Depuis le 12 octobre, les voyageurs britanniques entrant dans l’espace Schengen doivent désormais passer par le système européen d’entrée/sortie (EES), un dispositif biométrique destiné à renforcer la sécurité aux frontières et à moderniser les contrôles. Ce système, lancé après plusieurs reports, marque un tournant pour les non-ressortissants de l’Union européenne souhaitant se rendre sur le continent.
Un enregistrement biométrique obligatoire
L’EES remplace progressivement le traditionnel tampon apposé sur les passeports. À leur première entrée dans un pays participant, les voyageurs devront scanner leur passeport, se faire photographier et fournir leurs empreintes digitales. Ces données, enregistrées pour une durée de trois ans (ou jusqu’à l’expiration du passeport), permettront aux autorités de vérifier plus facilement la durée de séjour des visiteurs, limitée à 90 jours sur une période de 180 jours dans l’espace Schengen.
Les contrôles seront effectués à l’arrivée dans l’Union européenne, sauf pour les points de passage où la frontière franco-britannique se situe sur le sol britannique (Douvres, Folkestone et St Pancras International). Dans ces cas, les formalités se dérouleront avant le départ. Le gouvernement britannique a d’ailleurs accordé 10,5 millions de livres pour adapter les infrastructures de ces ports et gares.
Une mise en œuvre progressive jusqu’en 2026
Afin d’éviter les engorgements, le système sera déployé par étapes sur six mois, chaque port et aéroport décidant du moment de sa mise en place complète. Cette approche graduelle devrait limiter les files d’attente, notamment pendant les périodes de forte affluence.
Le ministre britannique de la Sécurité aux frontières, Alex N., a déclaré :
« Nous reconnaissons que les contrôles EES représenteront un changement significatif pour les voyageurs britanniques, c’est pourquoi nous avons travaillé en étroite collaboration avec nos partenaires européens pour que le déploiement se déroule le plus harmonieusement possible. »
De son côté, le ministre des Transports, a insisté sur la coordination en cours :
« Notre priorité est de minimiser les perturbations pour les voyageurs et les transporteurs, en particulier dans nos points de passage les plus fréquentés. Nous continuerons de travailler étroitement avec nos partenaires européens et les forums locaux de résilience pour maintenir la fluidité du trafic et la sérénité des trajets. »
Des contrôles plus longs, mais une procédure simplifiée à terme
Les autorités estiment que la procédure ne prendra qu’une à deux minutes par personne, mais préviennent que les contrôles pourraient entraîner des attentes plus longues aux frontières, surtout pendant la phase de lancement. Les automobilistes empruntant le tunnel sous la Manche ou le ferry à Douvres pourraient être les plus concernés, puisqu’ils devront quitter leur véhicule pour s’enregistrer. Des parkings de délestage ont été prévus dans le Kent en cas d’embouteillages.
Les voyageurs n’ont aucune démarche préalable à effectuer : l’enregistrement est gratuit et réalisé directement à la frontière. Toutefois, certains postes de contrôle pourront demander des informations complémentaires, comme la preuve d’un hébergement, d’un billet retour, de ressources financières suffisantes ou d’une assurance voyage, cette dernière étant exigée par certains pays, comme la France.
Qui est concerné ?
L’EES s’applique à tous les voyageurs de pays tiers, dont les citoyens britanniques, lorsqu’ils se rendent dans un État membre de l’espace Schengen (y compris la Norvège, l’Islande, la Suisse et le Liechtenstein). L’Irlande et Chypre ne sont pas concernés. Les enfants de moins de 12 ans ne seront pas soumis à la prise d’empreintes, mais tous les voyageurs, même les bébés, devront être photographiés.
Les ressortissants britanniques résidant dans l’UE et titulaires d’un document de résidence post-Brexit seront quant à eux exemptés.
Selon une étude de l’organisation professionnelle Abta, près de la moitié des Britanniques ne sont pas encore au courant de ces nouvelles exigences. Un porte-parole d’Abta estime néanmoins que « cela devrait à terme faciliter les voyages. Mais ceux qui enfreignent la règle des 90 jours seront automatiquement détectés. »
Vers la fin du tampon et l’arrivée d’ETIAS
L’un des principaux avantages du dispositif sera la disparition progressive du tampon manuel sur les passeports, remplacé par un enregistrement numérique automatique. L’Union européenne espère que l’ensemble des points d’entrée adopteront le système avant avril 2026.
Mais une autre étape se profile : l’introduction du système européen d’autorisation de voyage (ETIAS), prévue après une période de transition d’au moins six mois. Ce visa électronique, construit sur le même principe que l’ETA britannique, sera requis pour les courts séjours à partir de 2027. Il coûtera 7€ et les voyageurs âgés de moins de 18 ans ou de plus de 70 ans seront exemptés du paiement, mais devront tout de même en faire la demande.
Les autorités européennes recommandent de se méfier des faux sites proposant des formulaires ETIAS payants ou non officiels : seule la plateforme officielle de l’Union européenne sera à utiliser.
Une modernisation inévitable des contrôles européens
L’objectif de l’EES est clair : accélérer les passages frontaliers tout en renforçant la sécurité. À terme, les bases de données partagées permettront aux agents de détecter immédiatement les irrégularités, comme les dépassements de séjour ou les documents frauduleux.
La Commission européenne estime que ce système rendra les voyages « plus fluides et plus sûrs pour tous ».
En attendant la pleine mise en œuvre du dispositif, les voyageurs britanniques sont invités à prévoir un peu plus de temps lors de leurs déplacements et à consulter les informations officielles sur GOV.UK ou sur les pages Travel Aware du Foreign Office avant leur départ.




