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Après les incendies, le tourisme reprend en Gironde malgré un été fortement perturbé

Publié le

Rédigé par Salomé

Le gigantesque incendie qui a ravagé plus de 42 000 hectares en Gironde à partir du 22 juillet a durement affecté l’activité touristique. Fréquentation en baisse, annulations et fermetures ont marqué la fin juillet et le début du mois d’août. Mais à la mi-août, les réservations repartent sur le littoral, notamment à Lacanau, laissant entrevoir un redressement pour la fin de saison.


Un été lourdement affecté par les incendies

L’incendie qui s’est déclaré le 22 juillet en Gironde a rapidement dépassé le seul enjeu environnemental. Avec plus de 42 000 hectares parcourus par les flammes et environ 220 000 personnes évacuées, le sinistre a profondément perturbé l’activité économique du département, en particulier dans les territoires touristiques.

Entre le début du feu et la mi-août, la fréquentation touristique girondine a ainsi diminué d’environ 50 % par rapport à la même période de l’année précédente, selon le Medef et la Chambre de commerce et d’industrie de Gironde. La chute a été particulièrement brutale durant les deux premières semaines de l’incendie, lorsque les autorités ont appelé les vacanciers à quitter les secteurs concernés ou à reporter leur séjour.

Les professionnels ont alors fait face à une vague d’annulations et à des départs anticipés. Certains établissements ont également dû fermer temporairement. À Bordeaux comme dans le Médoc, l’impact sur les réservations a été considérable. Une hôtelière citée par franceinfo évoque ainsi une baisse de 60 % de son portefeuille à Bordeaux et de 63 % à Pauillac. Dans cette dernière destination, son établissement ne comptait que six chambres réservées pour le 15 août, contre 40 un an plus tôt.

À Lacanau, les vacanciers commencent à revenir

Quelques semaines après le début de la crise, le paysage est toutefois plus encourageant sur le littoral médocain. À Lacanau, le taux d’occupation atteignait 86 % pour le week-end du 15 août. À l’échelle de la destination Médoc Atlantique, qui rassemble 13 communes, il affichait également 86 % durant la semaine du 8 août.

Ce redressement s’explique notamment par le retour des réservations de dernière minute. Les professionnels constatent une amélioration des taux d’occupation d’une semaine à l’autre, alors que l’été semblait particulièrement compromis quelques semaines auparavant.

Le phénomène reste néanmoins fragile. Pour la semaine du 29 août, le taux d’occupation prévu dans la destination tombe à 29 %, dans un contexte marqué par la rentrée scolaire. Hébergeurs, restaurateurs et écoles de surf espèrent donc pouvoir compter sur une clientèle de proximité et sur les adeptes des courts séjours afin de prolonger la saison.

Un département loin d’avoir été entièrement touché

Les professionnels du tourisme s’efforcent également de rappeler l’étendue géographique relativement limitée des zones directement touchées par les flammes. Le feu a parcouru moins de 4 % du département, laissant 96 % de la Gironde intacte.

Le territoire de Médoc Atlantique a lui-même été largement épargné. Les communes de la destination n’ont pas été directement touchées par les incendies, à l’exception d’environ 3 000 hectares brûlés à Lacanau, à une quinzaine de kilomètres de Lacanau-Océan.

La proximité avec Le Porge, durement touché par le sinistre, a toutefois exposé une partie du secteur aux fumées. À Lacanau, les hébergements collectifs ont notamment été évacués pendant quatre jours en juillet par mesure de précaution. Les emplacements saisonniers n’avaient, eux, pas été concernés par ces évacuations.

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Cette situation alimente aujourd’hui le discours des professionnels, qui cherchent à rassurer les visiteurs sur les conditions d’accueil. La qualité de l’air et des eaux de baignade fait notamment l’objet d’une attention particulière, alors que certains marchés étrangers, notamment la clientèle allemande, restent sensibles aux conséquences environnementales des incendies.

Les transports ont également été perturbés

Les conséquences du sinistre ne se sont pas limitées aux hébergements et aux activités touristiques. Les déplacements ont eux aussi été affectés pendant la période des incendies.

La liaison TGV entre Paris et Bordeaux ainsi que l’aéroport de Bordeaux-Mérignac ont continué à fonctionner normalement. En revanche, la circulation ferroviaire a été interrompue au-delà de Bordeaux sur plusieurs axes, notamment vers Arcachon, Hendaye et Tarbes. Certains itinéraires routiers ont également connu des perturbations.

Ces difficultés ont contribué à compliquer les déplacements au moment même où les professionnels avaient besoin de maintenir les arrivées de visiteurs.

Des conséquences économiques importantes

Le recul de la fréquentation représente un choc pour une économie locale fortement dépendante du tourisme. Selon la CCI de Gironde, le secteur représente entre 7 et 10 % du PIB de la Nouvelle-Aquitaine et génère environ 3,8 milliards d’euros de retombées économiques sur le territoire. Près de 40 000 emplois dépendent directement de cette activité.

D’après le Medef et la CCI, au moins 27 000 salariés ont par ailleurs demandé à bénéficier du chômage partiel à la suite de l’incendie. Le gouvernement a annoncé début août la prise en charge intégrale des indemnités d’activité partielle pour les salariés des TPE et PME situées dans les zones évacuées en Gironde et dans les Landes.

Le patronat girondin estime toutefois que ce dispositif doit être élargi et réclame notamment une prise en charge à 100 % du chômage partiel pour l’ensemble des entreprises concernées, ainsi que la mise en place de prêts garantis par l’État.

Les collectivités bénéficient également d’un soutien financier, avec une enveloppe de 300 000 euros destinée aux travaux urgents.

Une arrière-saison décisive pour les professionnels

Après le choc de la fin juillet, les indicateurs montrent donc une amélioration progressive. Le président du Medef Gironde évoquait à la mi-août un « presque retour à la normale », avec une baisse désormais limitée à 3 à 5 % ces derniers jours, très loin du recul observé au plus fort de la crise.

Pour accompagner ce retour des visiteurs, le comité régional du tourisme a lancé début août une campagne de communication destinée à rappeler que la Gironde reste une destination touristique accessible. L’objectif est désormais de rassurer les voyageurs et de limiter les effets durables de l’image laissée par le gigantesque incendie.

La saison estivale n’est donc pas totalement perdue, mais son bilan restera contrasté. Après quinze jours particulièrement difficiles, le littoral médocain bénéficie d’un regain de réservations qui pourrait se poursuivre à la faveur des séjours de dernière minute.

L’enjeu sera désormais de transformer ce frémissement en véritable reprise pendant l’arrière-saison. À Lacanau comme dans les autres stations du Médoc, les professionnels comptent notamment sur les visiteurs proches de leur lieu de résidence et sur les courts séjours pour prolonger l’activité au-delà du pic estival.

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