Le tourisme international a retrouvé un dynamisme inédit en 2025, dépassant même les niveaux d’avant la pandémie. Selon les dernières données de l’ONU Tourisme, près de 700 millions de voyageurs ont franchi les frontières entre janvier et juin, soit 33 millions de plus qu’à la même période en 2024 et 4 % de plus qu’en 2019. Cette reprise impressionnante confirme la résilience d’un secteur qui, malgré un contexte géopolitique incertain et des fragilités économiques mondiales, demeure porté par une même envie : voyager pour le plaisir.
Une croissance tirée par l’Afrique et l’Asie
Si l’Europe reste la première destination touristique du globe avec près de 340 millions de visiteurs au premier semestre (+4 %), la progression la plus spectaculaire est venue d’ailleurs. L’Afrique a enregistré une hausse de 12 % des arrivées internationales, quand la région Asie-Pacifique affiche +11 %, portée par l’Asie du Nord-Est (+20 %).
Les Amériques, en revanche, marquent le pas avec une progression limitée à 3 %, notamment en raison d’un recul aux États-Unis et au Canada.
Des dépenses en forte hausse
Au-delà du volume de voyageurs, les dépenses explosent. En 2024, les recettes du tourisme international avaient déjà atteint 1 700 milliards de dollars, soit 15 % de plus qu’avant la crise sanitaire. La tendance se confirme : de janvier à mai 2025, les touristes étrangers ont dépensé 21,4 milliards d’euros en France, en hausse de 8 %.
La Chine illustre ce retour en force : ses touristes ont accru leurs dépenses à l’étranger de 16 % sur un an. Le Royaume-Uni (+15 %), l’Espagne (+16 %), Singapour (+10 %) et la Corée du Sud (+8 %) affichent également des croissances solides.
Pour Zurab Pololikashvili, secrétaire général de l’ONU Tourisme, « le tourisme international continuait de faire preuve d’une forte dynamique et d’une résilience impressionnante ». Il a souligné que le secteur contribuait « non seulement à l’économie, mais créait également des emplois et améliorait les conditions de vie des communautés locales ».
France et Espagne : la bataille des géants
Sur la scène européenne, deux pays continuent de se disputer le titre de première destination mondiale : la France et l’Espagne.
La France, forte de l’élan des Jeux olympiques de 2024 et de la réouverture de Notre-Dame de Paris, a accueilli un record de 100 millions de touristes internationaux en 2024. La ministre déléguée au Tourisme, Nathalie Delattre, souligne que « cette dynamique est sans nul doute le fruit d’une année 2024 exceptionnelle et record », citant également les commémorations du Débarquement. Pour 2025, les arrivées aériennes internationales devraient encore progresser de 4,7 % sur l’été.
Mais si la France reste numéro un en termes de visiteurs, l’Espagne la devance nettement sur les recettes. En 2024, elle a engrangé 126 milliards d’euros contre 71 milliards pour la France. La dépense moyenne par visiteur y atteint 1 300 euros, contre 700 euros en France.
À ce rythme, l’Espagne pourrait bien devancer la France dès 2025 en nombre d’arrivées internationales. Selon les projections, Madrid atteindrait 103,5 millions de visiteurs, contre 102 millions pour Paris.
Une vitrine mondiale du tourisme à Paris
Ces tendances seront au cœur des discussions du 47e salon mondial des professionnels du tourisme, qui s’ouvre ce 23 septembre à Paris, Porte de Versailles. L’événement réunit 1 600 exposants venus du monde entier, avec la République dominicaine comme invitée d’honneur.




