Tourisme durable

Surtourisme : l’ascension du Mont Fuji devient payante

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Rédigé par Arthur

À partir de l’été 2025, tous les sentiers menant au sommet du mont Fuji seront soumis à un droit d’entrée de 24 euros (4 000 yens), marquant un tournant dans la gestion du tourisme sur cette montagne emblématique du Japon. Après l’introduction d’une première taxe en 2024 sur le sentier Yoshida, les autorités locales ont décidé d’étendre cette mesure à l’ensemble des itinéraires d’ascension, en réponse aux préoccupations croissantes sur la sécurité et l’environnement.


Une hausse significative des coûts d’accès

Jusqu’à présent, seul le sentier Yoshida, le plus fréquenté, était soumis à un droit d’entrée de 12 euros (2 000 yens). Dès l’été 2025, cette taxe sera doublée, tandis que les trois autres sentiers, situés dans le département de Shizuoka et jusqu’alors gratuits, seront désormais payants au même tarif. Cette mesure vise à mieux encadrer le flot massif de visiteurs, dont le nombre a atteint 204 316 en 2024, malgré une baisse par rapport aux 221 322 recensés en 2023.

Un quota journalier pour limiter l’affluence

En plus de l’augmentation des tarifs, un quota quotidien d’entrées est maintenu sur le sentier Yoshida, limité à 4 000 randonneurs par jour. La réservation en ligne reste obligatoire pour cet itinéraire, une initiative qui pourrait être étendue aux autres chemins dans les années à venir. Cette décision s’inscrit dans une logique de préservation de l’environnement et de gestion du surtourisme, alors que le Japon a accueilli un nombre record de 36,8 millions de visiteurs étrangers en 2024.

Mont Fuji à l’époque des cerisiers en fleur, un paysage inoubliable – Crédits Arthur V.

Un site naturel sous pression

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2013, le mont Fuji attire chaque été des milliers de randonneurs désireux d’assister au lever du soleil depuis son sommet. Toutefois, cette popularité croissante entraîne des défis majeurs, notamment la pollution des sentiers, l’accumulation de déchets et des risques accrus pour la sécurité des grimpeurs. « 200 000 randonneurs en un peu plus de deux mois, c’est énorme », souligne Natsuko Sodeyama, responsable de la région de Shizuoka, justifiant ainsi la nécessité de ces nouvelles restrictions auprès de l’AFP.

Une expérience toujours inoubliable

Malgré cette augmentation des coûts, l’ascension du mont Fuji reste une expérience unique, offrant des panoramas à couper le souffle et une immersion totale dans la nature japonaise. Pour les voyageurs soucieux de leur budget, quelques stratégies permettent d’optimiser leur séjour : privilégier les périodes hors saison, réserver à l’avance ou encore explorer des alternatives moins fréquentées, comme les Alpes japonaises ou le mont Takao près de Tokyo.

Avec ces nouvelles mesures, le Japon cherche à trouver un équilibre entre préservation de son patrimoine naturel et accessibilité pour les visiteurs du monde entier. Si le prix de l’ascension augmente, la magie du mont Fuji, elle, demeure intacte.