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Tourisme : les États-Unis enregistrent leur pire recul depuis la pandémie

Publié le

Rédigé par Romane

Les États-Unis traversent une crise touristique inattendue. Alors que le tourisme mondial continue de rebondir fortement après la pandémie, le pays enregistre en 2025 sa plus forte baisse annuelle de visiteurs étrangers depuis le Covid-19. Derrière ces chiffres préoccupants, les professionnels du secteur pointent un mélange de tensions politiques, de perception négative à l’international et de hausse des coûts qui pousse de nombreux voyageurs à privilégier d’autres destinations.


Les États-Unis enregistrent une chute historique du tourisme international

Les nouvelles données publiées pour l’année 2025 confirment une tendance qui inquiétait déjà les acteurs du secteur depuis plusieurs mois : les visiteurs internationaux ont été nettement moins nombreux à se rendre aux États-Unis.

Selon les chiffres relayés par CNN et plusieurs organismes spécialisés, près de 4 millions de touristes étrangers de moins ont visité le pays par rapport à 2024. La baisse atteint 5,5 % sur un an, soit le recul le plus important observé depuis près de vingt ans, hors période exceptionnelle de la pandémie en 2020.

Cette diminution dépasse même celle enregistrée lors de la crise financière mondiale de 2008. Dans le même temps, les dépenses des visiteurs étrangers ont chuté de plus de 8 milliards de dollars malgré une hausse des dépenses moyennes par voyageur.

Le contraste avec le reste du monde est particulièrement marqué. En 2025, le tourisme international a continué de progresser à l’échelle mondiale, avec environ 80 millions de voyageurs supplémentaires par rapport à l’année précédente. Beaucoup ont simplement choisi d’éviter les États-Unis.

Une image du pays qui inquiète de nombreux voyageurs

Pour les analystes, cette baisse ne s’explique ni par une catastrophe sanitaire ni par une crise économique mondiale, mais davantage par des facteurs politiques et géopolitiques.

Les voyageurs interrogés évoquent plusieurs éléments : tensions politiques internes, discours présidentiels jugés clivants, politique migratoire stricte, raids de l’ICE, violences relayées dans les médias internationaux ou encore sentiment d’instabilité générale.

Juliette K., spécialiste de la sécurité nationale à Harvard et analyste pour CNN, estime que les États-Unis perdent progressivement leur « soft power », cette capacité d’influence basée sur leur image, leur culture et leurs valeurs.

Selon elle, de nombreux étrangers associent désormais le pays à un gouvernement dysfonctionnel, à des tensions sociales et à une atmosphère politique conflictuelle. Une perception qui pourrait avoir des conséquences durables sur l’attractivité touristique américaine.

Des coûts et des mesures qui découragent les visiteurs

Au-delà de l’image du pays, plusieurs obstacles pratiques sont également pointés du doigt par les professionnels du tourisme.

Les voyageurs internationaux se disent notamment déstabilisés par :

  • les discussions autour d’une éventuelle taxe de 250 dollars sur certains visas ;
  • les rumeurs concernant la collecte étendue des données sur les réseaux sociaux ;
  • la hausse des prix des billets d’avion liée aux tensions au Moyen-Orient ;
  • les politiques tarifaires et les conflits commerciaux menés par Washington.

Adam S., président du cabinet Tourism Economics, critique des mesures qu’il juge contre-productives. Selon lui, certaines politiques destinées à générer davantage de revenus finissent par coûter beaucoup plus cher à l’économie américaine dans son ensemble.

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Le World Travel and Tourism Council estime ainsi que les dépenses touristiques internationales ont diminué de 8,4 milliards de dollars en 2025 après ajustement de l’inflation et des taux de change. Tourism Economics avance même que le manque à gagner réel pourrait atteindre jusqu’à 25 milliards de dollars par rapport aux projections initiales de croissance.

Les Canadiens en première ligne du recul touristique

La baisse des visiteurs venus du Canada représente la part la plus importante du recul enregistré cette année.

Si les arrivées ont également diminué depuis des pays comme la France, l’Allemagne, l’Inde, l’Australie ou la Chine, les Canadiens ont été les plus nombreux à renoncer aux voyages aux États-Unis.

Plusieurs raisons expliquent cette tendance : tensions diplomatiques, guerre commerciale, débats autour de la souveraineté canadienne ou désaccords politiques plus larges.

Certains voyageurs disent aussi vouloir éviter des discussions politiques devenues pesantes pendant leurs vacances. D’autres affirment ne plus se reconnaître dans l’image actuelle des États-Unis.

Des données issues de l’analyse des téléphones mobiles montrent même une chute pouvant atteindre 42 % des visites canadiennes dans certaines grandes métropoles américaines.

Les professionnels du tourisme déjà fragilisés

Dans plusieurs destinations touristiques américaines, les conséquences économiques sont déjà visibles.

À Seattle, Los Angeles ou Orlando, de nombreux opérateurs touristiques constatent une forte baisse des réservations internationales, notamment en provenance du Canada.

À Santa Monica, en Californie, l’entrepreneur Adam D. explique que son chiffre d’affaires est tombé à moins de la moitié des niveaux d’avant-pandémie. Face à cette situation, il a dû licencier l’ensemble de ses sept employés.

Le professionnel évoque également les effets des incendies de Los Angeles et des images de manifestations liées aux opérations de l’ICE, parfois perçues à l’étranger comme touchant toute la ville.

La Floride figure aussi parmi les États les plus affectés. Très dépendant des visiteurs internationaux, notamment des voyageurs venus fuir l’hiver canadien, l’État observe un net ralentissement de la fréquentation étrangère.

Même Walt Disney World a reconnu un recul des visiteurs internationaux et une baisse du taux d’occupation de ses hôtels lors de ses derniers résultats trimestriels.

Une reprise qui pourrait prendre plusieurs années

Quelques signes d’amélioration commencent néanmoins à apparaître. Les voyages en voiture depuis le Canada ont légèrement progressé au printemps 2026, une première depuis plus d’un an.

Mais les experts restent prudents. Le National Travel and Tourism Office estime que les arrivées internationales ne retrouveront probablement pas leur niveau d’avant-pandémie avant 2029.

Le secteur appelle désormais les autorités américaines à réinvestir dans la promotion touristique du pays, notamment via l’organisme Brand USA, dont les financements ont été réduits.

Les grands événements à venir, comme la Coupe du monde de football de la FIFA, devraient temporairement soutenir la fréquentation. Toutefois, de nombreux analystes considèrent que cela ne suffira pas à compenser les pertes enregistrées en 2025.

Dans un contexte de concurrence mondiale toujours plus forte entre destinations, les États-Unis semblent désormais confrontés à un défi majeur : restaurer à la fois leur attractivité touristique et leur image auprès des voyageurs internationaux.

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