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Été 2025 en Gironde : des touristes nombreux mais un budget en berne

Publié le

Rédigé par Salomé

La Gironde a fait le plein de visiteurs durant l’été 2025, mais les professionnels du tourisme constatent une consommation en net repli. Entre fréquentation globalement stable et dépenses en berne, le bilan de la saison est jugé mitigé.


Une fréquentation soutenue, du littoral à Bordeaux

De Bordeaux à la côte Atlantique, les vacanciers ont répondu présent. Dans la métropole, la baisse de fréquentation reste limitée (–4 % par rapport à 2024) tandis que les nuitées marchandes n’ont reculé que de 2,6 % au premier semestre. Sur le littoral, les chiffres sont même encourageants : juin a connu une progression record (+18 %), suivi d’un mois de juillet en hausse (+8 %) et d’un mois d’août toujours solide (+2 %). Certaines stations du Médoc, comme Soulac-sur-Mer, ont même affiché jusqu’à 95 % d’occupation.

La clientèle étrangère a conforté son retour, avec une forte présence d’Allemands, suivis des Britanniques et des Suisses. « Soulac séduit de plus en plus, avec une saison qui s’allonge du printemps à l’automne », souligne Emmeline A., responsable du pôle attractivité à l’Office de tourisme Médoc Atlantique, dans les colonnes de SudOuest.

Des habitudes de consommation bouleversées

Si les touristes sont venus en nombre, ils ont largement freiné leurs dépenses, notamment dans la restauration. « On entend des pertes de 15 à 20 % de chiffre d’affaires par rapport à l’année dernière », s’inquiète Franck C., président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de Gironde. Le constat est partagé sur la côte : « Les gens se lèvent plus tard, privilégient le brunch et le soir, ils se tournent vers des apéros tapas, des planches à partager. La restauration traditionnelle est en baisse », observe Alexandre C., directeur de la Beach House à Lacanau.

Dans les campings aussi, la tendance est claire : séjours raccourcis et budgets limités. « C’est fini les locations de 15 jours, les gens n’ont plus 1 500 euros à mettre dedans », regrette Lionel P., président du syndicat de l’hôtellerie de plein air de la Gironde.

Loisirs en hausse, contexte économique en toile de fond

Toutes les activités ne sont pas logées à la même enseigne. Les prestataires de loisirs (surf, vélo, sorties nature, châteaux viticoles) tirent leur épingle du jeu, les vacanciers cherchant à profiter malgré tout de leur séjour. Sur les plages, un autre motif de satisfaction : aucune noyade n’a été recensée sur les zones surveillées en juillet et août.

Reste que le contexte économique national pèse lourdement sur la saison. Même les retraités, traditionnellement considérés comme un public au pouvoir d’achat plus élevé, réduisent leurs dépenses.

Un automne sous incertitudes

Les professionnels misent désormais sur l’arrière-saison, où la Gironde attire une clientèle variée : familles avec jeunes enfants, couples, retraités, Allemands et Hollandais en vacances décalées. Mais la prudence domine, d’autant que les réservations se font désormais en dernière minute. « En Gironde, nous avons la chance de n’être pas loin de la côte, donc on peut vraiment faire un beau mois si le temps est avec nous », espère Franck C..

Reste que, malgré une fréquentation solide, l’été 2025 aura confirmé une tendance de fond : les vacanciers viennent toujours en Gironde, mais avec un budget de plus en plus contraint.