Un an après les Jeux olympiques et paralympiques, la capitale française retrouve des niveaux de fréquentation touristique proches de l’avant-Covid. Mais si l’effet JO est bien réel, les chiffres révèlent un été 2025 en demi-teinte, marqué par des dynamiques contrastées selon les marchés.
Des volumes globalement stables mais des signaux positifs
Selon Paris Je t’aime, l’office de tourisme de la capitale, 6,4 millions de visiteurs ont été accueillis dans le Grand Paris entre juillet et août 2025, un volume similaire à celui de l’été 2023. Sur l’ensemble de l’année, la fréquentation devrait atteindre 37,4 millions de touristes, légèrement au-dessus de 2023 (36,3 millions) et à quelques encablures du record de 2019 (38 millions).
Les indicateurs d’hébergement confirment ce dynamisme : le taux d’occupation hôtelier a progressé pour atteindre 76,8 % en juillet, soit +1,1 point par rapport à 2023 et +9 points par rapport à 2024. Les meublés de tourisme poursuivent leur envolée avec +19 % de nuitées par rapport à 2023, un record en Seine-Saint-Denis (+27 %), héritage direct des JO.
Des visiteurs venus d’Asie et du Moyen-Orient
Si la fréquentation globale reste stable, la composition des clientèles évolue nettement. Les touristes asiatiques sont en forte hausse : +40 % de Chinois, +34 % de Japonais et +14 % d’Indiens par rapport à 2023. Même tendance pour le Moyen-Orient avec une progression marquée des voyageurs venus d’Arabie saoudite (+24 %), des Émirats arabes unis (+21 %) et du Qatar (+8 %).
À l’inverse, certains marchés traditionnels reculent nettement : -30 % de Britanniques, -27 % d’Américains et -33 % d’Italiens. « L’Italie qui après avoir privilégié Paris depuis le Covid-19 s’est tournée vers d’autres destinations estivales telles que Tirana, en Albanie », analyse l’office de tourisme.
D’autres marchés européens compensent ces pertes, avec de fortes hausses pour les Belges (+23 %), les Espagnols (+9 %), les Suisses (+4 %) et les Canadiens (+13 à +15 % selon les sources).
L’effet JO et le boom du “tourisme festif”
Pour la mairie de Paris, l’héritage des Jeux se confirme. « Depuis 2025, on a une augmentation assez régulière de la venue des touristes sur Paris », a souligné Frédéric Hocquard, adjoint à la mairie de Paris chargé du tourisme et de la vie nocturne sur FranceInfo. Il constate l’émergence d’un tourisme festif : « Les Jeux olympiques ont été une fête, la cérémonie d’ouverture a montré tout ce qu’était capable de faire la scène musicale française. » Selon lui, ce nouveau type de tourisme nocturne se traduit par une fréquentation accrue des clubs et boîtes de nuit de la capitale.
L’adjoint observe également une « accentuation très forte des Européens et des Nord-Américains », évoquant une augmentation de « 15 à 18% de Nord-Américains » par rapport à la période pré-JO.
Entre croissance et risque de sur-tourisme
Cette dynamique ne va pas sans poser des questions. « Je ne suis pas sûr que l’on puisse passer à 40 ou 45 millions de touristes par an, sans que derrière, nous ayons, du point de vue de la population, quelques tensions et du sur-tourisme », prévient Frédéric Hocquard. Les quartiers les plus sous pression restent le Marais, Montmartre, les Champs-Élysées, la Tour Eiffel et le Champ de Mars.
« Notre sujet maintenant va être de savoir comment on régule les effets de boum du tourisme qu’on a eu », insiste-t-il, évoquant la nécessité d’agir sur les cars de touristes, les plateformes comme Airbnb, les abus de certains acteurs locaux, et la meilleure répartition des flux sur l’ensemble de la métropole. « Il ne s’agit pas de dire qu’il ne faut plus de touristes, mais qu’il faut réguler le tourisme. »
Une fin d’année prometteuse
Les perspectives restent néanmoins favorables : les réservations aériennes sont en hausse de 9 % pour septembre et de 4 % pour octobre par rapport à 2024, soit une croissance globale de 6 % entre septembre et novembre. De bon augure pour les fêtes de fin d’année, période traditionnellement forte pour la destination.
Paris aborde ainsi la fin 2025 entre optimisme et vigilance, oscillant entre l’enthousiasme suscité par l’effet JO et la nécessité de préserver l’équilibre avec la vie quotidienne de ses habitants.




