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La Chine déconseille à ses ressortissants de voyager au Japon

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Rédigé par Arthur

La tension monte entre Pékin et Tokyo sur fond de différend concernant Taïwan. La Chine a officiellement recommandé à ses citoyens d’éviter de se rendre au Japon, évoquant des « risques importants » pour leur sécurité. Cette décision fait suite aux déclarations de la Première ministre japonaise, sur une possible intervention militaire pour défendre l’île revendiquée par Pékin.


Des propos perçus comme provocateurs

Le 7 novembre, Sanae Takaichi a déclaré devant le Parlement japonais : « le déploiement de navires de guerre et le recours à la force, cela pourrait constituer une menace pour la survie du Japon ». Elle a ajouté : « Nous devons envisager le scénario du pire ». Ses propos ont été interprétés comme une indication que Tokyo pourrait soutenir militairement Taïwan en cas d’attaque.

L’ambassade de Chine à Tokyo a jugé ces déclarations « ouvertement provocateurs à l’égard de Taïwan, nuisant gravement au climat des échanges entre les peuples » et a rappelé que « le ministère des Affaires étrangères ainsi que l’ambassade et les consulats de Chine au Japon rappellent solennellement aux citoyens chinois d’éviter de se rendre au Japon dans un avenir proche ».

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Les compagnies aériennes s’adaptent

Face à cette recommandation, les principales compagnies aériennes chinoises ont réagi rapidement. Air China, China Southern et China Eastern proposent désormais le remboursement intégral des vols vers le Japon, ainsi que la modification sans frais des itinéraires prévus entre le 15 novembre et le 31 décembre. Ces mesures visent à protéger les voyageurs et à répondre à l’incertitude générée par la crise diplomatique.

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Convoquations et menaces

La crise a également conduit à des actions diplomatiques de part et d’autre. Pékin a convoqué l’ambassadeur du Japon, jugeant les propos de Sanae Takaichi « extrêmement graves ». Tokyo a répliqué en convoquant l’ambassadeur de Chine, après une menace jugée « extrêmement inappropriée » du consul général chinois à Osaka.

Taïwan au cœur des tensions

La question de Taïwan est sensible et historique. Située à seulement une centaine de kilomètres d’une île japonaise, l’île est revendiquée par la Chine, qui menace d’utiliser la force pour la placer sous son contrôle. Le Japon ne peut intervenir militairement que dans certaines conditions, notamment en cas de menace existentielle. Historiquement, Taïwan avait été sous domination japonaise de 1895 à 1945 avant d’être rétrocédée à la Chine.

Appel à la stabilité

Malgré l’escalade, Tokyo maintient sa position. Le gouvernement japonais a déclaré que sa ligne sur Taïwan restait « inchangée » et prône « la paix et la stabilité ». Néanmoins, le secrétaire général du gouvernement, Minoru Kihara, a regretté la mise en garde chinoise, la jugeant « en contradiction avec la promotion d’une relation stratégique et mutuellement bénéfique » entre les deux pays.