À l’heure où la saison estivale 2025 s’achève, le réseau Gîtes de France affiche un bilan flatteur, entre fréquentation en hausse dans certains territoires, stabilité à l’échelle nationale et un anniversaire symbolique marquant ses 70 ans d’existence.
Une saison historique dans le Puy-de-Dôme
Dans le département auvergnat, l’été est qualifié d’« historique ». Gîtes de France Puy-de-Dôme a enregistré 9 238 semaines louées, soit une progression de 11 % par rapport à 2024. Le chiffre d’affaires a bondi de 18 % pour atteindre près de 7 millions d’euros, avec un mois d’août particulièrement dynamique (+20 %).
Le succès s’explique autant par l’attrait croissant des voyageurs pour la destination que par l’adaptabilité du réseau, qui a renforcé son offre avec de nouveaux hébergements : 24 gîtes en service professionnels, 123 en service collaboratif et 12 maisons d’hôtes supplémentaires cette année. Autant d’ouvertures qui permettent de répondre à la tendance des réservations de dernière minute, désormais monnaie courante.
Pour se démarquer des plateformes concurrentes, Gîtes de France mise aussi sur une stratégie de services : conciergerie sur-mesure pour les propriétaires, partenariat avec le CPIE pour valoriser les hébergements écoresponsables, ou encore la plateforme locale JemJemGo, qui met en avant producteurs et activités authentiques.
Une fréquentation globalement stable en France
À l’échelle nationale, la fréquentation estivale s’est maintenue à un haut niveau avec un taux d’occupation moyen de 86 %. En juillet, 82 % des hébergements étaient occupés, un chiffre qui a grimpé à 90 % en août. Certaines régions ont particulièrement tiré leur épingle du jeu, comme la Normandie et les Hauts-de-France (+6 points chacun), ou encore la Corse.
Ce succès illustre une tendance de fond : la recherche de destinations « à la fraîche », loin des épisodes caniculaires. La « coolcation », contraction de « cool » et « vacation », confirme son essor.
Côté clientèle, un vacancier sur cinq est étranger, principalement européen (Belges, Suisses, Allemands en tête), preuve de l’attractivité croissante du tourisme rural de proximité.
« Nous occupons une place unique dans le paysage touristique français. Nous souhaitons continuer à affirmer cette position », déclarait au printemps Solange Escure, directrice générale de la Fédération nationale des Gîtes de France.
Un label septuagénaire toujours en mouvement
Créé en 1955, le réseau Gîtes de France souffle cette année ses 70 bougies. Né de l’idée d’Émile Aubert, sénateur des Basses-Alpes, qui souhaitait redonner vie aux maisons de campagne abandonnées, il s’est progressivement imposé comme le pionnier de l’accueil chez l’habitant.
Le premier gîte rural a vu le jour en 1951 à La Javie (Alpes-de-Haute-Provence), transformant une grange en hébergement pour citadins en quête de nature. « L’idée était tellement novatrice qu’elle perdure 70 ans après », souligne Solange Escure.
Depuis, le réseau s’est structuré avec un système de classement en épis (de 1 à 5), le lancement de concepts comme les Gîtes Panda en 1993, puis l’écogîte en 2007. Avec plus de 55 000 hébergements et 42 000 propriétaires adhérents, dont 84 % situés en milieu rural, Gîtes de France reste aujourd’hui une référence incontournable.
« Partage, convivialité et authenticité », rappelle la directrice, sont les valeurs fondatrices qui guident toujours l’association. Une philosophie qui séduit plus de 5 millions de vacanciers par an, dont une large majorité de Français, mais aussi une clientèle étrangère fidèle.
Entre tradition et innovation
Des cabanes dans les arbres aux roulottes, des maisons paysannes rénovées aux péniches aménagées, le réseau conjugue patrimoine, confort et expériences insolites. Son évolution graphique, du coq des années 1950 à l’actuel logo stylisé incarnant l’accueil, traduit aussi cette volonté d’allier tradition et modernité.
Pour ses 70 ans, Gîtes de France peut se targuer d’avoir su rester fidèle à son ADN tout en se réinventant face aux nouveaux usages du voyage : séjours écoresponsables, réservations tardives, ou encore quête d’authenticité. Un équilibre qui lui permet de s’affirmer, été après été, comme un acteur clé du tourisme français.




