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Tourisme à La Réunion : l’Ouest en crise face à l’épidémie de chikungunya

Publié le

Rédigé par Arthur

Alors que l’Ouest de La Réunion s’apprêtait à profiter de l’intersaison, traditionnellement favorable au tourisme, c’est un tout autre scénario qui se joue depuis le début de l’année. Entre cyclone, épidémie de chikungunya et annulations en cascade, la filière touristique est durement fragilisée, forçant les professionnels à tirer la sonnette d’alarme et à se mobiliser pour tenter de sauver la saison.


Un secteur déjà fragilisé, plombé par le chikungunya

Depuis la fin 2024, l’épidémie de chikungunya ne cesse de s’étendre, et ses conséquences sur l’économie touristique sont désormais très visibles. Selon l’Observatoire de l’Office de tourisme de l’Ouest, la fréquentation touristique a chuté de 17 % sur les deux premiers mois de 2025, avec une baisse de 20 % pour les activités de loisirs. L’enquête menée auprès de 129 professionnels est sans appel : 56,6 % des hébergements sont les plus touchés, suivis des transporteurs et restaurateurs. Les pertes de chiffre d’affaires s’échelonnent entre 5 000 et 30 000 euros pour certains établissements.

La clientèle locale, de plus en plus volatile, réserve à la dernière minute, quand elle ne renonce pas tout simplement à ses projets. Quant aux visiteurs venus de l’Hexagone, beaucoup préfèrent reporter leur séjour par crainte pour la santé des personnes à risque dans leur entourage.

Garance, annulations et visibilité incertaine

Outre l’épidémie, le passage du cyclone Garance a laissé des stigmates sur le littoral et perturbé durablement certaines infrastructures, comme les sentiers de randonnée ou les zones de plongée. « Nos espaces sont sinistrés, on ne peut pas relancer les activités comme si de rien n’était », déplore Agnès Lavaud, chargée de mission au Sypral, syndicat des professionnels du loisir.

Pour les hôtels comme pour les locations saisonnières, la situation devient critique. « Nous avons une centaine de collaborateurs qui dépendent de notre activité », souligne Claudette Naguin Coupin, directrice du Relais de l’Hermitage, au micro d’un média local. Même le Grand Raid, habituellement générateur de pics de réservations pour octobre, n’enregistre que peu de demandes à ce jour.

Un plan de relance axé sur le local

Face à cette crise, une campagne de relance touristique a été lancée en mai par l’Office de tourisme de l’Ouest. Plus de 50 offres promotionnelles sont proposées, avec des réductions de 5 à 30 % sur les hébergements, restaurants et activités. Objectif : inciter les Réunionnais à redécouvrir leur île, tout en soutenant les professionnels locaux.

Des mesures sanitaires accompagnent également ce plan : démoustication, diffusion de répulsifs, information renforcée sur les gestes de prévention… Tout est mis en œuvre pour rassurer les visiteurs.

Espoir d’un rebond à venir

Les professionnels l’espèrent : avec la fin prochaine de la saison humide et le retour de conditions plus propices, les touristes devraient revenir. Mais encore faut-il que les autorités accompagnent le mouvement, notamment en communiquant sur l’amélioration de la situation sanitaire. « Il faut maintenant dire haut et fort qu’il n’y aura plus de chikungunya en juin », réclame un professionnel de Saint-Gilles.

L’avenir proche dira si ces efforts suffisent à redonner confiance aux voyageurs. En attendant, l’Ouest de La Réunion reste sous tension, entre incertitudes et résilience.