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Le ski français : entre succès retrouvé et adaptation face aux enjeux climatiques

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Rédigé par Romane

La saison hivernale 2023-2024 se clôt avec un bilan globalement positif pour les stations des Alpes, mais des signes de changement sont bien visibles dans le paysage touristique montagnard. Si la neige a répondu présent, les habitudes des skieurs ont évolué, et la clientèle internationale, particulièrement en provenance des États-Unis, a marqué cette saison d’une forte progression.


Un bon enneigement et une fréquentation stable

Les Alpes, avec leur statut de premier domaine skiable au monde, ont enregistré une saison hivernale qui ne dément pas leur réputation. « La neige est toujours présente, c’est encourageant pour la suite de la saison », a déclaré Fabrice Pannekoucke, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, dans des propos relatés par FranceTV. En dépit des enjeux liés au dérèglement climatique, les stations ont enregistré une fréquentation stable, avec des taux d’occupation des hébergements touristiques dépassant 86 % ces dernières semaines. Une performance comparable à celle de l’an passé, un signe de résilience dans un contexte difficile.

« Les touristes étrangers ont été particulièrement au rendez-vous cette année », a confirmé Pannekoucke, avec des hausses notables venant des États-Unis, de Belgique, d’Allemagne et même du Canada. Le retour des visiteurs internationaux, après la pandémie de Covid-19, a été une bouffée d’air frais pour les stations françaises, qui avaient vu leurs chiffres de fréquentation chuter durant la crise sanitaire.

La montée en puissance de la clientèle américaine

Les États-Unis, en particulier, ont enregistré une forte augmentation de leur présence dans les stations françaises. Selon les chiffres disponibles, la fréquentation des Américains a progressé de 10,6 % par rapport à l’année précédente, tandis que celle des Canadiens a bondi de 21,3 %. Ce phénomène est en grande partie dû à des raisons économiques : les stations européennes sont bien plus abordables que leurs homologues nord-américaines. Par exemple, une journée de ski à Megève est vendue à 59,50 euros, contre 269 dollars à Park City, Utah. Ce constat est soutenu par le taux de change favorable du dollar, qui permet aux Américains de profiter de tarifs plus avantageux en Europe.

Une clientèle plus diversifiée et moins axée sur le ski

Cependant, malgré ces résultats positifs, une tendance émergente souligne que le ski n’est plus la seule activité au programme des visiteurs. De plus en plus de touristes viennent en montagne sans intention de chausser les skis. Selon Julie Legros, directrice de l’office de tourisme de la Communauté de Communes Pays d’Évian-Vallée d’Abondance, « une personne sur quatre ne vient pas en station pour faire du ski ». Les stations se voient donc dans l’obligation de diversifier leurs offres d’activités. À Châtel, par exemple, la station mise sur son patrimoine local, notamment avec le fromage Abondance, pour attirer une clientèle en quête d’authenticité.

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Cette diversification des activités semble répondre à un besoin croissant des visiteurs, qui cherchent à découvrir la montagne autrement. « On observe un phénomène de réservation de dernière minute en fonction de la météo », indique Fabrice Pannekoucke, illustrant bien cette volonté de flexibilité de la part des vacanciers. La luge sur rail, par exemple, connaît un grand succès, comme à Chamrousse où la nouveauté de la saison a attiré les foules, avec une moyenne de 450 passages par jour.

Vers un modèle touristique plus durable

Malgré ces succès, les stations ne peuvent ignorer les effets du dérèglement climatique. L’utilisation des canons à neige devient une norme dans de nombreuses stations, pour compenser le manque de neige naturelle. À Châtel, 295 canons couvrent désormais 60 % des pistes, une réalité qui n’échappe pas aux militants écologistes et aux acteurs du secteur. Comme l’affirme Valérianne Jannet, responsable du tourisme dans le massif du Vercors, « le ski ne va pas disparaître demain », mais les stations se préparent à un avenir où la diversité des activités sera cruciale pour attirer une clientèle toujours plus soucieuse de l’environnement.

Une évolution nécessaire pour les stations des Alpes

Les Alpes, en tant que premier pôle touristique hivernal, doivent s’adapter aux nouvelles attentes des vacanciers tout en répondant aux défis environnementaux. Les stations, avec l’aide des autorités régionales, sont désormais engagées dans une diversification de leurs offres pour garantir un tourisme durable et attractif, sans oublier l’héritage ski qui a fait leur renommée. La saison hivernale 2023-2024 semble avoir trouvé un équilibre entre les besoins traditionnels et les évolutions nécessaires pour répondre aux enjeux du présent et de l’avenir.