Tourisme durable

Édimbourg : une taxe de séjour inédite dès 2026, les voyageurs devront payer un peu plus

Publié le

Rédigé par Salomé

Partir à Édimbourg, la capitale de l’Écosse, coûtera bientôt un peu plus cher. Dès juillet 2026, la ville mettra en place une taxe de séjour de 5 % sur toutes les nuitées, qu’il s’agisse d’un hôtel, d’un Airbnb ou d’un bed & breakfast. Une première pour le Royaume-Uni, qui suit ainsi la voie de nombreuses destinations européennes comme Amsterdam ou Venise.


Une mesure pour financer la ville face au tourisme de masse

Chaque année, Édimbourg accueille plus de deux millions de visiteurs, dont plus de 100 000 Français, et jusqu’à quatre millions pendant la saison des festivals et de Noël. Cette affluence génère une pression importante sur les infrastructures locales. Les autorités souhaitent donc que cette taxe permette de verser une part des revenus du tourisme à une communauté qui subit quotidiennement les travers de ce tourisme de masse.

Avec un tarif fixé à 5 %, la capitale écossaise espère récolter près de 50 à 60 millions d’euros par an. L’argent récolté servira à améliorer la propreté, les infrastructures publiques et, potentiellement, à soutenir les institutions culturelles locales.
Le guide touristique Fraser H. abonde dans ce sens : « On manque cruellement de toilettes publiques, et nous devons améliorer la propreté de la ville. Peut-être que certaines institutions culturelles profiteront de la taxe. Mais c’est sûr, la ville a besoin de plus d’argent. »

Une décision qui divise voyageurs et commerçants

Sur le terrain, les avis sont partagés. Dans une ville où il est déjà difficile de trouver une chambre d’hôtel à moins de 150 ou 200 euros, certains touristes redoutent une dépense supplémentaire.
« Je ne suis pas pour, mais ça dépend où va l’argent », explique l’une d’elles. D’autres se montrent plus compréhensifs : « Il est important de maintenir les infrastructures. Les touristes représentent une nuisance pour les habitants, alors c’est normal de payer notre part. » Un troisième relativise : « C’est déjà cher, donc un peu plus, un peu moins… »

Du côté des professionnels, les inquiétudes sont réelles. Certains craignent que cette taxe nuise au commerce, notamment pour les visiteurs britanniques, qui représentent sept touristes sur dix. Leon T., directeur de la branche écossaise du syndicat UK Hospitality, s’inquiète : « Pour les touristes étrangers, ça n’aura certainement pas d’impact. Mais pour les touristes « domestiques », c’est très différent : on subit ici une grosse perte du pouvoir d’achat, alors les gens viennent avec un budget fixe. Soit ils renonceront à venir, soit ils dépenseront moins dans les restaurants par exemple. »

Le syndicat plaide d’ailleurs pour un forfait fixe, plus simple à gérer administrativement qu’un pourcentage sur la nuitée.

Un mouvement qui gagne tout le Royaume-Uni

L’Écosse a été la première région du Royaume-Uni à autoriser ses municipalités à instaurer une taxe de séjour, ouvrant la voie à d’autres initiatives. Glasgow et Aberdeen prévoient de suivre dès 2027, tandis que le Pays de Galles prépare un projet de loi similaire incluant un système de licences pour les hébergements touristiques.
Dans les îles Orcades, les autorités envisagent même une taxe par passager de croisière, un sujet sensible dans une région qui a accueilli plus d’un million de croisiéristes l’an dernier.

En Angleterre, la tendance commence à poindre, bien que les pouvoirs locaux restent limités. Manchester applique déjà un dispositif restreint dans sa zone d’activité, et le Lake District, très fréquenté, étudie une mesure comparable pour son parc national.

Vers un tourisme plus durable ?

Avec cette nouvelle taxe, Édimbourg souhaite s’inscrire dans une logique de tourisme durable, où visiteurs et habitants cohabitent plus harmonieusement. La ville espère ainsi trouver un équilibre entre accueil et préservation.
Reste à voir si cette mesure, encore inédite outre-Manche, sera bien acceptée par les voyageurs… et si elle fera école ailleurs au Royaume-Uni.