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Venise pourrait faire grimper sa taxe touristique à 30 € pour freiner les visiteurs à la journée

Publié le

Rédigé par Arthur

À Venise, le dispositif imaginé pour réguler le surtourisme pourrait franchir un nouveau cap. Après avoir instauré en 2024 un droit d’entrée pour les visiteurs à la journée, la municipalité envisage désormais de porter son tarif maximal à 30 € en 2027. Une hausse destinée à rendre le dispositif davantage dissuasif dans les périodes de forte affluence, alors que la cité lagunaire continue d’attirer les couples du monde entier.


Un tarif pouvant atteindre 30 € en 2027

La municipalité de Venise souhaite revoir à la hausse le montant demandé à certains touristes qui visitent la ville sans y passer la nuit. Actuellement compris entre 5 et 10 €, ce droit d’entrée pourrait atteindre 30 € à partir de 2027.

Michele Zuin, conseiller municipal chargé du budget et de la fiscalité, a expliqué que le tarif actuel était devenu trop accessible pour remplir pleinement son objectif. L’idée n’est donc pas de supprimer le tourisme, essentiel à l’économie locale, mais d’inciter une partie des visiteurs à éviter les journées les plus chargées.

Une hypothèse allant jusqu’à 50 € a également été évoquée par l’élu. À ce stade, toutefois, le montant de 30 € semble constituer l’option privilégiée. Toute modification du dispositif devra encore être discutée et approuvée avec le gouvernement italien.

Un dispositif progressivement renforcé depuis 2024

Venise a instauré ce droit d’accès en 2024, une première à l’échelle mondiale. La mesure concerne uniquement les visiteurs à la journée : les voyageurs qui séjournent dans un hébergement de la ville en sont exemptés, puisqu’ils s’acquittent déjà de la taxe de séjour.

Le fonctionnement du système a évolué au fil des années. Lors de sa première mise en place, le tarif était fixé à 5 € et concernait 29 journées réparties entre avril et juillet. En 2025, le montant pouvait atteindre 10 € pour les visiteurs réservant tardivement, tandis que le nombre de jours concernés augmentait.

En 2026, le dispositif s’appliquait sur 60 journées, du 3 avril au 26 juillet, entre 8 h 30 et 16 h. Les personnes réservant suffisamment tôt pouvaient bénéficier du tarif réduit. Certaines catégories de visiteurs, notamment les enfants de moins de 14 ans, bénéficiaient par ailleurs d’exemptions.

Cette tarification variable doit ainsi pousser les visiteurs à anticiper leur venue et, potentiellement, à choisir des dates moins fréquentées.

vue de Venise

Plus de 5 millions d’euros collectés en 2026

Au-delà de son objectif de régulation, le système représente également une nouvelle source de recettes pour la ville. En 2026, près de 680 000 billets d’entrée ont été vendus, générant plus de 5,2 millions d’euros.

Ces chiffres ne signifient toutefois pas que le dispositif a permis de réduire suffisamment la fréquentation. C’est précisément le constat avancé par les autorités vénitiennes pour justifier une nouvelle évolution du tarif.

Pour la municipalité, payer quelques euros supplémentaires ne constitue manifestement plus un frein suffisant pour une partie des voyageurs effectuant une excursion d’une journée. Une hausse beaucoup plus importante pourrait donc être utilisée pour modifier les comportements, notamment lors des périodes où la pression touristique est la plus forte.

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Une ville confrontée à une fréquentation massive

Le débat dépasse largement la question du prix du billet. Venise est confrontée depuis plusieurs années aux conséquences d’une fréquentation touristique particulièrement importante, alors même que sa population permanente diminue.

Lors des pics d’affluence, la ville peut accueillir jusqu’à 100 000 touristes sur une même journée, auxquels s’ajoutent les nombreux visiteurs qui y séjournent. Le contraste est particulièrement marqué avec la population résidente du centre historique, qui se situe autour de 50 000 habitants selon les chiffres cités dans les sources.

Cette situation alimente les préoccupations concernant les conditions de vie des Vénitiens, mais aussi la pression exercée sur les espaces publics et les infrastructures de la ville.

Le tourisme reste pourtant incontournable pour l’économie locale. L’objectif affiché par les autorités n’est donc pas de faire disparaître les visiteurs, mais de mieux répartir leur présence dans le temps et d’atténuer les pics de fréquentation.

Les visiteurs à la journée au cœur du dispositif

Le choix de cibler les excursionnistes n’est pas anodin. Ces voyageurs arrivent souvent pour quelques heures avant de repartir, sans passer la nuit sur place. Ils échappent ainsi à la taxe de séjour acquittée par les touristes hébergés à Venise.

Avec un tarif variable selon la période et le moment de la réservation, la municipalité cherche à encourager une autre manière de découvrir la ville : privilégier les périodes moins chargées ou planifier son séjour suffisamment tôt.

Une éventuelle hausse à 30 € rendrait en revanche les visites improvisées nettement plus coûteuses. Elle pourrait particulièrement modifier l’équation économique d’une excursion d’une seule journée.

Le dispositif soulève toutefois une autre question : une taxe plus élevée constitue-t-elle réellement un moyen efficace de réduire la pression touristique, ou risque-t-elle surtout d’écarter les visiteurs disposant du budget le plus limité ? Les autorités vénitiennes présentent pour leur part cette expérimentation comme un outil de gestion des flux plutôt que comme une volonté de fermer la ville au tourisme.

Venise, un laboratoire face au surtourisme

Avec son droit d’entrée, la cité des Doges expérimente une méthode encore rare pour tenter de contrôler les conséquences de la surfréquentation touristique. Après trois années de mise en œuvre progressive, la municipalité estime désormais nécessaire d’en renforcer l’effet dissuasif.

Si le projet est validé pour 2027, les visiteurs à la journée pourraient donc devoir débourser jusqu’à 30 € pour accéder à Venise lors des périodes concernées. Les modalités précises, notamment le nombre de jours d’application et les tarifs définitifs, devront encore être arrêtées.

L’expérience vénitienne pourrait en tout cas continuer à alimenter le débat dans les destinations confrontées au même dilemme : préserver l’attractivité touristique d’un lieu mondialement connu tout en limitant les effets d’une fréquentation devenue difficile à absorber.

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