Souvent perçu comme l’un des moyens de transport les plus sûrs, l’avion cache pourtant un phénomène méconnu du grand public : l’exposition accrue aux radiations en altitude. Si ce risque reste faible pour la majorité des voyageurs, il suscite des interrogations croissantes à mesure que les vols long-courriers et polaires se multiplient.
Pourquoi est-on plus exposé aux radiations en avion ?
Lorsque vous voyagez en avion, vous êtes exposé à un niveau de radiations plus élevé qu’au sol. En cause : l’altitude de croisière, généralement située entre 7 000 et 12 000 mètres, où l’atmosphère terrestre protège beaucoup moins efficacement contre les rayonnements cosmiques.
Ces radiations proviennent principalement de particules à haute énergie issues de l’espace, notamment d’autres galaxies et du soleil. En pénétrant dans l’atmosphère, elles génèrent des particules secondaires qui atteignent les altitudes de vol.
Deux facteurs accentuent particulièrement cette exposition :
- l’altitude élevée des avions modernes
- la latitude : plus un vol se rapproche des pôles, plus l’exposition augmente
C’est pourquoi les vols long-courriers reliant l’Europe, l’Asie ou l’Amérique du Nord, notamment via des routes polaires, sont davantage concernés.
Des risques réels… mais très variables selon les voyageurs
Pour les passagers occasionnels, le consensus scientifique est rassurant : il n’existe pas de preuve d’un risque significatif pour la santé. À titre de comparaison, un vol intérieur longue distance équivaut environ à une radiographie thoracique en termes d’exposition.
En revanche, la situation diffère pour certaines catégories :
- les grands voyageurs
- les personnels navigants (pilotes, hôtesses, stewards)
- les personnes enceintes ou en projet de grossesse
Chez ces profils, l’exposition répétée peut, à long terme, soulever des préoccupations, notamment en matière de cancer ou de complications de grossesse. Toutefois, les effets restent difficiles à mesurer précisément, car la sensibilité aux radiations varie fortement selon l’âge, le sexe ou encore les tissus biologiques.
Les données scientifiques montrent néanmoins que même pour les professionnels de l’aérien, les niveaux restent globalement faibles. Il faut par exemple cumuler des centaines d’heures de vol pour atteindre une dose annuelle de 1 millisievert (mSv), seuil de référence pour le grand public.

Le rôle des événements solaires
Un autre facteur, plus ponctuel mais potentiellement plus intense, entre en jeu : les éruptions solaires, appelées “événements de particules solaires”.
Ces phénomènes rares peuvent provoquer des pics temporaires de radiations, en particulier sur les vols long-courriers ou proches des pôles. Ils sont surveillés par des organismes spécialisés en météo spatiale.
Peut-on réduire son exposition en voyage ?
Même si le risque reste faible, certaines précautions simples peuvent être envisagées, notamment pour les voyageurs fréquents :
- consulter les prévisions de météo spatiale avant un vol long-courrier
- éviter de voyager lors d’événements solaires importants
- rester bien hydraté pendant le vol
- utiliser de la crème solaire pour limiter les effets des UV
Ces gestes ne suppriment pas l’exposition aux radiations cosmiques, mais contribuent à réduire leurs effets sur l’organisme.
Une prise de conscience encore inégale selon les régions
Si l’Europe et le Canada ont déjà mis en place des dispositifs de suivi et d’information pour les équipages, notamment pour les femmes enceintes, d’autres pays accusent un certain retard sur ce sujet.
Des experts du secteur appellent aujourd’hui à :
- mieux informer les passagers et les professionnels
- reconnaître officiellement l’exposition des équipages
- développer des innovations technologiques pour limiter les radiations en cabine
Parmi les pistes étudiées : de nouveaux matériaux ou revêtements capables de mieux protéger les avions contre les rayonnements.
Faut-il s’inquiéter avant de prendre l’avion ?
Pour l’immense majorité des voyageurs, la réponse reste non. Le risque lié aux radiations en avion est bien réel, mais il demeure faible et largement inférieur à d’autres facteurs de santé du quotidien.
En revanche, pour les globe-trotteurs réguliers ou les professionnels de l’aérien, cette exposition mérite d’être mieux connue et prise en compte.
À mesure que le trafic aérien continue de croître et que les vols long-courriers se multiplient, ce sujet longtemps ignoré pourrait bien devenir un enjeu de santé publique plus visible dans les années à venir.
Pour en savoir plus (source en anglais) : Flying and health: Cosmic radiation exposure for casual flyers and aircrew




