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Les personnes en situation d’obésité pourraient ne plus pouvoir se rendre aux États-Unis

Publié le

Rédigé par Salomé

Les États-Unis franchissent un nouveau cap dans le durcissement de leur politique migratoire. Une directive du département d’État, envoyée aux ambassades et consulats américains à travers le monde, demande désormais aux agents consulaires d’examiner l’état de santé des candidats à l’immigration, une mesure qui pourrait conduire au refus de visa pour des pathologies aussi courantes que l’obésité, le diabète ou certains cancers.


Une instruction élargie et déjà controversée

Révélée initialement par le site spécialisé KFF Health News puis confirmée par l’AFP, cette notice signée par le secrétaire d’État Marco R. élargit nettement les règles existantes. Les agents consulaires sont invités à prendre en compte les maladies susceptibles d’occasionner « des soins coûtant plusieurs centaines de milliers de dollars ». L’obésité figure explicitement parmi les affections visées, aux côtés du diabète ou de cancers nécessitant des traitements lourds.

La directive va plus loin en demandant aux ambassades d’évaluer également les besoins médicaux des personnes à charge, notamment en cas de « handicaps, des maladies chroniques ou d’autres besoins particuliers et nécessitent des soins ». Une formulation suffisamment large pour laisser une marge de manœuvre considérable aux services consulaires, comme le souligne l’avocat américain Vic G., pour qui « cette directive donne aux agents consulaires une large marge de manœuvre pour refuser des visas d’immigration sur la base de problèmes de santé courants qui, en eux-mêmes, n’ont jamais été considérés comme disqualifiants », explique-t-il au Washington Post.

L’obésité au cœur du débat, dans un pays déjà fortement touché

L’obésité, ciblée dans le texte, est un enjeu de santé publique majeur aux États-Unis, l’un des pays les plus touchés au monde. Le ministère rappelle dans sa directive que cette condition peut entraîner « de l’apnée du sommeil, de l’hypertension artérielle et de la dépression clinique », autant de pathologies dont la prise en charge pourrait peser sur les finances publiques.

L’initiative fait d’autant plus réagir que Donald Trump, à l’origine de ce durcissement, a lui-même été considéré comme « cliniquement obèse » dans le cadre d’un bilan de santé datant de 2020. Le président avait admis en 2024 peser 108 kilos pour 1,90 mètre, juste en dessous de la catégorie « obèse » selon l’indice de masse corporelle.

Une politique migratoire resserrée depuis le retour de Trump au pouvoir

Depuis sa réinstallation à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump a placé la lutte contre l’immigration clandestine au sommet de ses priorités tout en resserrant l’accès aux visas pour les migrants réguliers. Le département d’État a déjà révoqué des dizaines de milliers de visas, notamment pour des opinions jugées anti-américaines.

Le porte-parole adjoint du département d’État, Tommy P., assume pleinement ce tournant dans les médias : « Ce n’est un secret pour personne que l’administration Trump accorde la priorité aux intérêts du peuple américain », affirme-t-il dans un courriel. « Cela inclut la mise en œuvre de politiques visant à garantir que notre système d’immigration ne soit pas un fardeau pour les contribuables américains », ajoute-t-il.

Une étape supplémentaire dans un dispositif déjà strict

Jusqu’à présent, les demandeurs de visas de longue durée étaient tenus de se soumettre à une visite médicale destinée à détecter les maladies transmissibles. Avec cette nouvelle directive, l’évaluation s’étend désormais au coût potentiel de leur prise en charge médicale, une dimension qui pourrait exclure davantage de candidats à l’immigration.

Cette évolution soulève des questions éthiques, sanitaires et politiques, alors même que les États-Unis restent l’un des pays les plus affectés par les problèmes de santé que la directive entend désormais sanctionner chez les étrangers. Cette mesure fait également à suite à d’autres qui complexifient l’accès au pays pour certains voyageurs et augmentent les frais pour se rendre sur place.