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Hausse des taxes dans les aéroports régionaux britanniques : les billets d’avion menacés d’augmentation

Publié le

Rédigé par Romane

Les voyageurs au départ du Royaume-Uni pourraient bientôt voir le prix de leurs billets d’avion grimper. En cause : une hausse jugée “sans précédent” des taxes foncières, les business rates, qui va frapper de plein fouet les aéroports régionaux dès l’an prochain. Selon l’analyse de données gouvernementales menée pour la Press Association, les aéroports figurent parmi les secteurs les plus durement touchés par la révision des valeurs locatives servant de base au calcul de cet impôt. Si les grandes plateformes londoniennes comme Heathrow et Gatwick ne sont pas épargnées, ce sont surtout les aéroports situés hors de Londres qui enregistrent les augmentations les plus spectaculaires.


Des factures fiscales qui explosent

Les calculs réalisés par le cabinet fiscal international Ryan, à partir des données de la Valuation Office Agency (VOA), montrent que les valeurs locatives ont parfois été multipliées par plus de six lors de la dernière réévaluation. Résultat : des factures fiscales qui s’envolent.

Même avec le mécanisme de transitional relief, censé plafonner les hausses annuelles à 30 %, la majorité des aéroports régionaux s’attendent à voir leurs charges plus que doubler sur les trois prochaines années.

Manchester Airport figure parmi les plus touchés, avec une augmentation estimée à 4,2 millions de livres, portant sa facture annuelle à 18,1 millions de livres. Bristol Airport devrait supporter 1,2 million de livres supplémentaires, pour atteindre 5,2 millions, tandis que Birmingham International Airport fait face à une hausse de 1,8 million, à 7,6 millions de livres. Newcastle International Airport, de son côté, verrait sa facture grimper de 244 755 livres, à environ 1,1 million.

Des coûts qui se répercuteront sur les passagers

Pour les experts du secteur, l’impact sur les voyageurs semble inévitable. Alex Probyn, responsable de la fiscalité immobilière pour l’Europe et l’Asie-Pacifique chez Ryan, avertit sans détour :

“Avec une hausse sans précédent de 295 % à l’échelle du secteur, les aéroports régionaux ne peuvent tout simplement pas absorber un choc de coûts d’une telle ampleur. Ces augmentations se répercuteront inévitablement sur l’ensemble du système : d’abord sur les redevances aéroportuaires, puis sur les coûts des compagnies aériennes, et enfin sur le prix des billets. »

Autrement dit, les hausses de taxes payées par les aéroports devraient progressivement se répercuter sur les compagnies aériennes, puis sur les tarifs des billets.

Des investissements remis en question

Au-delà de l’impact sur les prix, les exploitants d’aéroports redoutent un frein à l’investissement. Un porte-parole de Manchester Airports Group souligne que le secteur était déjà fortement mis à contribution :

“Les aéroports figuraient déjà parmi les contribuables les plus importants du pays et étaient prêts à payer une somme nettement supérieure. Cependant, une augmentation de plus de 100 % nous oblige à revoir notre projet d’investissement de plus de 2 milliards de livres sterling dans nos aéroports à travers le Royaume-Uni au cours des cinq prochaines années. Il est inévitable que le transport aérien devienne plus cher à mesure que le secteur absorbe ces coûts. Cela impacte les travailleurs de tout le pays et complique le commerce international pour les entreprises.”

Selon les professionnels, ces arbitrages pourraient également avoir des répercussions économiques locales, notamment dans les régions dépendantes du tourisme, des chaînes logistiques et de la connectivité aérienne.

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Le secteur mobilisé face au gouvernement

L’organisme AirportsUK, qui représente les aéroports britanniques, prépare actuellement une réponse à la consultation du Trésor britannique, ouverte jusqu’en février. L’organisation juge les mesures envisagées « à court terme » et alerte sur leurs effets indirects pour les entreprises et les territoires dépendant du transport aérien.

Dans ce contexte, les acteurs du secteur misent sur la révision à long terme du mode de calcul des business rates, également annoncée par le gouvernement, afin de restaurer des conditions favorables à l’investissement et à la croissance.

En attendant, les voyageurs britanniques pourraient bien être les premiers à ressentir concrètement l’impact de cette réforme fiscale, au moment de réserver leurs prochains vols.

Et en France ?

Si la hausse spectaculaire des business rates concerne pour l’instant le Royaume-Uni, la question du coût fiscal supporté par les aéroports se pose également en France. Les plateformes françaises sont soumises à plusieurs prélèvements spécifiques, dont la taxe foncière, la taxe sur les surfaces commerciales, ainsi que diverses redevances aéronautiques et contributions environnementales.

Ces dernières années, les gestionnaires d’aéroports français ont déjà alerté sur l’empilement des charges pesant sur le transport aérien, dans un contexte marqué par la transition écologique, la hausse des coûts de l’énergie et la nécessité d’investir dans la modernisation des infrastructures. Si aucune réforme comparable à celle menée outre-Manche n’a été annoncée à ce stade, les professionnels du secteur soulignent que toute augmentation brutale de la fiscalité pourrait, là aussi, se traduire par des billets plus chers pour les passagers et un ralentissement des projets d’investissement, en particulier dans les aéroports régionaux.

Un débat qui pourrait donc, à moyen terme, dépasser les frontières britanniques et relancer en France la réflexion sur l’équilibre entre fiscalité, attractivité territoriale et accessibilité du transport aérien.