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Tourisme en Europe : les nouvelles destinations et clientèles qui façonneront les voyages d’ici 2036

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Rédigé par Arthur

Le tourisme européen s’apprête à connaître une nouvelle phase de développement. Selon une étude publiée par Accor à partir de prévisions de Tourism Economics, la demande d’hébergement devrait progresser de 32 % entre 2026 et 2036. Si la France, l’Espagne et le Royaume-Uni devraient conserver leur attractivité, de nouveaux marchés émetteurs et des destinations encore moins fréquentées pourraient contribuer à redessiner la carte touristique du continent.


Une demande d’hébergement en hausse de 32 % d’ici 2036

L’Europe conserve de solides perspectives sur le marché mondial du tourisme. D’après le rapport From Change To Opportunity – The Changing Face of Europe’s Tourism Map to 2036, commandé par Accor à Tourism Economics, la demande d’hébergement touristique devrait augmenter de 32 % au cours de la prochaine décennie. Cette progression représenterait plus de 1,6 milliard de nuitées supplémentaires par an à l’échelle du continent.

La croissance serait principalement alimentée par les voyages internationaux. Entre 2026 et 2036, les nuitées des visiteurs étrangers devraient progresser de 42 %, contre 24 % pour le tourisme domestique. L’Europe pourrait ainsi enregistrer près d’un milliard de nuitées internationales supplémentaires chaque année à l’horizon 2036.

Plusieurs facteurs soutiendraient cette dynamique : l’augmentation du pouvoir d’achat dans différentes régions du monde, la progression de la mobilité internationale, l’amélioration des liaisons aériennes et les investissements dans les infrastructures touristiques.

Ces perspectives ne signifient toutefois pas que toutes les destinations bénéficieront de la croissance au même rythme. Les évolutions attendues devraient surtout mettre en lumière de nouveaux territoires et des clientèles dont le poids est appelé à augmenter.

L’Europe centrale, les pays baltes et les Balkans gagnent en attractivité

La France, l’Espagne et le Royaume-Uni devraient continuer à figurer parmi les destinations européennes les plus recherchées. Les cinq principaux pays de destination devraient encore concentrer plus de la moitié des nuitées internationales en Europe en 2036.

Mais les perspectives de croissance les plus marquées pourraient se dessiner au-delà de ces grands pôles touristiques. L’Europe centrale et orientale, les États baltes ainsi que certaines régions des Balkans sont identifiés comme des territoires susceptibles de dépasser la moyenne européenne en matière de croissance du tourisme international.

Cette évolution repose notamment sur une meilleure connectivité, le développement des infrastructures et l’intérêt des voyageurs pour des séjours offrant un bon rapport qualité-prix. La recherche d’expériences nouvelles pourrait également encourager la découverte de destinations moins présentes dans les itinéraires européens traditionnels.

Pour les voyageurs, cette tendance ouvre la voie à une diversification des escapades et des circuits. Les capitales d’Europe centrale, les paysages des Balkans ou les territoires baltes pourraient ainsi attirer davantage de visiteurs à la recherche d’un patrimoine culturel différent, d’expériences locales et de séjours parfois plus abordables.

La progression du tourisme dans ces régions constitue également une perspective pour les professionnels du secteur. Les agences de voyages et les tour-opérateurs pourraient y trouver de nouvelles possibilités de programmation, tandis que les investisseurs et les hôteliers pourraient s’intéresser à des marchés encore en développement.

De nouveaux marchés émetteurs, de l’Asie au Moyen-Orient

L’évolution de la demande ne concerne pas uniquement les destinations. Elle tient aussi à la provenance des voyageurs, avec une croissance attendue particulièrement soutenue sur plusieurs marchés internationaux.

Les déplacements au sein même de l’Europe devraient rester prédominants : ils représenteraient 77 % des arrivées internationales sur le continent en 2036. Pour autant, les marchés émergents européens et les clientèles long-courriers devraient contribuer de manière croissante à la progression globale.

La Chine et la Corée du Sud parmi les marchés les plus dynamiques

Selon les projections de l’étude, les arrivées en provenance de la région Asie-Pacifique devraient augmenter de 88 % entre 2026 et 2036. Parmi les marchés non européens, la Chine afficherait une progression particulièrement forte, avec 138 % d’arrivées supplémentaires attendues. La Corée du Sud suivrait avec une hausse projetée de 121 %.

Le Moyen-Orient devrait lui aussi gagner en importance, avec une croissance prévue de 93 % des arrivées en Europe sur la période.

Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte d’élargissement de l’accès aux voyages internationaux, porté notamment par la hausse des revenus et l’augmentation du nombre de consommateurs en mesure de voyager à l’étranger.

Pour les destinations européennes, cette diversification implique de mieux prendre en compte les attentes de clientèles aux habitudes de réservation et aux besoins parfois différents. Les services linguistiques, l’accompagnement des visiteurs et la qualité de l’accueil pourraient notamment prendre une place croissante dans l’expérience touristique.

La Géorgie, la Moldavie et l’Arménie en progression

Les marchés émetteurs européens émergents devraient eux aussi connaître une évolution significative. Leurs arrivées vers les destinations européennes pourraient augmenter de 52 % d’ici 2036, contre 34 % pour les marchés d’Europe occidentale.

Parmi les pays affichant les progressions attendues les plus importantes figurent :

  • La Géorgie, avec une hausse projetée de 123 % des arrivées.
  • La Moldavie, avec une progression de 107 %.
  • L’Arménie, avec une augmentation de 76 %.
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Ces chiffres concernent les marchés d’origine des voyageurs et ne doivent pas être confondus avec la croissance de la fréquentation touristique de ces pays en tant que destinations.

Ils témoignent néanmoins de l’évolution des flux à l’échelle du continent et de l’importance croissante de marchés jusqu’ici moins centraux dans les stratégies touristiques européennes.

Les dépenses des visiteurs internationaux devraient bondir

La croissance du tourisme devrait également avoir des répercussions économiques importantes. Selon le rapport d’Accor, les dépenses des visiteurs internationaux en Europe passeraient de 825 milliards d’euros en 2026 à plus de 1 300 milliards d’euros en 2036, soit une progression de 64 %.

Cette hausse attendue ne se limiterait pas à l’hébergement. Plusieurs catégories de dépenses devraient connaître une évolution particulièrement favorable :

  • La restauration et les boissons : +72 %.
  • Le commerce de détail : +69 %.
  • Les loisirs, la culture et le sport : +66 %.

Ces projections soulignent la place grandissante que pourraient occuper les expériences dans les séjours touristiques. Restaurants, visites guidées, activités culturelles, loisirs et découvertes locales représentent autant de composantes susceptibles d’enrichir les voyages et de contribuer aux dépenses sur place.

Pour les voyageurs, cette tendance confirme l’importance de l’offre qui entoure la destination elle-même. Pour les professionnels, elle met en évidence l’intérêt de développer des prestations complémentaires et des partenariats avec les acteurs locaux, au-delà de la seule réservation d’un transport ou d’une chambre.

Il convient toutefois de distinguer la progression attendue des dépenses totales de l’évolution des prix : ces prévisions ne permettent pas, à elles seules, de conclure que chaque visiteur dépensera davantage individuellement.

L’hôtellerie économique pourrait profiter de l’élargissement de la clientèle

L’augmentation du nombre de voyageurs internationaux devrait aussi ouvrir des perspectives à l’hôtellerie économique. Accor estime que les marques hôtelières proposant des tarifs accessibles et des standards de service identifiables pourraient bénéficier de l’arrivée de clientèles plus nombreuses et plus diversifiées.

Pour des visiteurs découvrant une ville, une langue ou un environnement de réservation qui leur sont peu familiers, le choix d’une enseigne connue peut représenter un repère rassurant. Cette logique pourrait notamment concerner les voyageurs issus de marchés en forte croissance, ainsi que ceux provenant d’économies européennes émergentes où les revenus et la connectivité progressent.

Les destinations en développement touristique pourraient également attirer des investisseurs et des exploitants hôteliers souhaitant se positionner plus tôt sur ces marchés.

Cette perspective reste néanmoins liée à la capacité des acteurs à adapter leur offre aux besoins locaux et à la demande réelle. Une hausse du tourisme à l’échelle européenne ne garantit pas automatiquement le succès de chaque établissement ou de chaque destination.

Le voyage d’affaires devrait progresser plus vite que les séjours de loisirs

Autre enseignement du rapport : le tourisme d’affaires pourrait connaître une croissance soutenue au cours de la prochaine décennie.

Les arrivées de voyageurs d’affaires en Europe devraient augmenter de 50 % entre 2026 et 2036, contre 39 % pour les voyages de loisirs. Les marchés lointains contribueraient fortement à cette évolution, avec une progression attendue de 118 % pour les arrivées d’affaires en provenance d’Asie-Pacifique et de 112 % pour celles issues du Moyen-Orient.

Ces prévisions dessinent des perspectives pour les acteurs spécialisés dans les déplacements professionnels, les événements d’entreprise et le secteur MICE, qui regroupe les réunions, les voyages de motivation, les conférences et les expositions.

L’évolution des flux internationaux pourrait favoriser le développement de services adaptés aux entreprises et aux voyageurs professionnels, notamment en matière d’hébergement, de transport et d’organisation des séjours.

Une nouvelle carte touristique européenne à anticiper

À l’horizon 2036, l’Europe devrait donc conserver son statut de grande destination internationale, tout en voyant évoluer la répartition de sa demande. Les marchés historiques resteront essentiels, mais les clientèles venues d’Asie-Pacifique et du Moyen-Orient, les marchés émetteurs européens émergents et les territoires moins traditionnels pourraient contribuer de façon croissante à la dynamique touristique.

Pour les voyageurs, cette transformation pourrait se traduire par un éventail plus large de destinations à explorer et par de nouvelles expériences à découvrir. Pour les professionnels, elle met en avant trois enjeux : diversifier les destinations proposées, mieux comprendre les attentes des clientèles internationales et développer des offres qui accordent davantage de place aux activités, à la culture et à la gastronomie.

Ces chiffres restent des projections à dix ans, et non des garanties de croissance uniforme. Ils dessinent néanmoins une tendance claire : la prochaine décennie touristique européenne ne reposera pas uniquement sur les destinations les plus célèbres, mais aussi sur la capacité du secteur à accompagner l’émergence de nouveaux voyageurs et de nouvelles envies de découverte.

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