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Plus de 1,3 million de visiteurs : comment le Ghana réinvente son tourisme

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Rédigé par Arthur

Avec plus de 1,3 million d’arrivées internationales en 2025 et des recettes touristiques estimées à 4,34 milliards de dollars, le Ghana confirme la progression de son secteur touristique. Au-delà des chiffres, le pays cherche désormais à transformer cette dynamique en développant son offre culturelle, ses expériences nocturnes et ses services numériques, tout en renforçant l’attractivité de ses sites historiques.


Une fréquentation touristique en hausse

Le Ghana a accueilli 1 306 962 visiteurs internationaux en 2025, contre 1 288 804 un an plus tôt. Selon la ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts créatifs, Abla Dzifa G., les arrivées internationales ont ainsi poursuivi leur progression, générant environ 4,34 milliards de dollars de recettes. Ces résultats témoignent du poids croissant du tourisme dans l’économie ghanéenne.

Le tourisme intérieur suit lui aussi une trajectoire favorable. Les visites sont passées de 1,68 million en 2024 à environ 1,79 million en 2025, soit une progression de 7 %. Cette clientèle locale constitue un axe important pour un pays qui cherche à mieux répartir l’activité touristique au-delà des périodes de forte fréquentation.

Les dix sites touristiques les plus visités ont à eux seuls enregistré 1 377 588 visiteurs en 2025. Parmi eux figurent notamment le parc commémoratif Kwame Nkrumah, le parc national de Kakum, le château de Cape Coast, le château d’Elmina, le palais de Manhyia, la réserve de Shai Hills et les zoos d’Accra et de Kumasi.

Un secteur qui crée des emplois et attire de nouveaux acteurs

La progression de la fréquentation s’accompagne d’une expansion du tissu professionnel. Le nombre d’entreprises touristiques agréées est passé de 6 702 en 2024 à 7 109 en 2025, soit une hausse de 6,1 %. Les activités liées au voyage et aux circuits ont particulièrement progressé, avec un développement des agences, tour-opérateurs, entreprises d’excursions et autres prestataires qui contribuent à structurer l’offre touristique.

Dans l’hôtellerie classée, les établissements affichent en moyenne 101 salariés, dont 80 employés permanents et 21 temporaires. Le tourisme apparaît ainsi comme un levier économique qui dépasse largement les seules recettes générées par les visiteurs, en soutenant une chaîne d’activités allant de l’hébergement au transport, en passant par la restauration, les loisirs et les services.

Le numérique pour faciliter les réservations

Le Ghana entend également moderniser la manière dont les voyageurs découvrent et réservent ses expériences. Deux plateformes numériques ont été déployées : le Ghana Tourism Marketplace (GTM), destiné à permettre la réservation en ligne d’expériences proposées par des opérateurs vérifiés, et le Ghana Tourism Investment Platform (GTiP), qui met en relation les investisseurs avec des opportunités touristiques documentées.

Cette stratégie vise à donner davantage de visibilité aux professionnels locaux tout en facilitant l’accès des voyageurs aux différentes composantes de l’offre touristique ghanéenne. Les plateformes doivent également contribuer à attirer des investissements et à mieux connecter les acteurs locaux aux marchés nationaux et internationaux.

Les premiers résultats ont été particulièrement visibles durant la saison festive de décembre 2025. Le produit « Accra by Night », conçu pour développer le tourisme nocturne dans la capitale, aurait généré à lui seul environ 93 % des revenus enregistrés sur la plateforme pendant cette période.

Accra veut faire vivre le tourisme après la tombée de la nuit

Avec « Accra by Night », les autorités souhaitent sortir d’une conception du tourisme centrée sur les activités diurnes. Le programme associe sorties, restauration, spectacles et découverte de la capitale après la tombée du jour.

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L’objectif est aussi économique : en prolongeant les horaires d’activité, cette offre bénéficie aux restaurants, artistes, transporteurs et petites entreprises. Elle s’inscrit ainsi dans la volonté du gouvernement de développer une économie fonctionnant davantage sur une amplitude de 24 heures.

Patrimoine et culture au cœur de la stratégie

La croissance touristique du Ghana repose également sur la valorisation de son patrimoine. Plusieurs sites font l’objet d’actions destinées à améliorer leur conservation, leur gestion et l’expérience proposée aux visiteurs.

Le Nationalism Park a notamment rouvert après la résolution de difficultés liées à son alimentation électrique. Le projet du Tano Boase Sacred Grove, un site naturel et culturel majeur, a par ailleurs été achevé et doit ouvrir officiellement au public.

Les autorités ont également renforcé la gestion de sites patrimoniaux tels que l’Anomabu Garden of Return et la Tetteh Quarshie Cocoa Farm. Cette politique traduit une évolution de l’approche touristique : préserver les lieux ne suffit plus, il s’agit aussi de garantir aux visiteurs des sites sûrs, accessibles et correctement gérés.

La gastronomie et le cacao participent eux aussi à cette stratégie. La National Chocolate Week a été organisée à l’échelle nationale afin de relier le cacao au tourisme, à la santé et au mode de vie. Des dégustations à l’aéroport international de Kotoka cherchent notamment à présenter le chocolat non seulement comme un produit d’exportation, mais aussi comme une expérience touristique.

Le highlife, nouvel ambassadeur culturel du Ghana

La culture constitue un autre axe fort de la promotion touristique. L’inscription du highlife, musique et danse emblématiques du Ghana, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO est présentée par les autorités comme une avancée majeure.

Cette reconnaissance offre au pays une nouvelle occasion de mettre en avant son patrimoine musical et de renforcer son attractivité auprès des voyageurs intéressés par la culture. Elle peut également ouvrir de nouvelles perspectives aux artistes et aux professionnels de la création.

La diplomatie culturelle est parallèlement renforcée par des coopérations avec plusieurs pays, parmi lesquels la Chine, la Grèce, la Russie, la Jamaïque, la Nouvelle-Zélande, le Burkina Faso, le Sénégal et l’Égypte. Des échanges artistiques et culturels sont organisés afin de promouvoir la destination, attirer des investissements et entretenir les liens avec la diaspora.

Des transports touristiques davantage encadrés

Pour améliorer l’expérience des visiteurs, le Ghana travaille aussi sur la qualité des déplacements. Le Ghana Tourism Development Company a lancé un service de gestion mutualisée de flotte, le Fleet Pool Management Service, dans le cadre d’un partenariat public-privé.

Le dispositif doit notamment permettre de certifier les conducteurs et de renforcer les standards de sécurité dans le transport touristique. L’enjeu est important pour une destination qui souhaite fidéliser les visiteurs : la qualité des déplacements fait partie intégrante de l’expérience globale et peut influencer la satisfaction ainsi que l’envie de revenir.

Une destination qui cherche à changer d’échelle

Les résultats enregistrés en 2025 montrent un tourisme ghanéen accessible et en progression, mais les initiatives engagées par les autorités indiquent surtout une volonté de faire évoluer le modèle. Le pays cherche à combiner patrimoine historique, culture, expériences urbaines, tourisme intérieur, outils numériques et investissements.

Avec plus de 1,3 million d’arrivées internationales, une fréquentation intérieure en hausse et un réseau d’entreprises touristiques qui s’étoffe, le Ghana dispose d’une base solide pour poursuivre cette transformation. La prochaine étape consiste désormais à convertir cette croissance en expériences toujours plus accessibles, diversifiées et qualitatives pour les voyageurs.

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