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Tourisme de naissance aux États-Unis : de nouvelles restrictions de visas visent les réseaux qui organisent les naissances

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Rédigé par Romane

Les États-Unis viennent de franchir une nouvelle étape dans leur lutte contre le « birth tourism », cette pratique consistant à se rendre dans le pays principalement pour y donner naissance afin que l’enfant bénéficie de la citoyenneté américaine. Annoncée le 23 septembre 2026 par le secrétaire d’État Marco Rubio, la nouvelle politique de restrictions de visas vise désormais non seulement les personnes impliquées dans ces voyages, mais surtout les réseaux et les intermédiaires qui les organisent ou en tirent profit.


Une nouvelle offensive contre les réseaux de tourisme de naissance

L’administration américaine a annoncé de nouvelles restrictions de visas destinées aux personnes qui participent sciemment à des opérations commerciales de « birth tourism » ou les facilitent.

La mesure s’appuie sur la section 212(a)(3)(C) de l’Immigration and Nationality Act, une disposition permettant notamment de restreindre l’accès au territoire américain dans certaines situations liées à des activités considérées comme préjudiciables aux intérêts des États-Unis.

Cette fois, Washington entend particulièrement s’attaquer à l’écosystème qui s’est développé autour de ces voyages. Sont notamment concernés les propriétaires, exploitants et responsables de réseaux spécialisés dans le tourisme de naissance, mais aussi les intermédiaires qui conseillent les demandeurs sur la manière de contourner ou de tromper les autorités consulaires.

Les autorités américaines citent également les professionnels de santé étrangers qui participeraient sciemment à l’organisation de ces déplacements ou à des pratiques frauduleuses liées à Medicaid. D’autres personnes apportant leur concours à ces opérations commerciales peuvent également être visées.

Le Département d’État précise par ailleurs que certains membres de la famille des personnes concernées pourraient eux aussi entrer dans le champ des restrictions, sans détailler les situations susceptibles de déclencher une telle mesure.

Les femmes enceintes ne sont pas directement la cible de la nouvelle mesure

La nouvelle politique ne constitue pas une interdiction générale pour les femmes enceintes étrangères de se rendre aux États-Unis.

Le point central est plutôt le motif du voyage et la manière dont celui-ci est organisé. Les règles américaines encadrent déjà l’utilisation des visas de visiteur lorsque le principal objectif du séjour est de venir accoucher aux États-Unis afin que l’enfant obtienne la citoyenneté américaine.

Depuis janvier 2020, les agents consulaires disposent ainsi de la possibilité de refuser une demande de visa B lorsque des éléments indiquent que la principale raison du voyage est l’accouchement destiné à obtenir la citoyenneté américaine pour l’enfant.

Donner naissance aux États-Unis n’est donc pas, en soi, une activité illégale. C’est l’utilisation du système de visa, notamment lorsque le demandeur dissimule le véritable objectif du séjour ou fournit de fausses informations, qui peut entraîner des conséquences juridiques.

Des réseaux accusés de contourner les règles

Pour justifier le renforcement de sa politique, le gouvernement américain met en avant l’existence de réseaux commerciaux organisés autour de cette pratique.

Selon le Département d’État, certaines structures proposeraient aux clients étrangers des solutions allant de l’organisation du voyage et de l’hébergement jusqu’à l’accompagnement dans les démarches administratives. Des intermédiaires seraient également accusés d’apprendre aux demandeurs comment présenter leur dossier aux autorités consulaires ou de leur fournir de faux documents.

Les autorités américaines avaient déjà signalé en juin la découverte de plusieurs opérations de ce type. Dans un cas cité par le Département d’État, une enquête menée par une ambassade américaine en Afrique de l’Ouest aurait permis d’identifier un réseau impliquant plus d’une centaine de ressortissants étrangers soupçonnés d’avoir utilisé de faux documents et fait appel à des intermédiaires pour obtenir des visas.

Le phénomène n’est toutefois pas limité à une région du monde.

La Chine particulièrement surveillée

La nouvelle politique est mondiale, mais plusieurs affaires récentes ont attiré l’attention des autorités américaines sur des réseaux destinés à une clientèle chinoise fortunée.

En Californie, une affaire judiciaire a notamment conduit à la condamnation, en 2024, de Michael Wei Yueh Liu et de son épouse Phoebe Dong. Le couple avait exploité une structure destinée à accueillir des femmes enceintes venues de Chine. Selon les procureurs, l’organisation aurait accompagné plus d’une centaine de femmes et leur aurait notamment appris à tromper les autorités migratoires.

D’autres formes de recours à la naissance sur le sol américain ont également été mises en lumière.

Des enquêtes de NewsNation ont notamment porté sur des arrangements de gestation pour autrui dans lesquels des clients chinois faisaient appel à des femmes américaines pour porter des embryons. Cette pratique se distingue du tourisme de naissance traditionnel : les futurs parents n’ont pas nécessairement besoin de venir eux-mêmes aux États-Unis pendant la grossesse.

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Lorsque l’enfant naît sur le territoire américain, les règles relatives à la citoyenneté à la naissance peuvent alors s’appliquer. En Californie, la gestation pour autrui peut être légale, même si les autorités et certains observateurs ont soulevé des interrogations concernant le manque de contrôle de certaines activités commerciales.

Une politique qui s’inscrit dans une offensive plus large

La décision annoncée par Marco Rubio n’est pas isolée. Elle intervient après plusieurs initiatives prises par l’administration Trump en 2026 contre le tourisme de naissance.

Une task force consacrée à cette question a notamment été créée en août. Marco Rubio a alors affirmé que plus de 600 visas avaient été révoqués à travers le monde dans le cadre des efforts engagés contre ces pratiques.

En avril, l’Immigration and Customs Enforcement avait également lancé une initiative nationale destinée à identifier des réseaux soupçonnés d’aider des femmes enceintes étrangères à dissimuler le véritable objectif de leur voyage.

Le Département de la Justice a, de son côté, demandé aux procureurs fédéraux d’accorder davantage d’attention aux enquêtes concernant le « birth tourism ». Les investigations peuvent dépasser la seule question de la fraude aux visas et porter, selon les dossiers, sur des infractions telles que la fraude électronique, le blanchiment d’argent ou l’usurpation d’identité.

Cette succession de mesures traduit donc un changement d’échelle : les autorités ne cherchent plus seulement à empêcher certains voyageurs d’obtenir un visa, mais aussi à démanteler les structures commerciales qui organisent ces séjours.

Des mesures également prises au niveau des États

La mobilisation ne se limite pas au gouvernement fédéral.

Au Texas, le procureur général Ken Paxton a annoncé la fermeture d’un centre de la région de Houston que son bureau accusait de servir principalement une clientèle chinoise et d’avoir contribué à faciliter plus de 1 000 naissances aux États-Unis. Selon les autorités texanes, l’organisation aurait commercialisé ses services en Chine et aidé ses clientes à comprendre et à contourner les règles migratoires américaines.

Le gouverneur Greg Abbott a également signé en juillet un décret demandant à plusieurs agences de l’État d’enquêter sur les opérations illégales liées au tourisme de naissance et sur les professionnels de santé susceptibles de les faciliter.

Ces initiatives montrent que la question dépasse désormais largement le cadre des procédures consulaires et s’étend à l’application du droit au niveau local.

Combien de « bébés du tourisme » naissent réellement aux États-Unis ?

L’ampleur exacte du phénomène reste difficile à mesurer.

Donald Trump a évoqué le chiffre de plusieurs centaines de milliers de bébés nés grâce au « birth tourism », sans fournir de données permettant d’étayer précisément cette estimation ou de déterminer sur quelle période elle porte.

Les statistiques disponibles ne permettent pas non plus de connaître avec certitude le nombre de femmes qui se rendent spécifiquement aux États-Unis avec l’intention d’y accoucher.

Les données des Centers for Disease Control and Prevention offrent néanmoins un indicateur. Pour 2024, elles font état d’environ 9 500 naissances enregistrées chez des mères déclarant une adresse à l’étranger. Rapporté aux quelque 3,7 millions de naissances enregistrées aux États-Unis cette année-là, cela représente environ 0,25 % du total.

Ce chiffre doit toutefois être interprété avec prudence. Le Migration Policy Institute souligne notamment que les données administratives peuvent ne pas refléter parfaitement la réalité, certaines personnes étrangères pouvant déclarer une adresse américaine sans pour autant y résider de façon permanente.

Une nouvelle étape dans le débat sur la citoyenneté américaine

La lutte contre le tourisme de naissance s’inscrit enfin dans un débat beaucoup plus large sur les conditions d’accès à la citoyenneté américaine.

L’administration Trump a engagé en 2026 plusieurs initiatives visant à limiter la portée de la citoyenneté acquise à la naissance dans certaines situations. Une première tentative de l’exécutif sur cette question avait cependant été bloquée par la justice.

La nouvelle politique annoncée par le Département d’État porte, elle, principalement sur les visas et sur les acteurs qui organisent ou facilitent les voyages liés au tourisme de naissance.

Pour les voyageurs étrangers, le message des autorités américaines est donc particulièrement clair : un séjour aux États-Unis ne peut pas être présenté comme un simple voyage touristique lorsque son objectif réel est principalement de donner naissance sur le territoire afin que l’enfant bénéficie de la citoyenneté américaine. Et désormais, les conséquences peuvent également toucher les réseaux commerciaux et les professionnels qui facilitent ce type d’opération.

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