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Malte : le Blue Lagoon retrouve son équilibre grâce à un système de réservation

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Rédigé par Arthur

Lieu emblématique de Malte, le Blue Lagoon, situé sur l’île de Comino, attire chaque été des foules de visiteurs séduits par ses eaux turquoise et ses criques de carte postale. Mais face à un afflux jugé excessif – jusqu’à 12 000 personnes en simultané en 2024 – les autorités maltaises ont décidé d’agir. Depuis mai 2025, l’accès au site est conditionné par une réservation gratuite en ligne via le système « Book. Protect. Enjoy. ».


Une baisse spectaculaire de la fréquentation

Le bilan de la première saison estivale est sans appel : la fréquentation a chuté de 68 % par rapport à l’an dernier. Sur les trois créneaux horaires proposés (matin, après-midi, soir), le nombre moyen de visiteurs a été de 1 979. Seuls 34 créneaux sur 189 en juillet et août ont dépassé les 3 000 entrées, avec un pic de 3 830 personnes enregistré le vendredi 22 août en milieu d’après-midi.

En limitant désormais l’accès à 4 000 personnes par créneau, les autorités espèrent non seulement désengorger le lagon, mais aussi protéger cet espace classé Natura 2000.

Préserver l’environnement et améliorer l’expérience

Pour encadrer cette nouvelle organisation, la Team Blue Lagoon, structure mise en place par la Malta Tourism Authority, a défini quatre priorités :

  • réguler les flux de visiteurs grâce au système de réservation,
  • améliorer la sécurité et l’expérience des baigneurs,
  • renforcer le nettoyage et la gestion des déchets,
  • assurer une surveillance stricte sur terre comme en mer.

Concrètement, la zone de baignade a été agrandie de 12 %, deux plages supplémentaires ont été sécurisées, et une nouvelle capitainerie gère désormais l’afflux de bateaux. Plus d’une douzaine d’agents d’entretien veillent chaque jour à la propreté des lieux, tandis que les sanitaires et douches ont été rénovés. Les déchets sont évacués plus régulièrement vers Malte pour réduire l’impact écologique.

Côté sécurité, la présence de maîtres-nageurs, de patrouilles, de policiers et de moniteurs environnementaux a été renforcée. Des panneaux et sentiers balisés guident les visiteurs afin de protéger la garrigue environnante, particulièrement vulnérable au piétinement.

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Des perspectives de long terme

Les autorités maltaises ne comptent pas s’arrêter là. L’agence d’architecture Mizzi Studio a été mandatée pour proposer un plan de réhabilitation écologique et durable du site, qui sera soumis prochainement à consultation publique.

« Ces premiers résultats confirment l’efficacité des mesures adoptées et renforcent la détermination de la Team Blue Lagoon ainsi que de nos partenaires à poursuivre dans cette direction », souligne Carlo Micallef, directeur général de la Malta Tourism Authority.

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et du Tourisme, Ian Borg, abonde : « Les efforts de la Team Blue Lagoon cet été constituent la première initiative concrète visant à améliorer la durabilité des opérations sur ce joyau national et site Natura 2000. Les résultats sont encourageants – une étape essentielle vers une réhabilitation durable à long terme ainsi qu’une meilleure expérience pour les visiteurs. Soyons clairs, ce n’est que le début. Nous continuerons à analyser les données et à examiner les prochaines étapes possibles. Le Blue Lagoon est un site très réduit, ce qui impose des limites physiques au niveau d’activité qu’il peut accueillir, en particulier sur terre. Par conséquent, sa popularité fait qu’il sera toujours très fréquenté aux heures de pointe. Cela n’entamera pas notre détermination. Nous persévérerons afin de trouver le juste équilibre, en garantissant à la fois la protection de l’environnement et une expérience agréable pour les visiteurs. »

Vers un modèle de tourisme durable

L’exemple du Blue Lagoon illustre une tendance plus large : celle de la lutte contre le surtourisme par une gestion active des flux. Si l’endroit reste très fréquenté, les mesures prises offrent un premier pas vers un équilibre entre attractivité touristique et préservation de l’environnement. Un modèle que d’autres destinations méditerranéennes pourraient être tentées de suivre.