La Thaïlande précise progressivement les nouvelles règles qui pourraient concerner les voyageurs étrangers. Au cœur des changements annoncés : une contribution touristique de 450 bahts, dont la mise en place est envisagée à partir de 2027, mais aussi le rappel d’une obligation plus ancienne concernant les justificatifs de ressources financières à l’arrivée. Pour l’instant, aucune taxe touristique n’est encore à payer et plusieurs modalités restent à définir.
Une taxe touristique de 450 bahts désormais sur la table
Après plusieurs années de discussions et de reports, le projet de contribution touristique thaïlandaise franchit une nouvelle étape. Le Comité national de la politique touristique a examiné le 14 août 2026 les principes du dispositif et le texte destiné à encadrer sa mise en œuvre.
Le montant envisagé est désormais fixé à 450 bahts par visiteur étranger, soit environ 12 euros. Particularité de cette nouvelle version : le tarif serait identique pour tous les voyageurs concernés, quelle que soit leur façon d’entrer en Thaïlande.
La contribution s’appliquerait ainsi aux arrivées par avion, par voie terrestre et par voie maritime.
Cette formule rompt avec le précédent projet, qui prévoyait une contribution de 300 bahts pour les arrivées aériennes et de 150 bahts pour les voyageurs entrant par la route ou par la mer. Cette première version n’avait finalement jamais été mise en œuvre malgré plusieurs annonces.
Le montant de 450 bahts reste toutefois celui d’un projet. Il ne s’agit pas d’une taxe actuellement exigée aux frontières thaïlandaises. À noter que ce montant pourra indirectement être payé en cryptomonnaie via un projet dédié.
Une entrée en vigueur envisagée en 2027
Le calendrier présenté par les autorités prévoit une application progressive de la contribution touristique.
Dans un premier temps, les voyageurs arrivant par avion seraient concernés. La collecte débuterait 180 jours après la publication du dispositif définitif dans la Royal Gazette, le journal officiel thaïlandais. Dans le calendrier actuellement évoqué, cette première phase pourrait donc commencer au premier trimestre 2027.
Les arrivées terrestres et maritimes seraient intégrées dans une seconde étape, environ 360 jours après le lancement de la première phase.
Ce décalage doit notamment permettre aux autorités de préparer les dispositifs nécessaires aux postes-frontières et d’éviter d’aggraver les problèmes de congestion dans certains secteurs très fréquentés, notamment à la frontière avec la Malaisie.
Il n’existe donc pas encore de date ferme à laquelle les touristes devront effectivement payer les 450 bahts.
Le projet doit encore être approuvé
Avant son éventuelle entrée en vigueur, le dispositif doit encore franchir plusieurs étapes administratives.
Une consultation publique de 30 jours doit permettre de recueillir les observations du secteur privé et des différentes parties concernées. Le projet sera ensuite réexaminé par le Comité national de la politique touristique avant de poursuivre la procédure gouvernementale, notamment avec une présentation au Conseil des ministres.
La publication du texte définitif dans la Royal Gazette sera ensuite nécessaire pour déclencher le délai de 180 jours précédant la première phase de collecte.
Autrement dit, les voyageurs qui préparent actuellement un séjour en Thaïlande n’ont pas à ajouter 450 bahts à leur budget de voyage au titre de cette taxe.
Comment les voyageurs pourraient-ils payer les 450 bahts ?
Les autorités étudient plusieurs mécanismes pour percevoir la contribution sans compliquer l’arrivée des visiteurs.
Parmi les solutions envisagées figurent une intégration du montant au prix du billet d’avion, un paiement sur un site internet officiel ou via une application mobile, ainsi que le règlement sur une borne en libre-service au point d’entrée.
Le comité chargé de gérer le fonds touristique pourrait également autoriser d’autres moyens de paiement.
La Thailand Digital Arrival Card, ou TDAC, pourrait elle aussi être associée au futur système de perception. Les autorités étudient notamment la possibilité de connecter la contribution au dispositif utilisé pour les formalités d’arrivée.
Cette piste doit cependant être distinguée d’un éventuel paiement de la TDAC elle-même. À ce jour, la carte d’arrivée numérique reste une formalité gratuite. Son éventuelle utilisation comme interface ou comme élément du processus de paiement de la taxe ne signifie donc pas que la TDAC devient payante.
Une contribution qui pourrait couvrir plusieurs entrées
Les autorités cherchent également une solution pour les voyageurs qui franchissent plusieurs fois les frontières thaïlandaises.
L’une des pistes consiste à associer le paiement des 450 bahts à une période de couverture d’assurance. Un voyageur disposant, par exemple, d’une couverture valable pendant un mois pourrait ainsi ne payer la contribution qu’une seule fois et effectuer plusieurs entrées et sorties durant cette période.
Ce mécanisme permettrait notamment d’éviter qu’un même visiteur soit systématiquement soumis à la contribution à chaque passage de frontière.
Pour l’heure, il ne s’agit cependant que d’une possibilité : les modalités précises doivent encore être définies.
À quoi doit servir la taxe touristique ?
Le projet prévoit d’affecter les recettes à un fonds consacré au développement du tourisme thaïlandais.
Une partie des ressources pourrait servir à améliorer les infrastructures et les attractions touristiques, mais aussi à développer de nouvelles expériences destinées aux visiteurs.
La sécurité et la protection des touristes figurent également parmi les objectifs annoncés. Le dispositif doit notamment contribuer au financement d’une couverture d’assurance ou de mécanismes destinés à mieux protéger les voyageurs en matière de santé et de sécurité.
Le fonds pourrait par ailleurs soutenir la recherche, l’organisation de conférences et la formation des professionnels du tourisme. Les précédentes versions du projet envisageaient également de consacrer une partie des recettes à la restauration des environnements affectés par la fréquentation touristique.
L’objectif affiché est ainsi de créer une source de financement supplémentaire pour le secteur sans faire reposer l’ensemble de ces dépenses sur le budget de l’État.
Une autre règle d’entrée à ne pas oublier : les moyens financiers
Parallèlement au projet de taxe touristique, les autorités thaïlandaises ont récemment rappelé une obligation qui, elle, existe déjà : certains voyageurs peuvent être invités à prouver qu’ils disposent de ressources financières suffisantes pour leur séjour.
L’Autorité du Tourisme de Thaïlande a rappelé cette règle en juillet 2026. Il ne s’agit pas d’une nouvelle formalité, mais d’une disposition issue de la réglementation de l’immigration thaïlandaise et susceptible d’être vérifiée lors du passage à la frontière.
Les agents de l’immigration peuvent demander à un voyageur de présenter des liquidités en bahts, l’équivalent dans une autre devise ou des justificatifs attestant de ressources suffisantes.
Mieux vaut donc conserver ces éléments facilement accessibles pendant le contrôle, plutôt que dans un bagage difficilement atteignable.
Quels montants faut-il pouvoir justifier ?
Les montants dépendent notamment du type de visa ou du régime d’entrée utilisé.
Pour certaines catégories d’exemption de visa ainsi que pour les visas de transit prévus par la réglementation, le montant indiqué est de 10 000 bahts par personne ou 20 000 bahts par famille.
Pour un visa à l’arrivée, les mêmes montants sont mentionnés : 10 000 bahts par personne ou 20 000 bahts par famille.
Les titulaires d’un visa touristique ou d’un visa de non-immigrant peuvent, eux, être invités à justifier de 20 000 bahts par personne ou de 40 000 bahts par famille.
Les enfants de moins de 12 ans sont exclus de cette exigence.
Les voyageurs bénéficiant d’une exemption de visa touristique doivent néanmoins vérifier les règles correspondant précisément à leur nationalité et à leur situation, les informations consulaires pouvant préciser les montants applicables.
Les autres formalités d’entrée restent à respecter
La preuve de moyens financiers ne constitue qu’une des conditions susceptibles d’être vérifiées à la frontière.
Les voyageurs doivent également disposer d’un document de voyage valide et respecter les conditions liées à leur visa ou à leur exemption de visa. Une preuve de sortie du territoire, comme un billet de retour ou de continuation, peut aussi être demandée lorsque la réglementation l’exige.
Les informations concernant l’hébergement peuvent également être sollicitées lors du contrôle.
À cela s’ajoute la Thailand Digital Arrival Card, qui doit être remplie en ligne avant l’arrivée en Thaïlande par les voyageurs étrangers concernés. Cette formalité numérique a remplacé la carte d’arrivée papier. Elle ne constitue ni un visa ni une garantie d’admission sur le territoire.
La possession d’un visa, d’un e-Visa, d’une exemption de visa ou d’un visa à l’arrivée ne garantit d’ailleurs pas à elle seule l’entrée dans le pays : la décision finale revient aux agents de l’immigration lors du contrôle frontalier.
Ce qu’il faut retenir avant un voyage en Thaïlande
Pour les prochains voyageurs, deux informations doivent surtout être distinguées.
D’une part, la taxe touristique de 450 bahts est encore à l’état de projet. Elle doit faire l’objet d’une consultation publique puis poursuivre son processus d’approbation avant une éventuelle entrée en vigueur. Si le calendrier actuel est maintenu, les arrivées aériennes pourraient être les premières concernées au début de 2027, suivies plus tard par les arrivées terrestres et maritimes.
D’autre part, l’obligation de pouvoir justifier de ressources financières suffisantes n’est pas nouvelle. Elle peut déjà être appliquée par les services de l’immigration lors de l’arrivée en Thaïlande.
Avant le départ, les voyageurs ont donc intérêt à vérifier les conditions correspondant à leur nationalité et à leur mode d’entrée, à conserver leurs justificatifs financiers à portée de main et à préparer les autres documents susceptibles d’être demandés.
La Thaïlande fait ainsi évoluer progressivement son dispositif d’accueil des visiteurs, avec une nouvelle contribution touristique qui pourrait devenir une réalité en 2027, tandis que certaines règles d’entrée plus anciennes font l’objet d’un rappel auprès des voyageurs.




