À l’aube de la belle saison, la Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche un optimisme affirmé : les premiers indicateurs confirment une dynamique de fréquentation en nette progression, portée par un calendrier favorable, un regain d’intérêt international – notamment américain – et une stratégie régionale de long terme qui continue de porter ses fruits.
Une région moteur du tourisme en France
Avec 237 millions de nuitées et 37 millions de séjours enregistrés en 2024, la région Sud reste un poids lourd du tourisme en France. Ce secteur représente 13 % du PIB régional, génère 21 milliards d’euros de retombées économiques, mobilise 150 000 emplois et fait vivre 25 000 entreprises.
« Le tourisme, c’est tout simplement la première industrie de la région », rappelle François de Canson, président du Comité régional de tourisme (CRT) et vice-président de la Région Sud. Et l’année 2025 s’annonce tout aussi prometteuse : les taux de réservation égalent déjà ceux de 2024, pourtant qualifiée de référence.
L’effet Pâques : un printemps qui démarre fort
Contrairement aux prévisions alarmistes, les vacances de printemps ont démarré sur les chapeaux de roue. Du 5 avril au 5 mai, la région table sur 16 millions de nuitées touristiques, avec un taux de réservation hôtelier supérieur à celui de 2024, où il atteignait déjà 68 % à la même période.
Les locations saisonnières enregistrent également une hausse de 18 %, confirmant la vitalité du secteur, même en dehors des périodes estivales classiques. La région devrait capter 7 % de sa fréquentation annuelle rien qu’en avril, un chiffre significatif dans une stratégie assumée de désaisonnalisation.
Désaisonnaliser pour mieux respirer
Face à l’enjeu du surtourisme, la région mise depuis plusieurs années sur une répartition plus équilibrée des flux. Le pari semble tenir : en dix ans, la fréquentation hôtelière a progressé de 10 % au printemps, 13 % en hiver, tandis qu’elle se stabilise en été. Un basculement progressif permis par des campagnes ciblées hors saison, un rapprochement entre les volets loisirs et affaires, et une gestion fine des flux sur les sites sensibles.

Le Parc national des Calanques illustre parfaitement cette transformation. Soumis à une forte pression touristique (près de 3 millions de visiteurs par an), il a instauré dès 2022 un système de réservation obligatoire pour accéder à la calanque de Sugiton. Objectif : protéger l’environnement tout en garantissant une expérience plus fluide aux visiteurs. Des éco-compteurs, analyses de données et retours d’expérience permettent aujourd’hui d’ajuster le dispositif au plus juste.
Saint-Tropez, toujours au sommet
Du côté de Saint-Tropez, haut lieu du tourisme de luxe, la saison s’annonce elle aussi brillante. « Ce que nous proposons, ce n’est pas un séjour mais un art de vivre », affirme Sylvie Siri, maire de la commune. Avec 12 hôtels cinq étoiles, la ville attire 52 % de clientèle internationale, un chiffre largement supérieur aux moyennes départementale (30 %) et régionale (37 %). Cannes, pourtant célèbre, n’en compte que sept.
C’est d’ailleurs depuis Saint-Tropez, à la Villa Cosy, que le CRT a donné le coup d’envoi symbolique de cette nouvelle saison le 4 avril, en présence de 250 professionnels du secteur venus des six départements de la région.
Les Américains en force
Autre tendance réjouissante : le retour en force des touristes nord-américains. Les réservations aériennes en provenance des États-Unis ont bondi de 23 % pour le premier semestre 2025, tandis que le Canada (+15 %), le Mexique (+34 %) et l’Amérique latine (+18 %) suivent le même mouvement.
« Les Américains souhaitent s’échapper de leur bruit médiatique pesant », commente François de Canson. « Malgré la nouvelle donne dictée par la politique américaine, cette clientèle que nous avons particulièrement travaillée devra de nouveau être notre atout ! »
En 2024, la Région avait investi 5 millions d’euros dans la promotion de ses trois « marques monde » – Provence, Alpes et Côte d’Azur – à travers des campagnes de publicité intensives et ciblées auprès des agences de voyages.
Des défis à relever : emploi et accessibilité
Si les perspectives sont bonnes, le secteur doit encore faire face à certains défis. En matière de recrutement, 6 500 postes saisonniers sont à pourvoir dans la région, un chiffre stable par rapport à l’an dernier. Et malgré une image de précarité, 41 % des emplois touristiques en Paca sont en CDI, un chiffre qui invite à revoir certains clichés.
Autre sujet structurant pour l’avenir : le projet de Parc naturel régional sur les massifs des Maures, de l’Estérel et du Tanneron, regroupant 53 communes du Var et des Alpes-Maritimes. Un avis favorable du préfet de région a récemment été délivré pour poursuivre la procédure, preuve que l’équilibre entre attractivité touristique et protection du patrimoine reste une priorité régionale.




