de 185 millions d’euros, issus de financements publics et privés. Cette somme s’ajoute aux 265 millions déjà injectés depuis 2018 pour la modernisation des infrastructures portuaires. À terme, les installations seront adaptées pour accueillir des navires plus propres, capables de se connecter à une alimentation électrique à quai. Une manière de réduire les émissions en évitant l’usage des moteurs pendant les escales.
Parallèlement, une étude sur les mobilités des croisiéristes sera lancée pour mieux comprendre leurs déplacements en ville et développer un plan de mobilité durable. Car c’est bien cette concentration soudaine de visiteurs, souvent débarqués tôt le matin pour repartir en fin de journée, qui contribue à la saturation de lieux emblématiques comme La Rambla ou le quartier gothique.
Une réponse à la colère citoyenne
Depuis plusieurs années, les protestations contre le surtourisme se multiplient à Barcelone. En juillet 2024, une manifestation symbolique a marqué les esprits : des habitants ont aspergé des touristes avec des pistolets à eau, dénonçant la transformation de leur ville en « parc d’attractions ».
L’objectif de la municipalité est donc clair : mieux répartir les flux touristiques, limiter les nuisances ainsi que l’offre de meublés tourisitiques et rendre l’activité croisière compatible avec la vie locale. Le port restera une porte d’entrée importante vers la ville, mais son fonctionnement devra désormais s’inscrire dans une logique plus responsable.




