Longtemps resté discret sur la scène touristique internationale, le Turkménistan entend désormais mieux faire connaître ses atouts. Entre vestiges de civilisations anciennes, vastes étendues désertiques, traditions équestres et infrastructures modernes sur les rives de la mer Caspienne, le pays cherche à diversifier son offre et à attirer davantage de voyageurs. Une stratégie soutenue par les autorités et accompagnée par un nombre croissant d’acteurs privés.
Un secteur touristique soutenu par les autorités
Le tourisme figure désormais parmi les priorités de la politique menée par le Turkménistan. Les pouvoirs publics investissent dans le développement du secteur et apportent leur soutien aux entreprises privées qui proposent des prestations aux voyageurs.
Selon Gulyalek Muhammetberdyeva, responsable du département international de la presse et de l’information de l’Agence d’État de presse du Turkménistan, plus de 70 entreprises touristiques privées sont aujourd’hui actives dans le pays. Elles développent différents itinéraires et services, tandis que le secteur recrute de jeunes professionnels maîtrisant plusieurs langues afin de répondre aux attentes d’une clientèle issue notamment des pays de la Communauté des États indépendants (CEI), de la région Asie-Pacifique et d’Europe.
Cette montée en puissance du secteur s’accompagne ainsi d’une volonté de mieux valoriser une destination, parfois décriée, qui dispose d’un patrimoine particulièrement diversifié.
Des cités antiques au patrimoine mondial
L’histoire constitue l’un des principaux arguments touristiques du Turkménistan. Le pays possède trois sites majeurs inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO : les anciennes cités de Merv, Nisa et Kunya-Urgench.
Merv témoigne notamment de l’importance historique de cette région d’Asie centrale, traversée au fil des siècles par de grandes routes commerciales. Nisa, autre site archéologique majeur, rappelle quant à elle l’ancien royaume des Parthes. Kunya-Urgench complète cet ensemble avec les vestiges d’une ancienne cité qui fut un important centre politique et culturel de la région.
Ces trois destinations offrent aux visiteurs un aperçu de la longue histoire du territoire et constituent l’un des piliers de la stratégie de promotion touristique du pays.
Le patrimoine culturel ne se limite toutefois pas aux monuments. Les tapis turkmènes, réputés pour leur savoir-faire et leurs motifs traditionnels, figurent également parmi les éléments mis en avant auprès des visiteurs. Les chevaux Akhal-Téké, emblématiques de la culture nationale, occupent eux aussi une place particulière. Des complexes spécialisés permettent de découvrir cette race de chevaux connue pour son élégance et son endurance.
Le désert, nouvel horizon pour les voyageurs en quête d’aventure
À côté des grandes étapes historiques, le Turkménistan souhaite développer une forme de tourisme davantage tournée vers la nature et l’aventure : le tourisme désertique.
Une grande partie du territoire est occupée par des paysages arides où dunes, étendues minérales et espaces reculés composent des itinéraires particulièrement dépaysants. Ces environnements sont présentés comme des terrains propices aux voyages d’aventure et aux parcours hors des itinéraires classiques.
Le pays compte également neuf réserves naturelles d’État, parmi lesquelles Badkhyz, Repetek et Khazar. Elles participent à la diversification de l’offre touristique en permettant de mettre en avant les paysages et les écosystèmes du pays.
Cette orientation vers le tourisme de nature vient ainsi compléter l’image plus traditionnelle du Turkménistan associée à ses villes historiques et à son patrimoine culturel.

Avaza, vitrine balnéaire sur la mer Caspienne
Sur la côte occidentale du pays, la zone touristique nationale d’Avaza constitue un autre volet important du développement touristique turkmène.
Située au bord de la mer Caspienne, cette destination fait l’objet d’un développement actif depuis 2008. De nouveaux hôtels et équipements ont progressivement été ajoutés afin de renforcer ses capacités d’accueil et ses infrastructures touristiques.
Avaza doit par ailleurs bénéficier d’une visibilité internationale accrue en octobre 2026. La station accueillera alors le Conseil des chefs d’État de la CEI ainsi que plusieurs manifestations culturelles, offrant une nouvelle occasion de mettre en avant ses installations et son environnement caspien.
Avec Avaza, le Turkménistan cherche donc à compléter son offre fondée sur le patrimoine et les paysages désertiques par une destination tournée vers les loisirs et le séjour sur le littoral.
Achgabat, entre architecture contemporaine et héritage national
La capitale, Achgabat, occupe elle aussi une place importante dans la présentation du potentiel touristique du pays. Ses monuments et son architecture contemporaine viennent apporter une dimension urbaine à une offre largement construite autour des sites historiques et des espaces naturels.
Lors de la réunion du Conseil des chefs des agences de presse des États membres de la CEI, une vidéo consacrée au tourisme turkmène a ainsi présenté les principaux monuments historiques du pays, ses paysages désertiques, les infrastructures modernes d’Avaza et les principaux sites de la capitale.
Cette présentation illustre la volonté du Turkménistan de promouvoir une image touristique plus complète, capable de réunir histoire, culture, nature et infrastructures modernes.
Une destination qui cherche à élargir son attractivité
Du patrimoine archéologique de Merv, Nisa et Kunya-Urgench aux étendues désertiques, en passant par les réserves naturelles, les traditions liées aux tapis et aux chevaux Akhal-Téké ou encore les infrastructures d’Avaza, le Turkménistan dispose d’une palette d’expériences particulièrement variée.
Le développement du secteur repose désormais sur une implication accrue des autorités, des investissements dans les infrastructures et la participation de dizaines d’entreprises privées. Le recrutement de professionnels capables d’accueillir une clientèle internationale traduit également cette volonté d’ouverture.
Reste désormais au pays à transformer cette richesse touristique en une fréquentation internationale plus importante. En mettant simultanément en avant ses cités millénaires, ses paysages désertiques et sa façade sur la Caspienne, le Turkménistan cherche en tout cas à se positionner comme une destination singulière au cœur de l’Asie centrale.




