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Thaïlande : les séjours sans visa limités à partir du 15 septembre

Publié le

Rédigé par Arthur

À partir du 15 septembre 2026, les voyageurs qui se rendent en Thaïlande doivent composer avec de nouvelles règles d’entrée. Pour les Français, Belges, Suisses et Canadiens notamment, le séjour touristique sans visa reste possible, mais sa durée est divisée par deux. D’autres nationalités bénéficient de régimes différents, tandis que certaines devront désormais obtenir un visa avant leur départ. Une réforme qui marque aussi la volonté de Bangkok de mieux encadrer les séjours des visiteurs étrangers.


Le séjour sans visa passe de 60 à 30 jours

C’est le principal changement à retenir pour les voyageurs français. Depuis le 15 septembre 2026, l’exemption de visa touristique accordée à plusieurs dizaines de nationalités ne permet plus de séjourner jusqu’à 60 jours en Thaïlande. La durée maximale initiale est désormais fixée à 30 jours.

La mesure concerne notamment les ressortissants de la France, de la Belgique, de la Suisse et du Canada, mais aussi ceux de nombreux autres pays européens, des États-Unis, de l’Australie, du Japon ou encore de l’Inde. Au total, 60 pays et territoires figurent dans la nouvelle liste d’exemption de 30 jours.

Une prolongation de 30 jours peut toujours être demandée auprès des services thaïlandais de l’immigration. Elle n’est toutefois pas automatique et reste soumise à leur décision.

Pour les voyageurs souhaitant rester plus longtemps, une autre possibilité consiste à demander avant le départ un visa touristique électronique de catégorie TR. Celui-ci permet un séjour de 60 jours à compter de l’arrivée dans le pays et peut lui aussi être prolongé de 30 jours sous certaines conditions.

Une exemption désormais limitée au tourisme

La réforme ne modifie pas seulement la durée du séjour. Le champ d’application de l’exemption est également resserré, ainsi que les taxes en vigueur.

Désormais, l’entrée sans visa dans le cadre de ce régime concerne exclusivement les déplacements touristiques. Les activités professionnelles ou commerciales ponctuelles qui pouvaient auparavant être couvertes par l’exemption ne le sont plus de la même manière.

Les voyageurs venant en Thaïlande pour travailler, étudier ou pour un autre motif que le tourisme doivent donc vérifier la catégorie de visa correspondant à leur situation avant leur départ.

Cette précision est importante pour les visiteurs qui envisagent un séjour prolongé ou combinant vacances et activités professionnelles : l’exemption de visa ne doit plus être considérée comme un régime général permettant de multiplier les motifs de séjour.

Les passages par voie terrestre davantage encadrés

Autre évolution importante, les autorités thaïlandaises renforcent les contrôles concernant les entrées sans visa effectuées par les frontières terrestres.

Les bénéficiaires de l’exemption de 30 jours ne pourront désormais entrer en Thaïlande par voie terrestre que deux fois au cours d’une même année civile.

Cette restriction concerne les passages terrestres et ne s’applique donc pas aux voyageurs arrivant par avion ou par voie maritime. Des exceptions existent également pour certains ressortissants de pays voisins, notamment Brunei, l’Indonésie, la Malaisie et Singapour.

La mesure vise notamment à encadrer les séjours répétés et les pratiques consistant à sortir du pays puis à y revenir régulièrement afin de renouveler son droit au séjour.

Des régimes différents selon les nationalités

La réforme ne se résume pas à un passage généralisé de 60 à 30 jours. Les autorités thaïlandaises ont réparti les voyageurs étrangers entre plusieurs dispositifs.

Les ressortissants de Maurice et des Seychelles peuvent ainsi entrer sans visa pour un séjour touristique pouvant aller jusqu’à 15 jours.

Le visa à l’arrivée, ou Visa on Arrival, a quant à lui été considérablement restreint. Alors qu’il était auparavant accessible aux ressortissants de 31 pays et territoires, il ne concerne désormais plus que trois nationalités : l’Azerbaïdjan, la Biélorussie et la Serbie.

Ce visa délivré à l’arrivée permet un séjour touristique de 15 jours et est soumis à des frais de 2 000 bahts.

L’Inde constitue un cas particulier dans cette réorganisation. Alors que ses ressortissants pouvaient notamment bénéficier du visa à l’arrivée, ils sont désormais intégrés au régime d’exemption de visa de 30 jours.

21 nationalités devront désormais obtenir un visa

Pour certains voyageurs, le changement est beaucoup plus conséquent. Vingt-et-une nationalités qui bénéficiaient jusqu’ici de l’ancien régime d’exemption de 60 jours doivent désormais obtenir un visa avant de se rendre en Thaïlande.

Sont notamment concernés les ressortissants de l’Albanie, d’Andorre, de la Colombie, de Cuba, de l’Équateur, du Guatemala, de la Jamaïque, du Kosovo, du Maroc, du Mexique, de Monaco, du Panama, de l’Uruguay et de la République dominicaine.

La liste comprend également le Sri Lanka, le Kazakhstan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Saint-Marin, Tonga, Trinité-et-Tobago, Ouzbékistan.

Pour ces voyageurs, le visa touristique peut notamment être demandé en ligne grâce à la généralisation du système thaïlandais d’e-Visa.

Cette évolution mérite toutefois une précision : toutes les nationalités qui disparaissent de l’ancienne liste des 93 pays ne deviennent pas automatiquement soumises à visa. Certains États disposent d’accords bilatéraux spécifiques avec la Thaïlande.

Des accords bilatéraux qui continuent de s’appliquer

La Thaïlande conserve en effet plusieurs accords permettant à certaines nationalités d’entrer sans visa selon des conditions distinctes du nouveau régime général.

La Chine, Hong Kong, le Kazakhstan, le Laos, Macao, la Mongolie, la Russie, le Timor-Leste et le Vietnam bénéficient notamment d’accords autorisant des séjours de 30 jours.

D’autres pays disposent de conditions encore plus favorables. Les ressortissants de l’Argentine, du Brésil, du Chili, de la Corée du Sud et du Pérou peuvent ainsi bénéficier d’un séjour pouvant atteindre 90 jours. Le Cambodge bénéficie pour sa part d’un régime de 14 jours, tandis que le Myanmar dispose notamment d’une exemption de 14 jours pour les arrivées effectuées par les aéroports internationaux.

Cette coexistence de plusieurs régimes explique pourquoi le recul de l’ancienne liste d’exemption ne signifie pas mécaniquement que toutes les nationalités qui en sortent devront demander un visa.

Les voyageurs déjà en Thaïlande ne sont pas concernés de la même manière

La date du 15 septembre constitue un véritable point de bascule, mais elle ne remet pas en cause les droits accordés aux personnes déjà entrées dans le pays.

Un voyageur arrivé en Thaïlande avant l’entrée en vigueur des nouvelles règles conserve la durée de séjour qui lui a été accordée lors de son passage à l’immigration.

Ainsi, une personne entrée le 14 septembre sous l’ancien régime peut encore bénéficier d’une autorisation allant jusqu’à 60 jours. Celle-ci n’est pas automatiquement réduite à 30 jours avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation.

Pour les voyageurs prévoyant leur départ après le 15 septembre, en revanche, ce sont les nouvelles conditions qui s’appliquent.

La TDAC reste obligatoire pour tous les voyageurs étrangers

Le changement de politique en matière de visas ne supprime pas les autres formalités d’entrée.

La Thailand Digital Arrival Card, ou TDAC, reste obligatoire pour les voyageurs étrangers. Cette déclaration électronique doit être remplie avant l’arrivée en Thaïlande, quelle que soit la situation du voyageur en matière de visa.

Elle concerne aussi bien les touristes bénéficiant d’une exemption que ceux entrant avec un e-Visa ou un autre titre de séjour.

Il faut donc bien distinguer cette formalité administrative des règles relatives au visa : disposer d’une exemption de visa ne dispense pas de remplir la TDAC.

Pourquoi Bangkok durcit-il les conditions de séjour ?

Derrière la réduction de la durée d’exemption se trouve également une volonté affichée par les autorités thaïlandaises de mieux contrôler certains comportements et les séjours prolongés.

Le gouvernement avait expliqué vouloir notamment lutter contre la criminalité associée à certains visiteurs étrangers. Plusieurs affaires impliquant des ressortissants étrangers ont récemment fait la une des médias thaïlandais, notamment autour de problèmes liés à l’alcool, aux drogues, à des comportements sexuels jugés inappropriés ou encore à l’exercice d’activités professionnelles sans autorisation.

Le durcissement des règles s’inscrit dans un mouvement plus large. De nouvelles mesures destinées à faciliter l’expulsion administrative des étrangers dont le comportement est considéré comme illégal ou inapproprié sont notamment entrées en vigueur fin août 2026.

La Thaïlande veut privilégier la qualité à la quantité

Cette évolution intervient alors que le tourisme reste un pilier majeur de l’économie thaïlandaise.

Le secteur représenterait environ 13 % du produit intérieur brut du pays. Malgré son importance, Bangkok cherche désormais davantage à maîtriser les effets du tourisme de masse et à attirer des visiteurs générant davantage de valeur économique.

La réduction de la durée des séjours sans visa et l’obligation d’assurance s’inscrivent ainsi dans une politique visant à mieux contrôler les séjours prolongés et les entrées répétées, tout en maintenant l’accès relativement simple au pays pour les touristes.

La Thaïlande prévoit environ 33,5 millions d’arrivées de touristes étrangers en 2026, contre près de 33 millions l’année précédente. Le pays n’a toutefois pas encore retrouvé le niveau de fréquentation enregistré avant la pandémie de Covid-19.

Pour les voyageurs français, le changement reste donc relativement simple à anticiper : un séjour touristique de 30 jours maximum reste accessible sans visa, mais les voyages plus longs nécessitent désormais de regarder de plus près les différentes options disponibles.

Avant de partir, il est surtout essentiel de vérifier la durée de séjour autorisée, le motif du voyage et les formalités d’entrée applicables à sa nationalité. Pour un séjour touristique dépassant 30 jours, le visa touristique constitue notamment une solution à envisager.

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