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Fontaine de Trevi : Rome fait payer l’accès au bassin pour lutter contre le surtourisme

Publié le

Rédigé par Arthur

Rome franchit un nouveau cap dans sa lutte contre la saturation touristique. Depuis début février 2026, l’accès au bassin de la célèbre fontaine de Trevi est désormais soumis à un droit d’entrée de 2 euros, une mesure inédite pour ce monument emblématique de la Ville éternelle. Objectif affiché : désengorger le site, améliorer l’expérience des visiteurs et dégager des fonds pour préserver le patrimoine.


Un accès payant… mais une place toujours gratuite

Concrètement, la taxe ne concerne pas l’ensemble de la piazza. La majeure partie de la place reste accessible librement, permettant toujours d’admirer la fontaine à distance. En revanche, pour descendre les marches et s’approcher du bassin, il faut désormais être muni d’un billet.

Cette nouvelle organisation vise à limiter les attroupements au plus près de l’eau, là où les foules rendaient parfois la circulation impossible. Avant la mise en place de cette régulation, la fontaine pouvait accueillir jusqu’à 70 000 visiteurs par jour, selon les autorités.

Horaires, billetterie et exemptions : ce qu’il faut savoir

Le billet de 2 euros permet d’accéder à la zone réglementée de 9h à 22h, avec une ouverture décalée à 11h30 les lundis et vendredis. Les visiteurs peuvent acheter leur entrée directement sur place, mais aussi en ligne à l’avance, afin de fluidifier l’accès.

Certaines catégories de visiteurs sont exemptées de paiement :

  • les résidents de Rome,
  • les enfants de moins de 6 ans,
  • les personnes à mobilité réduite, ainsi que leurs accompagnants,
  • les guides touristiques agréés dans le cadre de leur activité.

Une mesure assumée par la mairie

Le maire Roberto G. avait annoncé cette réforme dès le 19 décembre 2025, précisant que la fontaine resterait visible gratuitement depuis la place, mais que l’accès rapproché deviendrait réservé aux détenteurs d’un ticket. Pour lui, il s’agit d’une réponse pragmatique à l’afflux constant de visiteurs : « 2 euros, ce n’est pas beaucoup (…) et cela permettra des flux touristiques moins chaotiques », avait-il déclaré.

L’adjoint au tourisme Alessandro O. a également défendu le tarif en comparant Rome à d’autres métropoles : « Si la fontaine de Trevi était à New York, ils demanderaient 100 euros, pas deux ».

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Jusqu’à 6,5 millions d’euros de recettes par an

Selon les estimations de la municipalité, la billetterie pourrait générer entre 6 et 6,5 millions d’euros par an. Une somme conséquente qui doit financer plusieurs postes :

  • l’entretien de la fontaine,
  • la préservation d’autres monuments romains,
  • le recrutement et la rémunération de 25 agents d’accueil, chargés de contrôler les entrées et gérer les flux,
  • et même la mise en place d’un dispositif permettant d’offrir l’accès gratuit à certains musées municipaux pour les habitants.
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Cette politique s’inscrit dans une stratégie plus large : la ville a également lancé une nouvelle carte touristique, la Roma Mic, proposée à 5 euros, donnant accès à plusieurs musées civiques comme le musée Napoléon ou le musée Giovanni Barracco.

Un monument fragilisé par son succès

La fontaine de Trevi n’en est pas à sa première mesure de protection. En 2024, une passerelle temporaire avait été installée pour permettre la visite pendant un chantier de conservation. Le monument avait été vidé de son eau et partiellement fermé lors d’un projet de nettoyage estimé à 300 000 euros, mené sous la supervision de la Surintendance capitoline. Les restaurateurs avaient notamment retiré moisissures et dépôts calcaires accumulés sur ce joyau baroque.

Depuis, la fréquentation avait déjà été limitée via un système de file d’attente. La taxe de 2 euros vient renforcer cette logique de régulation permanente.

La tradition des pièces dans l’eau reste intacte

Pour les visiteurs, impossible d’imaginer Trevi sans le célèbre rituel : jeter une pièce dans l’eau par-dessus son épaule pour s’assurer un retour à Rome. Bonne nouvelle : cette tradition demeure autorisée.

Les milliers d’euros récoltés chaque semaine continueront d’être reversés à l’association Caritas, comme auparavant. Cette collecte reste indépendante des recettes générées par la billetterie.

Une nouvelle ère pour le tourisme romain

Achevée en 1762, adossée au palais Poli et sculptée en marbre blanc de Carrare, la fontaine de Trevi reste l’un des symboles les plus puissants de Rome, immortalisée notamment par La Dolce Vita de Federico Fellini. Mais son succès mondial pousse aujourd’hui la ville à revoir son modèle.

Avec cette taxe modeste, Rome rejoint une tendance européenne où la préservation du patrimoine passe par une forme de régulation économique, à l’image d’autres dispositifs déjà testés ailleurs, comme à Venise.

Reste à savoir si ces 2 euros suffiront à transformer durablement la visite… ou si la fontaine de Trevi deviendra le premier d’une longue liste de monuments romains à passer au contrôle payant.