Avec près de 12 millions de visiteurs accueillis en 2025, la République dominicaine confirme son statut de poids lourd du tourisme caribéen. Deuxième destination d’Amérique latine derrière le Mexique, l’île séduit toujours autant pour ses plages et son offre balnéaire, mais doit composer avec un ralentissement économique et des défis structurels.
Une fréquentation record qui place le pays derrière le Mexique
La République dominicaine a franchi un cap historique en 2025. Selon le président Luis A., le pays a accueilli plus de 11,7 millions de visiteurs sur l’année, soit une hausse de 4,3 % par rapport à 2024. Cela représente environ 500 000 touristes supplémentaires en un an et plus de 4 millions de plus qu’en 2019, avant la pandémie.
Avec 11,5 millions d’habitants, le pays reçoit désormais plus d’un visiteur par habitant, un ratio que seules les grandes puissances touristiques atteignent. Cette performance lui permet de se hisser au deuxième rang des destinations d’Amérique latine, juste derrière le Mexique.
Punta Cana, croisières et resorts : un modèle qui domine encore
La majorité des visiteurs étrangers se concentre toujours dans les grands complexes hôteliers de Punta Cana, vitrine balnéaire du pays à l’est de l’île. Soleil, plages de sable blanc et cocotiers demeurent les piliers d’un modèle touristique orienté vers le séjour tout compris.
La capitale Saint-Domingue, avec son architecture coloniale classée et son centre historique, complète cette offre en attirant les amateurs de patrimoine.
Le segment des croisières participe également à cette dynamique. Plus de 3 millions de passagers ont fait escale en 2025, soit une progression de 6 % par rapport à l’année précédente. Une manne essentielle pour l’économie locale, notamment dans les zones portuaires.
Le marché français dans le viseur
Si l’Amérique du Nord demeure un marché clé, les autorités dominicaines regardent aussi vers l’Europe. Environ 150 000 Français visiteraient chaque année le pays. La présence du plus grand Club Med au monde et la reprise des liaisons directes par Air France renforcent l’attractivité de la destination auprès du public hexagonal.
L’objectif affiché est ambitieux : atteindre 260 000 visiteurs français dès 2026. Un cap qui supposerait un important effort de promotion, alors que la concurrence caribéenne reste vive.
Une croissance économique en net ralentissement
Malgré ces chiffres record, la situation macroéconomique apparaît plus contrastée. En 2025, la croissance du pays s’est établie à 2,1 %, bien en dessous des 5,1 % enregistrés en 2024 et légèrement sous la prévision de 2,5 % de la banque centrale.
Le président assure toutefois que la dynamique repart à la hausse : en janvier, la croissance aurait atteint 3,5 %, avec une projection de 4,5 % pour 2026. Le tourisme reste l’un des principaux moteurs de cette reprise espérée.
Entre ambitions technologiques et tensions régionales
Au-delà du tourisme, le chef de l’État a affiché de grandes ambitions pour diversifier l’économie. Un projet de lancement d’une fusée ou d’un satellite depuis le territoire dominicain est évoqué avant 2028. Par ailleurs, un accord de plus de 500 millions de dollars a été signé avec Google pour la construction du premier port international d’échange numérique en Amérique latine.
Sur le plan politique, les questions migratoires et commerciales occupent également le devant de la scène. L’île d’Hispaniola est partagée avec Haïti, deuxième partenaire commercial du pays. Après la construction d’un mur frontalier pour lutter contre l’immigration clandestine, les autorités souhaitent désormais ériger un “mur économique” afin de mieux contrôler les flux de marchandises tout en renforçant les échanges formels.
Réélu en 2024, Luis A. réaffirme enfin sa volonté de poursuivre la lutte contre la corruption, un autre pilier de son action politique.
Un modèle touristique à consolider
Si le cocktail plages, soleil et resorts continue d’attirer des millions de visiteurs, la République dominicaine fait face à plusieurs défis : ralentissement économique, critiques sur la gestion environnementale, conditions météorologiques parfois extrêmes et nécessité de diversifier son offre.
La question pour les années à venir sera donc la suivante : le modèle balnéaire, concentré autour de Punta Cana et des grandes infrastructures hôtelières, suffira-t-il à maintenir le pays au sommet du tourisme latino-américain ? Ou devra-t-il évoluer vers une approche plus durable et plus diversifiée pour préserver son attractivité à long terme ?




