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La baisse des voyages vers les États-Unis entraine une chute des prix des vols

Publié le

Rédigé par Arthur

L’un des pays les plus visités au monde voit son attractivité touristique sérieusement remise en question. Les derniers chiffres confirment une tendance nette : les voyages internationaux vers les États-Unis reculent fortement depuis le début de l’année 2025. Une désaffection marquée notamment en Europe, et plus encore en France, où les réservations s’effondrent. En parallèle, les compagnies aériennes cassent les prix pour tenter de remplir leurs avions. Décryptage d’un phénomène inédit depuis la pandémie.


Une baisse généralisée des arrivées internationales

En mars 2025, les États-Unis ont enregistré une baisse de près de 12 % des visiteurs étrangers par rapport à mars 2024, selon l’International Trade Administration, une agence du ministère américain du Commerce. Ce recul, qui avait déjà commencé en février (-2 %), marque la première chute significative depuis la crise sanitaire.

L’Europe de l’Ouest est particulièrement concernée : les arrivées en provenance de cette région ont chuté de 17,2 %. Des baisses encore plus marquées sont observées pour les voyageurs en provenance d’Amérique centrale (-24 %) et des Caraïbes (-26 %). Du côté des pays frontaliers, le Canada affiche une chute de 32 % des visites en voiture, et le Mexique, -17 % d’arrivées par avion.

Selon Adam Sacks, président du cabinet Tourism Economics, “la réaction des voyageurs internationaux était prévisible. Les politiques mises en œuvre, les nouvelles restrictions et les discours isolationnistes très agressifs n’ont fait qu’aggraver la situation. [L’administration Trump] a réussi à inverser complètement la tendance des voyages internationaux au détriment des États-Unis.”

Pour les experts, ces données sont un signal d’alerte. Adam Sacks anticipe une baisse de plus de 10 % sur l’ensemble de l’année, soit une perte estimée à 9 milliards de dollars pour les secteurs liés au tourisme.

Les touristes français se détournent de la destination américaine

Le phénomène est encore plus marqué en France. Selon un baromètre publié par Orchestra et Les Entreprises du Voyage, les départs à forfait (via agences ou tour-opérateurs) vers les États-Unis ont reculé de 17 % en avril, après -8 % en février et -3 % en mars. Sur les quatre premiers mois de 2025, cela représente une baisse globale de 10,5 %.

Mais c’est du côté des réservations que la tendance inquiète le plus : -28,8 % depuis le début de l’année, toutes périodes de départ confondues. Seule éclaircie : l’été semble un peu moins touché, avec -11 % de réservations, une baisse qui profite notamment au Canada, en hausse de 15 % sur la même période.

Valérie Boned, présidente des Entreprises du Voyage, souligne que le problème dépasse la simple question budgétaire : “Certaines agences connaissent même une baisse de 35 %. Avec un taux de change qui évolue plutôt en faveur des Français, ce n’est pas vraiment une question de prix. Par ailleurs, cette destination était déjà chère. C’est plutôt l’ambiance générale aux États-Unis qui provoque ce mouvement.”

À cela s’ajoutent des récits de voyageurs retenus à la frontière ou refoulés, qui, s’ils restent rares, entachent l’image du pays et dissuadent une partie des touristes.

Des billets d’avion à prix cassés

Face à la désaffection croissante, les compagnies aériennes réagissent avec une stratégie agressive sur les prix. Le coût des vols transatlantiques atteint des niveaux historiquement bas, inédits depuis plus d’une décennie. Certaines liaisons, autrefois coûteuses, deviennent désormais accessibles au plus grand nombre.

Un exemple emblématique : la compagnie French Bee propose actuellement des billets Paris–Los Angeles à partir de 180 euros l’aller simple. Un tarif presque divisé par deux par rapport au prix moyen habituellement constaté autour de 350 euros. D’autres compagnies, pour maintenir un taux de remplissage acceptable, multiplient elles aussi les promotions vers New York, Miami, San Francisco ou Chicago.

Ce repli tarifaire n’est pas uniquement dû à la baisse du tourisme de loisirs. Richard Vainopoulos, président du réseau d’agences TourCom, note une contraction globale de la demande : “Le nombre de touristes aujourd’hui est en retard, en recul de 7 % à peu près par rapport à l’année dernière.” Il évoque une clientèle loisir plutôt stagnante mais qui pourrait redémarrer en dernière minute, notamment “d’ici le mois de mai-juin”.

Mais le secteur le plus touché semble être celui des déplacements professionnels. “C’est la clientèle d’affaires qui est plus touchée à [cause] des investissements sur place”, analyse encore Richard Vainopoulos pour TF1. Moins de voyages d’affaires signifie aussi moins de billets achetés en dernière minute à prix fort, ce qui pèse sur la rentabilité des liaisons aériennes. Pour compenser, les transporteurs misent donc sur les voyageurs individuels en quête de bons plans.

Les compagnies savent toutefois que ces tarifs ne pourront pas durer éternellement. Les vacances d’été approchent, et une remontée des prix est déjà envisagée à mesure que la demande pourrait se redresser en dernière minute. Pour l’instant, les voyageurs les plus souples en termes de dates et de flexibilité peuvent bénéficier d’aubaines rarement vues sur les vols transatlantiques.