Déjà portée par une hausse marquée du nombre de patients internationaux, l’Égypte entend changer d’échelle dans le tourisme médical. Le pays mise à la fois sur des soins spécialisés, une meilleure prise en charge des visiteurs étrangers et des investissements de plusieurs milliards de dollars dans de nouvelles infrastructures de santé.
Le tourisme médical égyptien affiche une forte progression
Le tourisme médical prend une place croissante dans la stratégie de développement du secteur de la santé en Égypte. Les établissements relevant de la General Authority for Healthcare (GAH) ont accueilli près de 42 000 patients internationaux, tandis que les revenus générés par cette activité ont progressé de 37 % sur un an pour dépasser 10 millions de dollars.
Pour les autorités égyptiennes, cette évolution traduit l’intérêt grandissant des patients étrangers pour les services médicaux proposés dans le pays. Elle témoigne également de l’ambition du secteur de renforcer sa compétitivité face aux autres destinations régionales du tourisme médical.
Le gouvernement entend désormais s’appuyer sur cette dynamique pour attirer davantage de patients internationaux et augmenter les recettes associées à cette activité.
Des spécialités médicales ciblées pour séduire les patients étrangers
Pour développer cette clientèle internationale, la GAH souhaite concentrer ses efforts sur plusieurs spécialités considérées comme particulièrement porteuses. La chirurgie et les interventions esthétiques, la fécondation in vitro, les traitements contre l’obésité ainsi que les soins dentaires avancés figurent parmi les domaines prioritaires.
L’objectif est de ne plus seulement proposer des actes médicaux isolés, mais de concevoir des offres complètes adaptées aux attentes de différents marchés internationaux. Ces formules pourront notamment être développées dans le cadre de partenariats et de contrats avec des acteurs étrangers.
Cette approche doit permettre à l’Égypte de mieux valoriser ses compétences médicales tout en proposant aux patients étrangers un parcours plus lisible et davantage adapté à leurs besoins.
Un parcours plus simple pour les patients internationaux
L’amélioration de l’expérience des patients constitue également un axe important de la nouvelle stratégie. Les autorités prévoient de renforcer la coordination entre les différents établissements de santé et la plateforme nationale Tour 4 Cure, dédiée au tourisme médical.
Les capacités et les services disponibles dans les établissements de la GAH doivent progressivement être intégrés à cette plateforme. La numérisation doit notamment faciliter l’orientation des patients, les démarches de référencement, la coordination entre les différents intervenants et leur accueil dans les établissements.
Des points de contact dédiés ainsi que des espaces réservés aux patients étrangers doivent également être mis en place au sein des structures concernées. L’objectif est de créer un parcours clairement identifié, depuis l’arrivée du patient jusqu’à la fin de son traitement, tout en facilitant les relations avec les organismes et partenaires internationaux.
L’Égypte cherche aussi à renforcer ses partenariats internationaux
Le développement du tourisme médical passe enfin par une multiplication des coopérations avec des acteurs étrangers. Dans cette perspective, la GAH doit engager des discussions avec des centres médicaux spécialisés en Turquie visités lors d’un récent déplacement.
Ces collaborations doivent notamment porter sur le développement des services médicaux, le marketing et l’acquisition de patients internationaux. Pour les autorités égyptiennes, les partenariats constituent un moyen de bénéficier de l’expérience d’autres marchés tout en ouvrant de nouveaux canaux pour attirer une clientèle étrangère.
Cette volonté d’internationalisation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à positionner l’Égypte comme une destination de référence pour les soins, la recherche médicale et le tourisme médical à l’échelle régionale et internationale tout en permettant des visas de transit simplifiés.
Deux nouvelles villes médicales pour changer d’échelle
Au-delà de l’amélioration de l’offre existante, l’Égypte prépare également des projets d’infrastructures d’une ampleur considérable. Le Premier ministre Mostafa Madbouly a récemment examiné les plans de deux villes médicales intégrées qui doivent voir le jour dans la Nouvelle Capitale administrative et à New Alamein.
Développés avec un consortium international de sociétés privées, ces deux projets doivent être financés entièrement par des investissements directs étrangers. Le montant annoncé dépasse 5 milliards de dollars, avec environ 2,8 milliards de dollars prévus pour le projet de la Nouvelle Capitale et 2,5 milliards pour celui de New Alamein.
Les montants annoncés pour les deux projets représentent ainsi un investissement cumulé d’environ 5,3 milliards de dollars.
Des pôles mêlant soins, formation et recherche
Les futures villes médicales ne seront pas conçues comme de simples ensembles hospitaliers. Les projets doivent réunir des hôpitaux spécialisés, des établissements d’enseignement médical, des centres de recherche et des instituts de formation, ainsi que différentes infrastructures administratives et de santé répondant à des standards internationaux.
Cette dimension intégrée doit permettre à l’Égypte de développer simultanément ses capacités de soins spécialisés, la formation de ses professionnels de santé et ses activités de recherche.
Les projets devraient par ailleurs s’appuyer principalement sur des médecins et des professionnels de santé égyptiens. Une partie des capacités hospitalières doit être mise à la disposition du système égyptien d’assurance maladie universelle, afin d’élargir l’accès aux soins médicaux spécialisés.
New Alamein mise aussi sur l’accueil des touristes médicaux
Le projet de New Alamein devrait intégrer des hôtels et des équipements destinés à accompagner spécifiquement le développement du tourisme médical. Plusieurs emplacements sont encore à l’étude avant la sélection définitive du site.
La Nouvelle Capitale pourrait, de son côté, accueillir un nombre particulièrement important de patients étrangers. Selon le consortium chargé du projet, la future ville médicale pourrait attirer plus de trois millions de touristes médicaux au cours de ses trois premières années d’exploitation.
Ce chiffre constitue une projection annoncée par les promoteurs et illustre surtout l’ampleur des ambitions associées au projet.
Une stratégie qui associe santé et attractivité touristique
Avec ces différents chantiers, l’Égypte cherche à construire une offre de tourisme médical plus structurée, allant de la prise en charge du patient aux infrastructures d’accueil, en passant par la formation, la recherche et les partenariats internationaux.
La progression récente des revenus et du nombre de patients accueillis par les établissements de la GAH fournit déjà un premier indicateur de la dynamique du secteur. Les investissements envisagés dans les deux nouvelles villes médicales doivent désormais permettre au pays de renforcer ses capacités et d’élargir son rayonnement.
Les autorités égyptiennes doivent encore finaliser les dispositions techniques, financières et juridiques nécessaires au lancement des deux projets. Un groupe de travail réunissant les administrations concernées et le consortium international doit notamment poursuivre ces préparatifs avant le début de la construction.
À terme, l’ambition est claire : faire du tourisme médical l’un des leviers de l’offre de santé égyptienne et renforcer la place du pays sur un marché international de plus en plus concurrentiel.




