L’Afrique du Sud confirme son retour parmi les grandes destinations touristiques mondiales. Porté par l’ouverture de nouvelles liaisons aériennes, le développement des visas électroniques et une stratégie ambitieuse de coopération régionale, le pays a enregistré une nette hausse des arrivées internationales en 2025 et au début de l’année 2026. Mais derrière cette dynamique se cachent aussi de nouvelles tensions, notamment au Cap, confronté à une explosion des locations touristiques de courte durée et à une flambée des prix de l’immobilier.
Une forte reprise du tourisme international en Afrique du Sud
Le tourisme sud-africain poursuit sa progression après plusieurs années de reprise post-pandémie. Selon les chiffres présentés lors du discours sur le budget national au Cap, l’Afrique du Sud a accueilli 10,5 millions de visiteurs internationaux en 2025. Le premier trimestre 2026 a, lui, enregistré plus de 2,9 millions d’arrivées, soit une hausse annuelle de 12,6 %.
Les grandes destinations du pays, comme Le Cap, Johannesburg ou Durban, continuent d’attirer des voyageurs venus d’Europe, d’Amérique du Nord, du Moyen-Orient ou encore d’Asie. Les safaris, les routes panoramiques, le tourisme côtier et les expériences culturelles demeurent les principaux moteurs de cette attractivité.
Le secteur du tourisme joue également un rôle majeur dans l’économie nationale. Il soutient désormais près de 954 000 emplois directs, soit environ un emploi sur dix-huit dans le pays. Les autorités sud-africaines estiment même que treize touristes internationaux suffisent à créer ou maintenir un emploi lié au tourisme.
La mise en place de visas électroniques
Parmi les principaux leviers de cette croissance figure le développement du système d’autorisation de voyage électronique. Désormais accessible aux voyageurs provenant notamment de Chine, d’Inde, d’Indonésie et du Mexique, cette plateforme numérique permet d’effectuer les démarches de visa directement en ligne.
Les professionnels du secteur considèrent cette simplification administrative comme un atout stratégique dans un contexte de forte concurrence entre destinations internationales. Les voyageurs privilégient de plus en plus les pays offrant des procédures rapides et simplifiées.
Des vols directs plus présents
En parallèle, l’Afrique du Sud améliore sa connectivité aérienne. Une route directe entre Le Cap et l’île Maurice a récemment été lancée. Air Europa envisage également l’ouverture de vols directs entre Madrid et Johannesburg.
Ces nouvelles connexions devraient renforcer les flux touristiques depuis l’Europe, l’Australie et l’océan Indien, tout en favorisant le développement de nouveaux circuits multi-destinations combinant villes, safaris et littoral sud-africain.
Durban au cœur des ambitions touristiques africaines
La dynamique sud-africaine s’inscrit aussi dans une stratégie régionale plus large. Du 11 au 14 mai 2026, Durban a accueilli l’Africa’s Travel Indaba 2026, considéré comme le plus important salon professionnel du tourisme de loisirs du continent africain.
L’événement a notamment été marqué par la signature d’un protocole d’accord entre l’Afrique du Sud et Maurice visant à renforcer leur coopération touristique. L’accord prévoit des échanges d’expertise dans plusieurs domaines, notamment le tourisme durable, le tourisme médical et le secteur des croisières.
Les deux pays souhaitent également faciliter les déplacements des visiteurs, développer les formations professionnelles et partager davantage de données touristiques.
Pour Pretoria comme pour Port-Louis, ce rapprochement illustre une volonté commune de renforcer l’attractivité du continent africain et de développer des partenariats régionaux dans un secteur jugé stratégique pour l’emploi et la croissance économique.
Le Cap confronté aux effets du surtourisme
Mais cette croissance touristique rapide soulève aussi des inquiétudes, particulièrement au Cap. La ville sud-africaine fait face à une explosion des locations de courte durée via Airbnb depuis la fin de la pandémie.
Le nombre d’annonces y aurait augmenté de près de 92 % depuis 2019, dépassant désormais les 26 000 logements proposés. Selon plusieurs médias internationaux, environ 70 % du centre-ville seraient aujourd’hui occupés par des hôtels ou des locations touristiques de courte durée.
Cette situation accentue la pression sur le marché immobilier local. En six ans, les prix auraient augmenté de 38 %, poussant de nombreux habitants à s’éloigner du centre-ville et des zones côtières les plus recherchées.
Face à cette situation, la municipalité du Cap envisage désormais de taxer certains logements Airbnb comme des activités commerciales lorsque ceux-ci sont loués une grande partie de l’année. Une mesure qui pourrait entraîner une forte hausse des charges pour les propriétaires.
Les autorités locales tentent ainsi de trouver un équilibre entre attractivité touristique et préservation du logement pour les habitants. Un défi devenu central dans plusieurs grandes destinations mondiales confrontées à la montée du surtourisme et à l’essor des locations de courte durée.
Une industrie stratégique pour l’avenir du pays
Malgré ces tensions, l’Afrique du Sud continue d’afficher de grandes ambitions pour son industrie touristique. Le pays vise désormais 15 millions de visiteurs internationaux par an et souhaite porter les dépenses touristiques internationales à plus de 115 milliards de rands.
Les autorités espèrent également développer davantage le tourisme intérieur, qui représente déjà un pilier essentiel du secteur. Les voyageurs sud-africains ont dépensé plus de 111 milliards de rands en voyages domestiques, soit davantage que les visiteurs internationaux sur la même période.
Entre investissements dans les infrastructures, développement des liaisons aériennes, modernisation des visas et coopération régionale, l’Afrique du Sud entend consolider sa position parmi les principales puissances touristiques du continent africain.




