Avec plus de 20 millions de voyageurs transportés en 2025, Eurostar atteint un niveau de fréquentation inédit depuis sa création. Portée par l’essor du train comme alternative durable à l’avion, la compagnie ferroviaire prépare désormais une nouvelle phase de croissance, marquée par l’arrivée de trains plus capacitaires, l’ouverture de nouvelles lignes européennes et la fin annoncée de son monopole sous la Manche.
Une fréquentation en hausse constante
Eurostar a transporté plus de 20 millions de passagers en 2025, soit 500 000 voyageurs supplémentaires par rapport à l’année précédente. Une progression qui confirme l’attrait croissant pour le train sur les liaisons internationales en Europe, notamment entre le Royaume-Uni et le continent.
Depuis le lancement de ses services en 1994, la compagnie franchit également un cap symbolique, avec 400 millions de clients transportés. Son réseau s’étend aujourd’hui sur cinq pays : le Royaume-Uni, la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne.
Des lignes historiques tirées par Londres–Amsterdam
Toutes les grandes liaisons Eurostar affichent une dynamique positive en 2025. La ligne Londres–Amsterdam enregistre la plus forte croissance, avec une hausse de 18,3 %. Elle devance Paris–Londres, en progression de 5 %, et Paris–Bruxelles, qui augmente de 3,7 %.
La performance de l’axe Londres–Amsterdam est d’autant plus marquante que cette liaison avait été interrompue plus de six mois en 2024, en raison d’importants travaux de rénovation à la gare centrale d’Amsterdam. La reprise complète du service début 2025 a permis un rattrapage rapide du trafic.
Cap sur 30 millions de passagers en 2030
Filiale de SNCF Voyageurs, principal actionnaire du groupe, Eurostar affiche désormais un objectif clair : atteindre 30 millions de passagers par an à l’horizon 2030. Une ambition soutenue par un vaste plan d’investissement dans le matériel roulant.
La compagnie a commandé à Alstom 30 trains à grande vitesse, assortis d’une option pour 20 rames supplémentaires, pour un investissement pouvant atteindre 2 milliards d’euros. Baptisés Eurostar Celestia, ces nouveaux trains à deux niveaux, une première dans le tunnel sous la Manche, offriront environ 20 % de capacité supplémentaire, avec jusqu’à 540 sièges par rame.
Les premières livraisons sont attendues en 2031, les suivantes devant s’échelonner jusqu’en 2035.
De nouvelles destinations européennes en préparation
Au-delà de l’augmentation des fréquences sur ses axes majeurs, Eurostar prévoit l’ouverture de nouvelles liaisons internationales au début des années 2030. Parmi les projets annoncés figurent Londres–Francfort, Londres–Genève et une liaison reliant Amsterdam et Bruxelles à Genève.
Ces développements doivent permettre à l’opérateur de renforcer son maillage européen et d’élargir son offre sur le segment des voyages longue distance à grande vitesse.
Une concurrence qui se précise sous la Manche
Cette phase de croissance s’inscrit toutefois dans un contexte de plus en plus concurrentiel. Plusieurs acteurs ont manifesté leur intention de lancer des services ferroviaires transmanche, mettant fin au monopole historique d’Eurostar.
Le groupe britannique Virgin a récemment obtenu l’accès au dépôt londonien stratégique de Temple Mills, indispensable pour opérer ce type de liaisons. De son côté, Trenitalia France a confirmé son ambition de faire circuler des trains sous la Manche à partir de la fin de l’année 2029.
Une année marquée aussi par des perturbations
L’année 2025 n’a pas été exempte de difficultés opérationnelles. Un problème d’alimentation électrique dans le tunnel sous la Manche a fortement perturbé le trafic entre Noël et le Nouvel An, entraînant une interruption totale de la circulation pendant plusieurs heures.
Malgré ces incidents, Eurostar aborde les prochaines années avec confiance, portée par une demande soutenue, des investissements massifs et une tendance de fond favorable au voyage ferroviaire international, désormais au cœur des choix de nombreux voyageurs européens.




