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Voyager aux États-Unis va coûter plus cher : hausse confirmée de l’Esta et nouveaux frais de visa en 2025

Publié le

Rédigé par Arthur

Se rendre aux États-Unis ne sera bientôt plus aussi accessible qu’avant. Dans le cadre d’une vaste réforme budgétaire, l’administration Trump a acté une série de mesures qui auront un impact direct sur les voyageurs internationaux, notamment les touristes, les étudiants et les professionnels. À la clé : des frais en forte hausse pour les autorisations de voyage et les visas, et une levée de boucliers dans l’industrie du tourisme.


L’Esta passera de 21 à 40 dollars dès 2026

Les ressortissants de 42 pays, dont la France, qui bénéficient du programme d’exemption de visa devront bientôt débourser 40 dollars pour obtenir l’Esta (Electronic System for Travel Authorization), contre 21 dollars actuellement. Cette hausse, officialisée dans la « One Big Beautiful Bill Act », une loi budgétaire adoptée début juillet, devrait entrer en vigueur en 2026, même si la date précise n’a pas encore été communiquée.

Le nouveau tarif comprendra :

  • 17 dollars de frais de promotion du tourisme,
  • 13 dollars de supplément prévu par la nouvelle loi,
  • 10 dollars de frais de traitement administratif.

Selon les autorités américaines, cette augmentation est destinée à financer la modernisation de l’espace aérien, la formation des agents de douanes, et l’installation de portiques biométriques dans les aéroports.

Un « Visa Integrity Fee » de 250 dollars pour les autres voyageurs

Pour ceux qui ne sont pas éligibles à l’Esta, la facture grimpe encore davantage. Un nouveau « Visa Integrity Fee » de 250 dollars sera ajouté aux frais de visa existants à partir du 1er octobre 2025, date de début du prochain exercice budgétaire américain. Cela concerne les étudiants internationaux, voyageurs d’affaires, travailleurs temporaires et touristes issus de pays non exemptés de visa.

À titre d’exemple, un travailleur H-1B qui paye aujourd’hui 205 dollars pour sa demande pourrait devoir débourser jusqu’à 455 dollars à l’avenir.

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Selon certaines sources du Département de la Sécurité intérieure, ces frais pourraient faire l’objet d’un remboursement partiel, à condition que le voyageur respecte strictement les conditions de son visa, notamment quitter le territoire à temps et ne pas enfreindre la loi. Mais à ce stade, aucune directive précise n’a été publiée.

Une stratégie controversée

Cette politique a pour but officiel de compenser les coûts liés au contrôle de l’immigration illégale et de soutenir la sécurité aux frontières en augmentant les revenus issus de l’immigration légale. Une orientation assumée par la Maison Blanche, qui affirme vouloir réduire la pression sur le système migratoire américain.

Mais la mesure suscite une vive opposition à l’international et dans l’industrie touristique.

« Ces nouvelles taxes injustifiées sur les visiteurs étrangers sont difficiles à accepter », déclare Geoff Freeman, président de la U.S. Travel Association.

Dans un autre communiqué, il alerte sur l’effet contre-productif de la mesure :

« Ces frais ne sont pas réinvestis dans l’amélioration de l’expérience de voyage et ne font rien d’autre que décourager les touristes […] déjà inquiets au sujet des prix élevés. »

De nombreux experts dénoncent une forme de « taxe sur l’importation humaine » et craignent que les visiteurs se tournent vers d’autres destinations plus abordables, au moment même où les États-Unis s’apprêtent à accueillir la Coupe du monde de football 2026 et les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.

L’exemple britannique en ligne de mire

Cette politique fait aussi écho à des dispositifs similaires mis en place ailleurs, comme au Royaume-Uni, qui a instauré en avril dernier une autorisation électronique de voyage (ETA) pour les visiteurs européens. Valable deux ans et coûtant 12 euros, cette autorisation vise, elle aussi, à financer la sécurité des frontières.