Voyage insolite

Maroc : un touriste français revient de vacances avec une facture de 37.737 euros

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Rédigé par Salomé

Une semaine de détente à Marrakech a tourné au cauchemar administratif pour Dominique, un touriste français. Son opérateur téléphonique, Orange, lui réclame plus de 37.000 euros pour une consommation de données mobiles à l’étranger qu’il conteste farouchement. Retour sur une affaire relatée au micro du Parisien, qui rappelle


Une session nocturne à 31.000 euros ?

Parti du 28 avril au 5 mai pour un séjour d’une semaine au Maroc, Dominique, pensait avoir pris toutes ses précautions. Avant de décoller, il avait souscrit une option permettant l’usage de 5 Go de données à l’étranger. Selon lui, il n’a pratiquement pas utilisé son smartphone pendant son séjour. Pourtant, à son retour, c’est un choc : une facture de 37.737 euros – l’équivalent de près de 370.000 dirhams en monnaie locale – lui est adressée par son opérateur.

L’opérateur Orange justifie la somme astronomique par un dépassement massif de données mobiles, notamment lors d’une session nocturne particulièrement coûteuse, entre 3h39 et 6h34 du matin, qui aurait généré à elle seule plus de 31.000 euros hors taxes. La compagnie affirme avoir alerté le client à 16 reprises par SMS, l’invitant à acheter un pass ou à accepter le dépassement de son forfait. Orange précise : « Un premier SMS lui indiquant qu’il arrivait à 80 % de son forfait, puis un deuxième à 100 % et blocage. » L’opérateur indique également que le client a validé la poursuite de l’usage des données le 2 mai à 18h14.

L’usager conteste vigoureusement cette version. Il affirme n’avoir reçu qu’un seul message, indiquant un dépassement de 2.500 euros, auquel il n’a pas prêté attention. « Ce n’est pas possible. Je n’ai pas touché à mon téléphone. Soit j’ai été piraté, soit j’ai fait une fausse manipulation », a-t-il déclaré à Le Parisien. Il insiste : il n’a ni validé de dépassement, ni reçu l’ensemble des alertes évoquées par Orange, dont certaines auraient été envoyées en pleine nuit, alors qu’il dormait.

Un client fidèle devenu persona non grata

Client depuis 38 ans, Dominique n’a pas tardé à faire entendre son mécontentement. Face au silence ou à la confusion des réponses apportées par les services clients successifs, il a décidé de changer d’opérateur. Une décision qui s’est accompagnée d’une nouvelle déconvenue : impossible pour lui de récupérer son numéro, Orange ayant refusé de lui fournir le code RIO, indispensable à la portabilité. « Je dois tout remettre à jour, c’est un cauchemar administratif », déplore-t-il.

Loin de vouloir en rester là, Dominique envisage désormais une action en justice pour faire annuler la facture. « Je ne vais pas travailler deux ans juste pour payer Orange », s’indigne-t-il. Il réclame une enquête approfondie sur la consommation réelle de données et se dit convaincu d’un dysfonctionnement ou d’un piratage.

L’importance de la vigilance en itinérance

À l’heure où le smartphone est un indispensable en voyage, cette affaire rappelle l’importance de bien se renseigner avant toute utilisation d’Internet mobile à l’étranger. Contrairement à l’Union européenne, où le roaming est aujourd’hui inclus dans la plupart des forfaits, les pays hors UE, comme le Maroc, peuvent entraîner des frais très élevés. Même les usages passifs – mises à jour automatiques, synchronisations en arrière-plan – peuvent faire grimper la note si aucune protection n’est activée.

Les voyageurs sont donc invités à désactiver les données mobiles, à utiliser uniquement le Wi-Fi sécurisé et à surveiller régulièrement leur consommation, surtout dans les pays non couverts par le forfait.