Voyage insolite

Un taureau géant pour détrôner la tour Eiffel et devenir le pays le plus touristique ? L’Espagne rêve grand

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Rédigé par Arthur

L’Académie espagnole de tauromachie a dévoilé un projet aussi spectaculaire que controversé : ériger un taureau métallique de plus de 300 mètres de haut et 650 mètres de long, baptisé El Toro de España. Une structure qui, si elle voyait le jour, rivaliserait avec la tour Eiffel et les monuments les plus emblématiques du monde, tout en promouvant la culture taurine.


Un projet insolite

Inspiré à la fois de la dame de Fer parisienne et de la Statue de la Liberté, le colosse hispanique accueillerait des miradors dans ses cornes, un musée, des installations culturelles et commerciales à ses pieds, ainsi qu’une zone de loisirs avec restaurants et boutique de souvenirs. Objectif affiché : hisser l’Espagne au rang de première destination touristique mondiale.

« Contrairement à d’autres pays, il est peu probable que l’Espagne puisse planter un drapeau sur la Lune avant la fin de la décennie. Cependant, elle pourrait devenir une nation incontournable dans le secteur du tourisme international, grâce à… El Toro de España », affirme l’académie dans un communiqué.

Voici à quoi pourrait ressembler la bête, à partir des informations communiquées

Une réponse à la « domination » touristique française

Derrière ce projet se cache aussi une volonté de rivaliser avec la France sur le terrain du tourisme international. En 2023, selon les données de l’ONU, l’Espagne a accueilli 85,17 millions de visiteurs, contre 100 millions pour l’Hexagone. L’académie voit dans ce taureau géant le symbole manquant pour incarner l’image du pays à l’étranger, à l’instar de la tour Eiffel pour Paris.

« Lorsqu’ils choisissent l’Europe comme destination de vacances, Paris est incontournable afin d’immortaliser leur venue sur une photo », souligne l’association, qui déplore qu’aucun monument espagnol ne joue ce rôle.

Un chantier colossal mais incertain

Estimée entre 150 et 180 millions d’euros, l’œuvre serait financée par des fonds privés, sans que les investisseurs ne soient pour l’heure identifiés. Le terrain d’implantation devrait être offert par une collectivité locale, mais aucune ville n’a officiellement posé sa candidature. Madrid a déjà décliné la proposition, tandis que d’autres municipalités, comme Burgos ou El Molar, ont été évoquées sans confirmation.

Le président de l’académie, Jorge Alvarez, a précisé sur Canal 33 Madrid que la structure serait installée « dans une ville espagnole avec un flux important de touristes » afin de « garantir la viabilité économique, promouvoir l’impulsion commerciale et la génération d’emploi dans toute la région ».

Tauromachie et polémique

Si le projet entend mettre en avant le patrimoine culturel lié au taureau, protégé par une loi de 2013, il s’inscrit dans un contexte où la corrida séduit de moins en moins. Un sondage récent révèle que 77 % des Espagnols y sont opposés. Cette dimension pourrait compliquer l’adhésion populaire et politique autour du chantier.

Enfin, plusieurs étapes cruciales restent à franchir : choix de l’architecte, études d’impact environnemental, autorisations administratives et mobilisation des financements. Pour l’instant, El Toro de España reste donc un rêve de fer… plus proche du croquis que de la réalité.