Après plusieurs mois marqués par les incertitudes régionales, le tourisme jordanien montre des signes de reprise. Les revenus touristiques ont bondi de 24,9 % en juillet 2026, permettant au pays de presque effacer le léger recul enregistré depuis le début de l’année. Mais derrière ce redressement se cachent des évolutions très contrastées selon les marchés touristiques.
Les recettes touristiques jordaniennes repartent à la hausse
La Jordanie a enregistré un net rebond de ses revenus touristiques en juillet. Selon les données préliminaires de la Banque centrale de Jordanie, les recettes générées par le secteur ont atteint 926,2 millions de dollars au cours du mois, soit une progression de 24,9 % sur un an.
Cette amélioration permet de réduire fortement le recul observé depuis le début de 2026. Sur les sept premiers mois de l’année, les revenus touristiques s’établissent à 4,418 milliards de dollars, soit une baisse limitée à 0,2 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Le résultat est d’autant plus notable que le secteur touristique jordanien a évolué dans un environnement particulièrement difficile au cours du premier semestre. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont affecté les déplacements internationaux, avec notamment des annulations de vols et une baisse de la demande touristique.
Des marchés touristiques aux évolutions très contrastées
Derrière la stabilité globale des recettes, la fréquentation en provenance des différents marchés affiche des écarts importants.
Les visiteurs issus des pays arabes constituent l’un des principaux moteurs de la progression. Les revenus générés par cette clientèle ont augmenté de 12,8 % au cours des sept premiers mois de 2026. Les touristes asiatiques ont également contribué à soutenir l’activité, avec une hausse de 3,9 % des revenus associés à ce marché.
La situation est en revanche beaucoup plus difficile pour plusieurs autres clientèles internationales. Les revenus liés aux ressortissants américains ont diminué de 20,6 % depuis le début de l’année, tandis que ceux provenant des nationalités européennes ont reculé de 24,7 %.
Le repli atteint même 39,7 % pour les autres nationalités. Les revenus issus des Jordaniens résidant à l’étranger ont, pour leur part, diminué de 8,9 %.
Ces chiffres illustrent une reprise encore inégale, davantage portée par les marchés régionaux et asiatiques que par les clientèles occidentales.
Les tensions régionales pèsent toujours sur le secteur
Le redressement enregistré en juillet intervient dans un contexte régional compliqué. Le tourisme au Moyen-Orient a été affecté par les tensions et les conflits, qui ont perturbé les liaisons aériennes et pesé sur la confiance des voyageurs.
En mars, les professionnels jordaniens du voyage avaient qualifié la situation de crise « sans précédent » pour le secteur, notamment en raison des nombreuses annulations de vols et de l’affaiblissement de la demande.
Les perturbations ne concernent d’ailleurs pas uniquement la Jordanie. Selon les données d’ONU Tourisme, les arrivées de touristes internationaux dans l’ensemble du Moyen-Orient ont diminué de 14 % au premier trimestre 2026. Les conséquences du conflit se sont également traduites par une réduction des capacités aériennes et une hausse des coûts liés au carburant, contribuant à renchérir les billets d’avion.
Dans ce contexte, la progression enregistrée par la Jordanie en juillet apparaît comme un signal encourageant, même si la situation reste dépendante de l’évolution du contexte géopolitique.
Une région touristique aux trajectoires divergentes
Les performances de la Jordanie s’inscrivent dans un paysage régional contrasté. Certains marchés parviennent à maintenir une dynamique positive malgré les difficultés rencontrées par le tourisme au Moyen-Orient.
En Oman, par exemple, le nombre de visiteurs internationaux a progressé de 3,4 % en juillet sur un an, pour atteindre 362 296 arrivées. Les établissements hôteliers classés de trois à cinq étoiles ont également enregistré une hausse de 11,3 % de leurs revenus au cours des sept premiers mois de l’année.
L’Égypte affiche une dynamique encore plus favorable. Le pays a accueilli 6,1 millions de touristes au cours des quatre premiers mois de 2026, soit 7 % de plus qu’un an auparavant. Les recettes touristiques égyptiennes ont également progressé de 14,9 % au cours des neuf premiers mois de l’exercice fiscal, pour atteindre environ 14,4 milliards de dollars.
Ces performances montrent que les conséquences des tensions régionales ne sont pas uniformes. Certains pays parviennent à attirer davantage de visiteurs, tandis que d’autres subissent plus directement les perturbations des liaisons aériennes et les changements dans les comportements de voyage.
Les dépenses touristiques des Jordaniens restent en baisse
Les données de la Banque centrale apportent également un éclairage sur les dépenses touristiques effectuées à l’étranger par les Jordaniens et les résidents.
En juillet, ces dépenses ont légèrement augmenté de 0,3 %, atteignant 248,1 millions de dollars. Sur l’ensemble des sept premiers mois de l’année, elles restent toutefois orientées à la baisse : elles ont diminué de 7,5 % pour s’établir à 1,154 milliard de dollars.
Cette évolution contraste avec le rebond observé des recettes touristiques en juillet et témoigne d’une activité touristique encore marquée par la prudence.
Un rebond encourageant, mais encore fragile
Avec 4,418 milliards de dollars de recettes en sept mois, le tourisme demeure un secteur économique majeur pour la Jordanie. Le spectaculaire rebond de juillet permet surtout d’entrevoir une amélioration après un début d’année perturbé.
La diversité des performances selon les marchés reste néanmoins un point de vigilance. Alors que les visiteurs arabes et asiatiques soutiennent la reprise, les clientèles américaine et européenne demeurent nettement en retrait.
L’évolution du contexte régional sera donc déterminante pour la suite de l’année. Une amélioration des conditions de voyage et du trafic aérien pourrait permettre à la Jordanie de consolider le redressement amorcé en juillet et de (re-)devenir une destination tendance à l’international. À l’inverse, une prolongation des tensions continuerait de peser sur les arrivées internationales et sur la confiance des voyageurs.
Pour l’heure, les chiffres de juillet offrent toutefois une première raison d’être optimiste : après un premier semestre difficile, le tourisme jordanien semble progressivement retrouver son élan.




