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Les femmes de plus de 50 ans redéfinissent le voyage en solo : entre liberté, culture et nouvelles amitiés

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Rédigé par Romane

Le voyage en solo, longtemps associé à la jeunesse en quête d’aventure, séduit aujourd’hui une nouvelle génération de globe-trotteuses : les femmes de plus de 50 ans. Qu’elles soient divorcées, veuves, fraîchement retraitées ou simplement décidées à ne plus attendre que leurs proches se libèrent, elles sont de plus en plus nombreuses à partir découvrir le monde seules – ou en petits groupes de voyageuses partageant les mêmes envies.


Une tendance en pleine ascension

Selon une étude de Girls’ Guide to the World menée auprès de 330 femmes âgées de 50 à 70 ans, la majorité d’entre elles recherchent avant tout l’immersion culturelle (65 %), suivie par la détente (56 %) et l’aventure (44 %). Le besoin de créer du lien avec d’autres voyageuses est également cité par 36 % des participantes.

Pour Liz E., responsable des partenariats chez Backroads, « beaucoup de voyageuses solo sont animées par une profonde curiosité et une envie de profiter au maximum de cette étape de leur vie. Pour elles, voyager ne consiste pas seulement à découvrir de nouveaux endroits, mais à vivre le monde avec passion et intention ».

Cette démarche reflète un état d’esprit résolument tourné vers l’accomplissement personnel, résumé par la formule qui revient souvent : « Si ce n’est pas maintenant, quand est-ce que ce sera ? »

Voyager seule, mais pas isolée

Beaucoup de quinquagénaires et sexagénaires optent pour des séjours organisés exclusivement pour les femmes, un compromis qui permet de partir seule tout en partageant l’expérience avec de nouvelles compagnes de route.

« Les voyages en solo peuvent être effectués entièrement seuls ou, dans notre cas, les voyageurs peuvent se joindre à un groupe d’autres voyageuses en solo » explique Doni B., fondatrice de Girls’ Guide to the World. Ces séjours qui portent le nom d’incotrip favorisent les rencontres et une complicité qui dure souvent bien au-delà du voyage.

Caroline H., 66 ans, en témoigne après des séjours au Kenya et en Égypte : « Il y a un vrai sentiment de camaraderie et d’inclusion. Je ne me sentirais pas à l’aise de rejoindre un groupe mixte en tant que voyageuse solo, mais je compte bien refaire ce type de circuits ».

Redéfinir le luxe et la liberté

Ces nouvelles voyageuses ne sont pas attirées par les suites cinq étoiles ou les baignoires en marbre. Elles privilégient un confort simple mais de qualité – chambres privées, propreté, tranquillité – et n’hésitent pas à investir dans des expériences enrichissantes.

« Il y a une idée reçue selon laquelle les femmes ne dépensent pas beaucoup pour elles-mêmes et ne se permettent des séjours haut de gamme qu’en couple ou en famille. Nous avons constaté l’inverse, » affirme Doni B.. « Il n’y a jamais eu autant d’autonomie financière et de liberté de dépenser. Nos clientes sont souvent des femmes professionnelles qui ont gagné leur propre argent ou soutenu leur conjoint durant des années. À ce stade de leur vie, elles ont ‘gagné’ le droit à une expérience confortable et sur mesure. »

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Les chiffres confirment cette évolution : 27 % des répondantes envisageraient de dépenser plus de 8 500 € pour un voyage d’une semaine, à condition qu’il soit porteur de sens.

Destinations et expériences plébiscitées

Du pèlerinage du Camino de Santiago aux paysages de l’Amalfi, en passant par le Maroc, la Croatie, l’Irlande ou encore les safaris sud-africains, les destinations choisies par ces voyageuses privilégient culture, nature et authenticité.

Les expériences locales – cours de cuisine auprès de villageois, ateliers artisanaux en Toscane ou randonnées au cœur des Rocheuses canadiennes – connaissent un succès croissant. « Elles veulent encore et toujours participer à ces processus organiques et authentiques comme faire du fromage, presser de l’huile d’olive ou vendanger, » souligne Francesca EO., fondatrice de Travel from the Inside Out.

Certaines se lancent même dans des aventures plus sportives. Nadine G., spécialiste des séjours d’aventure chez 10Adventures, raconte dans un article Euronews : « L’an dernier, j’ai réservé pour une cliente qui célébrait son 70e anniversaire en accomplissant seule le Camino Frances. Elle voulait prouver à elle-même et à sa famille qu’elle pouvait réussir quelque chose d’absolument extraordinaire. Elle a tenu son pari et soufflé ses 70 bougies sur le chemin. »

Une révolution discrète mais puissante

Ces femmes ne cherchent pas à « cocher » des cases, mais à vivre des expériences qui les transforment. Elles refusent les clichés selon lesquels leur âge les limiterait. « La plupart veulent de l’énergie avec intention. Elles prennent des cours de tango, pagayent en kayak, ou louent une voiture pour traverser un pays. Peut-être qu’elles ne courent pas après la fête, mais elles refusent un voyage qui ressemble à une maison de retraite, » souligne Shelley M., conseillère voyage.

En réalité, ces voyageuses forment une véritable force économique. Comme le rappelle Owens : « En réalité, ces femmes ont passé une vie à travailler dans des métiers importants et à élever des familles avec succès. Les gens ne réalisent pas à quel point elles veulent que cette dernière étape de leur vie soit épanouissante. Et elles en ont les moyens. Elles sont une puissance financière. »