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Maine-et-Loire : une nouvelle taxe touristique dès 2026 pour financer les projets du territoire

Publié le

Rédigé par Arthur

À partir du 1er janvier 2026, les voyageurs séjournant dans le Maine-et-Loire devront s’acquitter d’une taxe de séjour légèrement relevée. Le Département a voté l’instauration d’une taxe additionnelle de 10 %, venant s’ajouter à celle déjà collectée par les communes. Un choix assumé, présenté comme un levier indispensable pour soutenir les projets d’investissement touristique, sans peser sur les ménages locaux.


Une augmentation modérée… mais durable

Si la mesure semble presque invisible à l’échelle individuelle, elle pourrait rapporter gros. La surtaxe, qui atteindra au maximum 14 centimes par nuitée dans un hôtel trois étoiles, s’appliquera à l’ensemble des visiteurs du territoire. À titre d’exemple, un campeur installant sa tente dans un établissement quatre étoiles paiera 0,66 € au lieu de 0,60 €, tandis qu’un séjour en hôtel trois étoiles passera de 1,36 € à 1,50 € la nuit. Une variation de quelques centimes, jugée négligeable par les autorités départementales.

« On ne révolutionne pas les choses car ça existe ailleurs. Dans un camping quatre étoiles, pour une nuit, je paie 22 euros plus la taxe de séjour communal ça fait 22,60 et avec la taxe additionnelle ça fera 22,66 euros donc 6 centimes d’augmentation. La plus forte hausse ce sera dans un hôtel trois étoiles, 14 centimes par nuitée et pour un adulte. Vous voyez, c’est très très faible », a défendu Philippe Chalopin, premier vice-président du Département chargé du tourisme dans un entretien pour France Bleu.

château d'Angers
La visite du Château d’Angers devrait vous coûter quelques deniers plus cher en hébergement – Crédits Saiko

Financer le tourisme sans toucher aux Angevins

Avec cette nouvelle taxe, le Maine-et-Loire rejoint les 74 départements français ayant déjà opté pour ce type de prélèvement. Le produit estimé, environ 300 000 euros par an, viendra abonder exclusivement les investissements touristiques. Les responsables politiques locaux insistent : cette recette ne servira pas à couvrir les dépenses de fonctionnement, mais bien à renforcer l’attractivité du territoire.

« Ce sera indolore pour les contribuables angevins », a rassuré Philippe Chalopin, cité par Le Courrier de l’Ouest.

Les fonds permettront de moderniser les infrastructures d’accueil, valoriser le patrimoine ou encore développer de nouvelles offres. Une stratégie présentée comme un compromis raisonnable, dans un contexte où le budget d’Anjou Tourisme a récemment été réduit de 5 %, forçant l’abandon de certains projets.

Pressions budgétaires et arbitrages

La décision s’inscrit dans une conjoncture financière tendue. Comme l’a rappelé la présidente du Département, Florence Dabin, les dépenses sociales ont explosé : elles représentent aujourd’hui 70 % du budget, contre 55 % il y a dix ans. De quoi réduire considérablement les marges de manœuvre du conseil départemental, qui affirme toutefois ne prévoir « ni nouvelle dépense, ni nouvelle recette » pour 2025 en dehors de cette taxe.

En parallèle, les élus ont également validé d’importants investissements dans l’éducation, dont la construction d’un nouvel établissement scolaire à Beaupréau pour un coût de 16,4 millions d’euros, avec une ouverture espérée en 2028.

Une mesure symbolique ou un précédent fiscal ?

Reste à savoir si cette taxe, bien que limitée, préfigure une tendance plus large. Car si le montant individuel reste modeste, l’addition globale peut finir par peser, surtout pour les familles aux budgets serrés. Certains observateurs s’interrogent : faut-il faire reposer la politique touristique sur les seuls visiteurs ? D’autres départements, comme la Mayenne voisine, ont pour l’instant choisi de ne pas suivre cet exemple.

Si l’impact immédiat semble contenu, cette taxe pourrait bien ouvrir la voie à une normalisation de ces prélèvements « invisibles », qui finissent, à force de s’additionner, par modifier les équilibres du tourisme local.