Alors que le Japon bat record après record en matière de fréquentation touristique, les autorités et les compagnies aériennes redoublent d’imagination pour orienter les voyageurs vers des régions moins saturées. Après avoir renforcé certaines taxes locales, Tokyo mise désormais sur une stratégie plus incitative : offrir des vols intérieurs gratuits aux visiteurs étrangers. Une initiative séduisante… mais pas accessible à tout le monde.
Une mesure pour désengorger Tokyo, Kyoto et les sites surfréquentés
Le pays accueille désormais un afflux massif de visiteurs internationaux. En 2024, près de 36,9 millions de touristes sont arrivés au Japon, stimulés notamment par la faiblesse du yen. Une dynamique qui provoque toutefois une forte pression sur les lieux emblématiques, du Mont Fuji au centre historique de Kyoto, et pousse le gouvernement à encourager des itinéraires plus diversifiés.
Pour y parvenir, les deux grandes compagnies japonaises, All Nippon Airways (ANA) et Japan Airlines (JAL), ont lancé coup sur coup des programmes offrant des vols domestiques gratuits à certains voyageurs étrangers. Leur objectif : inciter les touristes à découvrir des régions souvent ignorées, mais riches en patrimoine, nature et culture locale.
ANA : jusqu’à deux vols gratuits pour les voyageurs venant d’Europe
La première annonce a été faite par l’Office national du tourisme japonais (JNTO) en partenariat avec ANA. Du 24 novembre au 31 janvier 2026, les voyageurs britanniques et européens ayant réservé un billet international en classe économique peuvent bénéficier de l’offre « Stopover & Add-on Free Fare », donnant droit jusqu’à deux vols intérieurs gratuits.
L’un des avantages majeurs : ces trajets supplémentaires peuvent être effectués à n’importe quelle date, même après la fin de la période de réservation.
Concrètement, cela permet à un visiteur arrivant à Tokyo de poursuivre gratuitement vers des destinations telles qu’Hiroshima, Aomori, la péninsule d’Izu ou encore l’île d’Hokkaido. ANA précise que ce dispositif aide les voyageurs à « composer un itinéraire à plusieurs escales sans coût supplémentaire », rendant plus accessible l’exploration de régions encore en marge des circuits classiques.
JAL : un vol offert… mais réservé à certains pays (et pas à la France)
JAL propose également une campagne de vols gratuits, mais son programme est plus restrictif. Le dispositif actuel permet d’obtenir un vol intérieur gratuit, à condition de réserver un billet international aller-retour avec la compagnie et d’ajouter le trajet domestique dans la même réservation.
Le choix est vaste : 64 destinations sont proposées, parmi lesquelles Sapporo, Naha, Aomori ou Tokushima.
Cependant, cette offre n’est disponible que pour les visiteurs venant d’une liste précise de pays, incluant notamment les États-Unis, le Canada, le Mexique, Singapour, l’Indonésie, l’Australie ou encore la Thaïlande. Les touristes français, eux, ne sont pour l’instant pas éligibles, même si JAL indique souhaiter élargir la liste à l’avenir.
Certains voyageurs doivent également s’acquitter d’un supplément d’environ 100 dollars s’ils restent plus de 24h dans leur première ville japonaise, une mesure qui concerne notamment les touristes nord-américains et chinois.
Une stratégie plus large contre le surtourisme
Ces promotions s’inscrivent dans un ensemble de mesures destinées à mieux gérer les flux de visiteurs. Le Japon a récemment doublé la taxe pour gravir le Mont Fuji et Kyoto a augmenté de manière marquée sa taxe de séjour afin de financer un tourisme plus durable.
Les incitations, comme ces vols gratuits, viennent compléter ces restrictions en encourageant les voyageurs à sortir des sentiers battus : régions rurales, îles isolées, villes secondaires ou zones naturelles encore préservées.
En attendant : des alternatives pour les touristes français
Même si l’offre de vols gratuits de JAL ne concerne pas encore la France, les visiteurs hexagonaux ne sont pas totalement mis de côté. La compagnie propose toujours son Japan Explorer Pass, une formule offrant des vols domestiques à tarifs fixes et attractifs, idéale pour planifier un itinéraire multi-villes.
De son côté, l’offre ANA reste accessible pour les Européens, ce qui pourrait encourager davantage de voyageurs du continent à réserver leur JESTA pour découvrir des régions moins médiatisées du Japon.




