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En Turquie, la montée du “cash only” exaspère les touristes

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Rédigé par Arthur

Dans les stations balnéaires turques, la saison estivale 2025 est marquée par une tendance qui agace autant les visiteurs étrangers que les habitants : l’explosion du paiement “cash only”. Bars, restaurants, taxis, boutiques ou encore excursions en mer multiplient les refus de paiement par carte bancaire, obligeant les clients à régler en espèces ou via virement IBAN.


Des situations tendues avec les clients

Cette généralisation du liquide n’est pas anodine. Selon le média Turkiye Today, elle permet à certains commerçants de contourner la TVA (10 %) et l’impôt sur les bénéfices, tout en évitant les commissions prélevées par les banques. Des frais qui, lorsqu’ils sont répercutés aux clients, peuvent atteindre des niveaux vertigineux : jusqu’à 30 % supplémentaires sur le montant payé par carte.

Pour les touristes, cette pratique implique de transporter d’importantes sommes en liquide, avec tous les risques que cela comporte. Les activités les plus touchées sont celles à forte fréquentation estivale, comme les excursions en bateau ou le rafting. Dans certaines zones comme Fethiye ou Akyaka, ces sorties ne se paient plus qu’en espèces. Les chauffeurs de taxi, eux, évoquent régulièrement une “machine à cartes cassée” pour refuser le paiement électronique.

Et quand un client réclame un reçu, la facture se transforme souvent en un simple bout de papier ou une note manuscrite sans valeur légale. Dans les cas où les vacanciers insistent pour obtenir un justificatif officiel, «la situation peut rapidement dégénérer en violente dispute», rapporte Turkiye Today.

Une inflation record qui accentue les tensions

Ces pratiques surviennent dans un contexte économique tendu. Selon Eurostat et TurkStat, la Turquie a enregistré en juin 2025 une inflation annuelle de 35,6 % dans le secteur du tourisme, contre une moyenne de 4,1 % dans l’Union européenne. L’image de destination abordable, longtemps associée au pays, s’effrite, et certains voyageurs choisissent déjà des alternatives jugées plus transparentes et économiques.

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Les réseaux sociaux comme exutoire

Face aux refus de paiement par carte ou aux commissions abusives, de plus en plus de touristes documentent leurs expériences sur les réseaux sociaux, interpellant directement le Trésor public et le ministère des Finances. Ils réclament des contrôles renforcés dans les zones touristiques, estimant que ces abus nuisent à la réputation internationale de la Turquie.

En attendant une éventuelle régulation, un conseil s’impose aux futurs voyageurs : prévoir suffisamment de liquide dans leurs bagages pour éviter mauvaises surprises… et frais indésirables.